‹ Résultats et Importance du Diagnostic Biologique de la GrossesseChapitre 18 sur 48 · AN RES · texte numérisé non relu

AN RES

Enquête sur les résultats obtenus avec la réaction de Ascheim-Zondek.

Les auteurs ayant vérifié la valeur de la réaction dans la grossesse sont aujourd’hui très nombreux. Voici quelques données statistiques.

Ascheïim et Zondek ont expérimenté dans environ 900 cas les plus divers.

Les urines provenaient de femmes enceintes à toutes les périodes, de femmes accouchées à terme ou avant terme, de cas d’avortements, rétention ovulaire, ménopause, métrorragies, troubles endocriniens, de femmes atteintes d’affections gynécologiques (fibromes, annexites, kystes ovariens, cancers génitaux, grossesses ectopiques, aménorrhées).

Presque tous les résultats furent conformes cliniquement.

Pourcentage des diagnostics vérifiés (emprunté de la thèse de M" Gerber). — Ascheim, 98 p. 100; Brouha-Simonnet, 100 p. 100; Johnes et Murgrave, 99 p. 100; Finkel, 96 p. 100; Dodds, 97 p. 160; Mack, 98 p. 100; White et Severans, 99 p. 100; Louria et Rosenveig, 96 p. 100 de un à trois mois, 100 p. 100 après trois mois; Roberison, 98 p. 100; Hugo-Selheim, 98 p. 100 de réponses exactes; Hornig, 98 p. 100. Pankow réponses toutes exactes dans la seconde moitié de la grossesse, sauf chez une femme irradiée pour fibrome et qui devint enceinte, malgré l’aménorrhée provoquée. Martins, sur 74 cas, 73 positives; Furth, sur 83, 81 positives; Karl, 49 cas, aucune erreur.

Wagner a trouvé, dans 459 cas de grossesse normale, 451 fois une réponse positive, soit 98,6 p. 100 de résultats exacts. Un des cas négatifs concernait une grossesse au début.

Dans 458 cas où il n’y avait pas de grossesse, la réaction ne s’est montrée que quatre fois positive : une fois chez l’homme et deux fois en cas de cancers

avancés; la quatrième réponse n’est pas précisée.

Les diverses réactions qui suivent ne sont, en somme, que des variantes de la réaction que nous venons de décrire. Le fait capital est la découverte faite par Zondek du passage dans l’urine de substances caractéristiques.

Réaction de Brouha, Hinglais et Simonnet.

(Basée sur l'injection d'urine de femme enceinte au souriceau impubère.)

En 1927, Fels obtenait, avec l’extrait hypophysaire, l’hypertrophie de linterstitielle du testicule et des annexes du tractus génital (vésicules séminales et prostate).

Le même résultat a été obtenu avec l’urine de femme gravide, par Steinach et Kun.

En 1930, Brouha, Hinglais et Simonnet ont tiré de ces faits une méthode de diagnostic de la grossesse basée sur l’hypertrophie vésiculaire du souriceau impubère après injection d’urine.

Technique. — Les souris mâles utilisables doivent peser 7 à 10 grammes au début de l'expérience.

On leur injecte quotidiennement, par voie sous-cutanée, 0,10 à 0,30 ce d'urine pendant 6 à 10 jours.

CNT es

Il n’est pas nécessaire d'employer beaucoup d'animaux. À la rigueur, on peut se contenter d’un seul.

Résultats. — Les animaux sont sacrifiés vingt-quatre heures après la dernière injection, pour se rendre compte exactement des modifications apportées par le traitement. Dans le cas de réaction positive, les testicules ont légèrement augmenté de volume, les vésicules séminales sont hypertrophiées. Les vésicules séminales sont réduites à quelques millimiètres chez le mâle impubère; en cas de réaction positive, leur longueur atteint près de 2 centimètres; en même temps, elles sont gonflées par un liquide blanchâtre.

Sur 40 expériences, les auteurs ont obtenu 99,7 pour 100 de résultats exacts.

Les urines provenaient de femmes enceintes bien portantes, normales, et de femmes non enceintes malades (tumeurs hypophysaires, cancers et chorio-épithélioma).

La réaction est très précoce; elle s’est montrée positive cinq jours après la première menstruation manquante. La réaction devient négative entre le quatrième et le huitième jour qui suit l’accouchement.

Un reproche que l’on peut faire à cette réaction, c’est sa lenteur relative; elle demande huit à dix jours; c’est souvent trop quand se pose l’éventualité d’une intervention opératoire.

Réaction de Probstner et de Bourg.

(Injection au rat impubère.)

Bourg a proposé d’utiliser les rats impubères au lieu de la souris.

Chez le rat, la puberté est beaucoup plus tardive (vers 2 mois et demi) que chez la souris, et ces animaux étant plus résistants aux injections, la mortalité est

exceptionnelle.

Technique. — La réaction se fait de préférence sur deux animaux de sexe différent. L'âge de ces animaux sera de 30 à 40 jours, leur poids de 20 à 40 grammes.

Nombre des injections : une injection quotidienne de 1.3 ce de l’urine à examiner, pendant cinq jours, pour le mâle comme pour la femelle.

Les rats sont tués à la fin du cinquième jour.

Lecture de la réaction. — Lorsque l'urine injectée provient d’une femme enceinte on observe :

a) Chez la femelle :

1° Une hypertrophie du tractus génital femelle qui a subi les modifications de l’œstrus. Le vagin est ouvert et sa sécrétion est formée de cellules kératinisées.

2° Une augmentation de volume des ovaires qui présentent des corps jaunes, habituellement bien visibles à l’œil nu.

b) Chez le mâle on note :

1° Une légère hypertrophie testiculaire.

2° Une hypertrophie des vésicules séminales qui contiennent une sécrétion abondante.

3° Accessoirement on note l'accroissement de la

glande de Cowper et du pénis, la descente des testicules dans les bourses.

Résultats, — La réaction s’est toujours montrée positive en cas de grossesse; elle le reste encore pendant les dix jours qui suivent un avortement.

D’après Bourg, on ne doit considérer comme positives que les réactions concordantes se manifestant chez la femelle comme chez le mâle. Si les réactions ne sont pas concordantes, il conclut à l’absence de grossesse.

L'auteur a obtenu 50 résultats exacts sur 50 essais confirmés.

Réaction de Friedmann-A. Brouha.

(Basée sur l'injection d’urine de femme enceinte à la fapine.)

Heape, Ancel et Bouin ont observé qu’il n’existe pas d'ovulation spontanée chez la lapine; celle-ci ne se produit que par le coït, même non fécondant. Parkes, en 1926, a constaté que l'injection d’extrait de lobe antérieur d’hypophyse détermine chez la lapine vierge l’apparition de follicules hémorragiques au bout de vingt-quatre à quarante-huit heures.

Friedmann, en 1929, et, à sa suite, Martins et Fabiao, ont démontré qu’on peut déterminer le méme phénomène par l'injection d’urine de femme enceinte dans la veine marginale de l'oreille.

Soares, en 1931, avait pratiqué plus de 109 réactions suivant cette méthode, dont tous les résultats se montrèrent exacts.

Adèle Brouha a repris, en janvier 1931, au Congrès de Gynécologie de Bordeaux, ces expériences et a montré tout l'intérêt pratique de cette réaction.

DC LR

Technique. — Elle utilise alors des lapines vierges d’un kilogramme. Quelques mois plus tard, elle publie les premiers résultats et précise sa technique. Elle choisit des lapines de trois mois qui n’ont pas été en contact avec le mâle; à défaut, n'importe quelle lapine, à condition de voir les ovaires au préalable, de façon à éliminer :

1° Toute malformation ou même l’absence congénitale des ovaires;

2° La présence de follicules hémorragiques;

3° L’existence de corps jaunes récents qui entrave-

ralent la réaction.

Elle injecte 2 ec d’urine dans la veine marginale de l'oreille et, 24 à 48 heures après, une nouvelle lapa-

rotomie donne le résultat.

Résultat. — A. Brouha, sur 180 cas, n’a eu qu’un seul résultat discordant, dû à ce que la lapine employée était malade et n’a pas réagi à l’injection d’urine.

Le pourcentage de réponses exactes est donc de 99,5 p. 100.

Brindeau, H. Hinglais et M. Hinglais ont rapporté, au Congrès de Bordeaux, les conclusions de 140 cas cliniques contrôlés et menés à la fois sur la lapine, sur la souris femelle et sur la souris mâle.

Dans 63 cas où il n’y avait pas de grossesse, les résultats furent 63 fois négatifs chez la lapine, Dans 77 cas de grossesse, les résultats, chez cet animal, furent positifs 70 fois avant 48 heures.

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