‹ Résultats éloignés du traitement de la tuberculose testiculaire par la castrationChapitre 25 sur 31 · OBSERVATION XVII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVII

(TERRILLON, donnée à la Société de Chirurgie du ‘14 janvier 1891.)

T..., 35 ans, me fut adressé par le docteur Ehrardt ; depuis plusieurs mois il était porteur d’une affection suppurante de testicule du côté gauche.

La lésion paraissait exister surtout dans la région de l’épididyme, au-dessus du testicule qu’on sentait hypertrophié. Les premières atteintes de la maladie paraissent remonter à environ dix-huit mois.

Un peu plus tard une poussée aiguë avait déterminé la formation d’abcès qui s'étaient ouverts lentement en ulcérant la peau, laissant ainsi deux fistules qui donnaient à travers le scrotum,une grande quantité de pus.

Cet homme grand, blond, d'apparence assez vigoureuse, avait des occupations très pénibles et son état général ne semblait pas avoir souffert de cette lésion locale. On ne trouvait chez lui aucune altéra-

ete tion appréciable de lurèthre, de la prostate ou des vésicules séminales. Le cordon correspondant au testicule altéré était seul un peu induré.

En examinant avec soin le testicule droit on trouvait, au niveau de la tête de l'épididyme, un petit noyau d'induration assez manifeste, mais non douloureux. Après avoir essayé, chez ce malade, quelques cautérisations des trajets fistuleux et voyant que nous n’obtenions aucun résultat, je lui proposai, d'accord avec le docteur Ehrardt, de pratiquer l’ablation du testicule gauche.

L'opération eut lieu le 2 juin 1882; la guérison fut rapide, grâce à l'emploi du pansement de Lister et le malade se rétablit bientôt. L'examen des pièces montra qu'il s'agissait d’une lésion tuberculeuse très avancée de l’'épididyme, surtout au niveau de la tête de cetorgane qui avait presque le volume du pouce et formaitune caverne à parois caséeuses. Le corps de l'épididyme présentait deux ou trois noyaux caséeux ; enfin, le testicule était augmenté de volume ; on y trouvait quelques foyers caséeux. L'examen histologique, pratiqué par moi-même, montra en divers points, qu'il s'agissait d’une tuberculose déjà avancée.

Depuis cette époque, c'est-à-dire plus de huit. années, cet homme est bien portant ; il a engraissé et peut se livrer à toutes ses occupations qui sont très pénibles, caril est pharmacien et très occupé.

À propos de cette observation, citons quelques paroles de Terrillon.« L'opinion des auteurs, au sujet de la castration dans la tuberculose testiculaire, est

ri loin d'être unanime. Les observations des malades opérés, guéris et suivis pendant un temps assez long, ne sont pas assez nombreuses dans la science pour bien fixer ce point important de thérapeutique chirurgicale et indiquer quelle est la survie ordinaire que peuventespérer ceux qui ont subi cette mutilation. Nous nous sommes, cependant, toujours efforcé de démontrer les grands avantages de la castration dans la tuberculose testiculaire, surtout quand la lésion est encore localisée à l’'épididyme. Peut-être a-t-on, dans ces cas-là, des guérisons définitives ? »

Notre série d'observations, prises de différents côtés, semble bien une réponse.à la question que se pose Terrillon.

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