OBSERVATION III
C..., Léger, âgé de 32 ans. Entré à l’Antiquaille, le 16 février 1895. On ne note pas d’antécédents : héréditaires. Bonne santé antérieure. Toutefois, depuis cinq ou six ans, sueurs profuses fréquentes, surtout le soir.
Première blennorrhagie, il y a dix ans. Deuxième blennorrhagie, il y a deux ans et demi, qui n’a jamais été douloureuse; l'écoulement a toujours persisté depuis cette époque. Il y a quinze jours, le testicule droit est volumineux, mais jamais de douleurs à ce niveau.
Actuellement, l'écoulement persiste toujours, il est abondant.
Le testicule droit est volumineux et se différencie difficilement de l’épididyme, dont la tête semble très volumineuse et remonte vers l'anneau inguinal; la palpation ne réveille aucune douleur et la sensation testiculaire n’est pas perçue par le malade quand on palpe le testicule.
Du côté gauche, noyaux épididymaires. La prostate est normale. Au niveau des aisselles, lésions de grattages.
ACTU Le 4 mars, à l'exploration du canal, on ne constate aucun rétrécissement. L'examen bactériologique du
liquide de l'écoulement ne révèle la présence d'aucun bacille de Koch.
Le 6 mars, la castration est faite. On trouve, dans le testicule droit, un tubercule caséeux de la grosseur d’un pois et un autre de même grosseur, mais suppuré. L'épididyme est dur, lardacé ; on y trouve également de petits tubercules, mais avec tendance à la transformation fibreuse.
Le 7 mars, pas de température.
Le 14 mars, le malade a eu de la fièvre le 13 : 500.
Le 18, toujours un peu de fièvre entre 88e et 390. Néanmoins, la température tend à tomber, le malade va bien.
Le 28 mars, la guérison est parfaite et le malade sort bien portant.
En novembre 1898, le malade est revu une première fois ; il n’a pas toussé dit-il, et n’a plus de sueurs profuses comme avant l'opération. L'état général est très bon, et C... ne souffre, du côté du testicule sain, que lorsqu'il fait des excès vénériens, ce qui lui arrive parfois. Sa santé s’est rapidement améliorée, au point qu'un de ses parents qui l'avait
- vu quelques temps avant l'opération, le trouve mnéconnaissable plusieurs mois après.
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De plus le malade, dont les appointements ont été augmentés, se soigne mieux et peut accomplir son métier très pénible de commis d'octroi. Il faut que sa santé, très chancelante avant la castration, se soit parfaitement améliorée pour que C... puisse, dans une chambre très étroite, accomplir avec quatre collègues un travail de bureau du matin au soir. Lui-même avoue qu'il aurait été incapable de faire il y a quelques années un tel ouvrage.
En juillet 1900, le malade est revu de nouveau. L'état général s’est maintenu excellent. C...,malgré toujours quelques excès vénériens, se porte bien et il l’attribue à sa nourriture et au peu d'alcool qu'il boit. Il affirme ne jamais dépasser un demi-litre de vin par Jour. La guérison date donc de quatre années.