MAL SCROFULEUX DES TESTICULES. — CASTRATION
A. CG... âgé de 21 ans, qui était admis, le 8 octobre dernier, déclarait que, trois semaines auparavant, il était tombé en avant dans sa charrette,etque ses testicules avaient heurté un objeten saillie. Le testicule droit devint alors douloureux et tuméfié et, au bout d'une quinzaine de jours, le scrotum donnait passage à une quantité de pus qui s’écoulait au dehors. Une souffrance intense l'amena à s'adresser à l'hôpital.
Lors de l'admission, on trouva un fongus poussé en avant qui, évidemment, Ss’étendait à un côté entier du corps du testicule et celui-ci était baigné dans un pus fétide. Le patient n’était pas en mauvaise santé, bien qu’il fût un peu faible. Un traitement local améliora l’état fétide de la plaie, maisil
(4) La traduction de cette observation est due à l’amabilité de notre ami Me. F. SAGOT, avocat près la Cour d'appel de Dijon, docteur en droit et ès-lettres,
était évident que la glande était atteinte d’un mal Sans espoir. En conséquence, le 12 octobre, M. Walton enleva le testicule droit. Sur la section, on trouva qu’une grande partie avait été détruite et, dans le centre de la portion restante, qui était plus ou moins infiltrée, était logée une masse tuberculeuse déjà en voie de ramollissement et entourée d’une mince couche de suppuration. Avant que le malade ne fûtemmené hors de la salle d'opération, M. Walton prêta attention au mauvais état de l’autre testicule. Il était élargi, dur et adhérent au fond du scrotum. La plaie se cicatrisa bien et le patient quitta l’hôpital dans la quinzaine.
Il fut admis de nouveau, le 8 décembre, avec le testicule gauche fortement attaqué par le mal. Il y avait une large ouverture sur le côté gauche du scrotum, au travers de laquelle s’avançait une masse fongoïde précisément semblable d'apparence à celle qui s'était présentée dans l’autre organe et enveloppant, dans toute sa longueur, la surface du testicule sur un côté. Une portion considérable de scrotum avait été détruite par ulcération, comme dans le premier cas. L’écoulement de pus étaitabondant et fétide. L'évolution dela maladie fut, cette fois, très rapide, et il y eut plus de douleurs. Le patient souffrait dans sa santé et, comme son cas n’admettait aucun traitement palliatif, M. Walton enleva la masse contaminée, le 14 décembre. Une plus grande quantité de matière tuberculeuse fut trouvée déposée dans ce testicule que dans celui de droite : l'épidi-
dyme même étantenvahi parelle. La plaie suppura 5T
Pr de et ne progressa pas très favorablement et le patient manifesta des symptômes fonctionnels avec fièvre. Cependant, il quitta l'hôpital le 18 janvier et le résultat s'est maintenu pendant cinq ans.
Parlant de ce cas, M. Walton démontra que, pour lui, la complète castration est une très rare occurence de nos jours, quoique, cependant, avoue-t-il, dans le présent exemple, ce fut indubitablement le seul moyen de sauver la vie de cet homme. Il fit allusion au traitement couronné de réussite pour fongus scrofuleux partiel du testicule introduit par le professeur Syme. Sur quoi, il disséquale scrotum et l’ouvrit au dessus du petit fongus et montra que, dans le cas de son malade, une semblable chirurgie avait été inapplicable parce que le fongus enveloppait la plus grande partie de la surface du testicule et que le scrotum, sur chaque face,avait été presque entièrement enlevé par ulcération. La seule cautérisation du fongus, dit-il, auraitété sans utilité en ce qui concerne la conservation de la fonction de l’organe. Car, quoiqu'il eût pu demeurer du testicule, le tissu auraitété détruit par suppuration qui, en ellemême, auraitexercé une action très épuisante surle malade.Il se référa,de plus, au fait bien reconnu que ce mal, scrofuleux d'ordinaire, se produit chez des jeunes gens qui ne paraissent pas être autrement en raauvaise santé etqu'il est presque toujours attribué à un coup. Sans donner aucune opinion arrêtée de la cause usuelle dela maladie, M. Walton sentit qu'il était tout-à-fait sûr que, dans cet exemple, le coup n'était pas l'origine éloignée ou dernière, quoiqu'il
pût avoir été la cause excitante, car le sujet avait déclaré que, six mois avant la chute, il avait perdu Sa puissance sexuelle qui avait été, autrefois, très vigoureuse et avait été, dès lors, incapable de se livrer au coït, indiquant clairement par là, qu'il y avait eu, précédemment, une dégénération testicu: laire. Il lui parut aussi que le développement symétrique du mal et que la complète similitude de ses progrès des deux côtés, démontraient une origine constitutionnelle.