OBSERVATION XIII
(C'est la Ville observation de PLATON, thèse de Montpellier de 1899)
J. CG... entre,le 20 octobre 1896, à l’hôpital de la Conception, dansle service de M. Roux,de Marseille. Les antécédents personnels du malade sont excellents: terrassier vigoureux, ,n’ayant Jamais, jusque là été atteint de maladies sérieuses. Dans ses antécédents héréditaires pas de tare tuberculeuse.
Depuis deuxoutroishivers ilaccuse une diminution de l'appétit et une tendance particulière à s’enrhumer. Malgré tout, son état général n’est pas défectueux et l’on ne constate, à l’auscultation, qu’une rudesse respiratoire du sommet gauche. Son serotum,douloureux depuis cinq mois environ, présente, à droite, un cordon en chapelet aboutissant à un épididyme bosselé, à noyaux ramollis et fluctuants. Le testicule est gros,douloureux,avec des dépôts caséeux ayant tendance à évoluer vers la peau du scrotum qui est tendue, rouge et chaude. Enfin, au bord externe du côté gauche,apparait un abcès bien localisé à fluctuation très nette. Le testicule gauche n'offre rien de particulier, sinon une légère indu-
ration à l'insertion du cordon et de l'épididyme. Dés le lendemain de son arrivée l’abcès, en imminence de suppuration, est incisé et gratté, le scrotum est maintenu au repos et le malade est soumis au traitement médical habituel. Le 98 octobre, non seulement l’abcès primitif n'offre aucune tendance à la cicatrisation mais semble s'établir en trajet fistuleux. De plus, de nouveaux abcès menacent de s'ouvrir et le malade réclame l'opération radicale qui le soulagera et lui permettra de reprendre son travail abandonné, dans peu de temps. L'opération décidée est pratiquée par le professeur Roux,de Brignolles, qui emploie son mode opératoire en raquette comprenant la peau du scrotum sur laquelle se sont ouverts les abcès. Le testicule mis à nu après l’incision de l’albuginée, montre une glande farcie de tubercules que l’on ne peut songer à conserver. Il est inutile d'essayer même de conserver un morceau au testicule. L'épididyme, malade, et le cordon moniliforme sont réséqués aussi haut que possible dans le canal inguinal. Suture. Pansement.
Actuellement la guérison, qui date de trois ans, est parfaite ; les poumons sont en bon état ; le malade, enchanté d'avoir repris ses occupations, ne semble pas malheureux dela perte de son testicule. Platon, comme son maître, M. le professeur Villeneuve, ennemi de la castration, est obligé pourtant de reconnaitre que cette opération a beaucoup de bon et que l'état général s’est modifié de fond en comble depuis l’ablation du testicule, qu'une opération conservatrice n'avait pas guéri.