OBSERVATION XI
(Observation VI de la thèse de Fays et empruntée par lui à TERRILLON.)
M. V..., âgé de 40 ans, vint consulter M: Terrillon, le 25 janvier 1888. Il éprouvait, depuis deux mois environ, des douleurs dans le testicule gauche, avec augmentation rapide de l'organe. En même temps existaient des tiraillements le long du cordon et une douleur lombaire persistante L'état général du malade avait été influencé par la marche aiguë de la maladie. Il avait maigri rapidement, son appétit avait diminué considérablement ; le soir légère élévation de température et sueurs abondantes la nuit.
Le testicule gauche, gros comme un œuf d'oie, très dur, très douloureux à là pression, donnait à la main la sensation d’une tumeur solide. La tension de cet organe paraissait augmentée par rapport à celle des régions voisines. Le scrotum était intact, ne présentait ni œdème, ni aucune adhérence ; on ne pouvait constater aucune trace de liquide dans la tunique vaginale. La glande testiculaire était uni-
rs formément hypertrophiée sans aucune bosselure à sa surface. Enfin, il est utile de noter avec soin que l'épididyme occupait sa place normale et semblait intact ainsi que le cordon. Au toucher rectal, rien à la prostate ni aux vésicules séminales. L'appareil testiculaire droit était sain.
Ce malade fut surveillé pendant quelques jours et soumis à la médication iodurée et hydrargyrique. Mais, après trois semaines environ de ce traitement, qui fut assez rigoureux, et voyant] que le volume de la glande augmentait, queles phénomènes généraux étaient loin de s'améliorer, M. Terrillon pensa qu'il s'agissait d’une tumeur maligne et à marche rapide. Il proposa la castration, se basant sur ce raisonnement que cette opération radicale était indiquée quelle que fût la nature de la maladie.
L'opération eut lieu le 50 janvier 1888. L’ablation fut très simple ; la vaginale était intacte et ne présentait pas de traces évidentes d’inflammation, l’épididyme ne semblait pas altéré, il en était de même du canal déférént. Les suites de l'opération furent parfaites et le malade se rétablit rapidement et, actuellement, 15 janvier 1891, trois ans après l'opération, le malade se porte bien.
L'examen de la pièce fut particulièrement intéressant et démontra qu'il s'agissait d’une tuberculisation aiguë du parenchyme testiculaire, mais avec une particularité spéciale qui consistait dans l'intégrité de l’épididyme, exceptionnelle en pareil
Cas.
ENOUES