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Dans la tuberculose testiculaire, le testicule est rarement atteint seul : l’'épididyme, les canaux déférents, les vésicules séminales et la prostate peuvent être atteints simultanément.
Dufour et Cruveilhier constatent si souvent le testicule et la prostate pris ensemble qu'ils décrivent la tuberculose de ces organes dans le même chapitre.
Ricord trouve que l’épididyme est toujours envahi quand il y a du tubercule en un point quelconque de l'appareil génital. Non seulement l’épididymite accompagne l’orchite mais c’est elle qui est prédominante. Les vésicules portent des lésions caractéristiques de tuberculose, la prostate change de forme, s’hypertrophie, présente des inégalités et des bosselures.
M. Guyon rapporte une statistique, basée sur 127 cas, dans laquelle les lésions se décomposent ainsi :
Prostatesseulé 2 Er 7e 56 fois Prostate et vésicules.......... Ne 11 — Epididyme "seul Re 2 — DOUÉ ARS OIL HORS ARTE ENL FEAR 50 — Tout avec prostate douteuse. ........ 2 — Tout avec vésicule douteuse ..,....... 6 —
D’après cette statistique, l'épididyme serait rarement le point de départ des lésions.
M. Reclus, sur 69 observations, dont 59 extraites du Bulletin de la Société anatomique (1863-1889) et 10 per-
sonnelles, trouve l'association suivante :
Tuberculose de l’épididyme et du testicule. 48 cas. — de l’épididyme seul........., 20 — — dutestieule-seul:1 ae resr 1 —
Wiessler, sur 27 cas de tuberculose testiculaire, note 3 fois des lésions de l'épididyme seul et 24 fois des lésions simultanées du testicule et de l’'épididyme. D'après cela, ce ne serait donc pas le testicule qui serait atteint le premier puisque l’épididyme est lésé aussi. Dans ces 27 cas, la prostate et les vésicules étaient saines.
Dürr rapporte 39 cas où les lésions ont débuté par l’épididyme. D’après lui, c’est seulement 6 mois ou À an après que la maladie s’est propagée.
Dimitresco, sur 16 cas, trouve l’épididyme pris seul 10 fois, la prostate et les vésicules 6 fois. « Il est exceptionnel de trouver le testicule atteint en dehors de l'épididyme ». |
D’après Lancereaux, « la tuberculose des organes génitaux ordinairement double, laisse le plus souvent le corps du testicule intact ».
Ropers (1) trouve sur 124 cas les lésions distribuées comme 1l suit :
L’épididyme est pris seul... ..:.......: 75 fois — etle-tésticule st. sure 48 — Pérrosueule seul aprenit.: 0 he 21
Dans les 48 cas d’orchi-épididymite, on peut admettre, au moins pour un certain nombre, que la lésion a été primitivement épididymaire.
Dans cette même stalistique, le canal déférent est pris 42 fois :
25 fois sur les 48 cas d’orchi-épididymite.
7 — 75 cas d’épididymite.
(4) Thèse de Bordeaux,
Dans les cas d'épididymo-orchite, avec lésions du canal déférent, on peut admettre que l'extension se sera faite de l’épididyme vers le testicule d’un côté, vers le canal déférent de l’autre, sous l'influence d’une infection parücuhèrement grave de l’'épididyme.
En effet, s’il y a lésion grave, auquel cas le testicule est pris, le cordon l’est assez souvent, ainsi sur 48 cas d’orchi-épididymite, le cordon est pris 25 fois ; au contraire, si la lésion est bénigne, si l’épididyme est seul atteint, le cordon est plus souvent sain. Sur les 75 cas d’épididymite seule, le cordon n'était envahi que 17 fois.
Donc, nous en rapportant à ces données, nous voyons que très souvent la prostate et les vésicules sont prises en même temps que l’épididyme ou le testicule ; mais si nous ne voulons envisager que le testicule, le cordon et l'épididyme, nous admettrons que c’est ce dernier qui présente les premières manifestations de la tuberculose locale, qu'il est souvent pris seul et que le testicule ne paraît jamais pris à l'exclusion de l’épididyme. « Il est « fréquent de trouver des noyaux caséeux dans le seul « épididyme » dit M. Reclus.
On a émus cette idée que la tuberculose descendait le cours de l’urine et remontait le sperme. Venant des vésicules ou de la prostate, l’infection doit passer par l'épididyme pour arriver au testicule. Mais cette marche est très lente et les lésions peuvent rester longtemps confinées dans l’épididyme avant d’atteindre la glande elle-même.
€ I] ressort, dit Cayla, que la tuberculose génitale suit une marche ascendante de la prostate au testicule ;
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une lésion tuberculeuse d’une portion de ces canaux suppose toujours une lésion de même nature située audessus. Mais, nous objectera-t-on, dans l'infection génitale, la propagation se fait donc contrairement à la loi générale qui veut que le transport se fasse dans le sens du courant du liquide qui charrie l'agent infectieux puisqu'ilmarche contre le courant du sperme ? Nous répondrons que dans les voies génitales, le courant est, non pas rétrograde,maisindifférent, etque c’estd’une façon intermittente quele sensdu courant s'affirme au moment de l’éjaculation. La stagnation des produits, les anfractuosités que présentent ces conduits sont des conditions éminemment favorables à l'inoculation et au développement des produits infectieux. Le fait de propagation contre le courant du sperme se produit également dans la blennorrhagie : il y a là évidemment des conditions de circulation inhérente à ces conduits qui semblent favoriser ce mode de propagation en apparence normal ».
Relativement au mode de pénétration du bacille tuberculeux dans l'appareil génital, diverses théories ont été émises. ;
Les uns prétendent que c’est la voie sanguine qui apporte à la prostate et aux vésicules séminales le bacille contenu dans le torrent circulatoire. En général, les premières localisations bacillaires se font dans les régions vascularisées. La région prostato-vésiculaire répond très bien à cette condition, mais il n'est pas prouvé que la voie sanguine puisse apporter directement le germe dans le testicule.
De la prostate et des vésicules, les lésions s’étendraient alors à l'épididyme et plus tard au testicule en suivant
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la voie déférentielle. En effet, d’après les statistiques reproduites plus haut, le testicule est rarement pris seul. Donc il est difficile d'admettre que le bacille y arrive directement par le sang. |
C'est du moins l'avis de M. Legueu :
« La tuberculose gagne plus souvent le testicule par « la voie déférentielle que par la voie sanguine. Assuré- «ment, je ne veux pas refuser au testicule le droit de « recevoir de ses vaisseaux sanguins le bacille de Koch « qui va l'infecter, mais ce que je soutiens, ce que j'af- « firme, c’est que les bacilles suivent rarement cette « vole, car s'il en était ainsi, Je ne pourrais expliquer « ni la préexistence, n1 la prédominance des lésions épi- « didymaires, c'est-à-dire de la parte du testicule la « moins vascularisée, la plus dépourvue au point de vue « de la circulation ».
En faveur de la théorie de la propagation par la voie déférentielle, on peut mentionner le cas publié par Siredey et cité par Guelliot : chez un sujet de 42 ans, emporté par la phüsie, les organes génitaux étaient intacts à gauche, mais à droite il y avait des masses caséeuses dans la prostate, dans la vésicule et dans l’épididyme. L’unilatéralité de ces lésions implique bien l’idée de propagation déférentielle. M. Legueu a trouvé, dans un cas, les lésions sur le canal déférent en train de gagner l'épididyme.
Quant à la transmission par la voie lymphatique, elle est sûrement très rare.
La voie péritonéo-vaginale par inoculation se retrouve chez les enfants: MM. Hutinel et Deschamps en ont donné des exemples manifestes : « Le testicule est