TESTICULE
Deux opinions ont été émises au sujet de la patho-
génie des lésions tuberculeuses de l'appareil génital.
La première considère la tuberculose génitale comme
une affection locale débutant d'emblée dans cet appareil, susceptible d'y rester confinée sans se généraliser, ou ne
se généralisant que beaucoup plus tard.
«€ Il est surabondamment prouvé, dit Cayla, que l’appareil génito-urinaire peut être seul envahi par la tuberculose. Il est même digne de remarque de voir que la tuberculose reste longtemps cantonnée dans ce système alors que le malade conserve d’autre part toutes les apparences de la santé ».
M. Reclus a constaté, à l'autopsie, que la tuberculose
génitale existait seule, sans lésions pulmonaires dans 1/3
des cas.
« En quoi serait-1l étonnant, dit M. Reclus, que la tuberculose puiss enaîlre dans le testicule et s’y cantonner ? Ne paraît-il pas y avoir, en définitive, des tuberculisations localisées qui tiennent à des causes locales comme 1l y a des tuberculoses généralisées qui tiennent à des causes générales » et il ajoute : « Nous citerons l'exemple d'hommes qui, il y a 10 ans, 20 ans, 30 ans même ont eu un testicule tuberculeux ; or ils se portent
bien et ne gardent comme souvenir de cette affection
que la cicatrice des anciens trajets fistuleux ».
Villard, sur 176 autopsies, trouve 113 fois le poumon pris, soit 64 pour 100 : mais il faut remarquer que ces cons{atations ont été faites à l’autopsie, très longtemps sans doute après l'apparition des phènomènes du côté de l'appareil génital et que les lésions pulmonaires pourraient être et sont sans doute dans beaucoup de cas consécuüves aux lésions génitales.
M. Guyon, sur 28 cas examinés, trouve 11 tuberculoses pulmonaires.
La seconde opinion fait de la tuberculose génitale
une manifestation secondaire de la diathèse générale. Avant de porter des lésions du côté de leur testicule, les malades auraient présenté des symptômes de tuberculose du côté de l'appareil pulmonaire.
Les deux opinions sont admises, mais nous envisagerons surtout les cas où la tuberculose testiculaire est primitive. Dans les observations que nous avons recueillies, la plupart des malades ne présentaient pas de signes de tuberculose pulmonaire et n'avaient pas d’ancédents héréditaires bacillaires. Sur les 14 malades faisant le sujet de ces observations, on trouve une seule fois les symptômes de la tuberculose pulmonare — il y a deux cas douteux — par conséquent 11 malades n'ont jamais ni toussé, ni craché et chez eux l’auscultation des poumons est négative.
Nous admettons donc la localisation primitive de la tuberculose sur l'appareil génital, mais nous pouvons nous demander quelle est la partie de cet appareil qui subit les premières atteintes de l'infection.