‹ Résultats éloignés du traitement de la tuberculose testiculaire par la castrationChapitre 11 sur 31 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

P...Jean, âgé de 28 ans, entré à l’Antiquaille le 18 octobre 1897. Son père et sa mère sont bien portants, le malade a un frère bien portant. Personnellement,le malade a toujours été, depuis son enfance, pâle ; il aurait été traité pendant longtemps pour anémie ; il est sujet à s’enrhumer tous les hivers.

N'a jamais eu d’affections vénériennes quelconques.

Il dit avoir fait des efforts vers le mois de février de cette année et, peu après, avoir eu une tuméfaction des bourses avec hydrocèle. Un médecin a ponctionné l’hydrocèle et a retiré un grand verre de sérosité liquide. Il dit avoir eu des phénomènes généraux pendant la formation de cette hydrocèle, à la suite de cet effort et s’être alité pendant quelques jours. Depuis cette époque la tuméfaction des bourses du côté droit a diminué.

Il y a trois mois environ, apparition d’une tuméfaction progressive du testicule gauche venue spontanément. Cette tuméfaction a déterminé des douleurs locales. Il y a trois semaines, cette tuméfaction s’est ouverte spontanément sur la partie antéro-inférieure du scrotum du côté gauche, et l'ouverture, qui était large au début, de teinte violacée, tend à diminuer de jour en jour. Il est sorti du pus en moyenne abondance.

Actuellement, on ne constate pas d'écoulement uréthral, pas de sang dans les urines ; le malade dit n'en avoir pas uriné.

Le faciès est pâle; actuellement il ne tousse pas; il a pris encore récemment beaucoup d'huile de foie de morue.

Le scrotum est tuméfé des deux côtés : du côté droit le testicule et l'épididyme sont tuméfiés avec des adhérences.; en avant hydrocèle peu abondante. Du côté gauche le testicule et lépididyme sont éga-

le lement tuméfiés. Sur la partie antéro-inférieure du scrotum, il existe une surface large comme une pièce de 0,50, non suppurante actuellement, mais légèrement déprimée.

Les deux testicules et épididymes présentent des nodosités très nettes à la palpation. Pas de douleurs spontanées; mais douleur à la palpation.

La prostate n’est pas tuméfiée, ni douloureuse, mais présente quelques inégalités et des nodosités.

Le malade est opéré le 30 octobre : c’est une castration double, et n’a pas de température. Le malade sort de l’Antiquaille, guéri, le 2 décembre 1897,

Dans le courant de 1898, au mois de juillet, le malade nous dit qu’il est toujours en bonne santé, qu'il ne tousse pas, qu'il a engraissé.

Au mois de juillet 1900. Dans cet intervalle, le malade s'est marié et accuse des excès génésiques (1) à la suite desquels il devient mélancolique et neurasthénique.

Constatons ici un fait, cependant : tous ceux qui ont connu le malade le disent neurasthénique et

(1) La castration ne produit pas l'impuissance, le castré peut avoir des désirs sexuels et pratiquer le coït, témoins ces vers de Martial :

Cur lantum habel Æunuchos tua Gellia, quæris, Pannice, vult furere Gellia, non parcre,

ee.

hypocondriaque avant même que la castration lui füt faite. Il constate cependant que malgré tout, son état général se maintient excellent ; il ne tousse pas et n’a pas de sueurs nocturnes; l'appétit est bon.

À propos de cette observation il est une constatation que nous avons faite chez la plupart de nos malades et chez d’autres que nous ne citons point; presque tous se livrent aux excès vénériens et à la masturbation. Ne seraient-ce pas là des causes prédisposantes à la tuberculose génitale ? Nous ne pouvons l’affirmer catégoriquement ; toutefois l’'hypochondrie et la manie de notre dernier malade semblent bien se rapporter à la masturbation qu'il pratiquait fort souvent avant le début de sa maladie. C'est après chaque acte de ce genre qu'il ressentait des douleurs testiculaires. Guérison datant de trois ans.

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