Incidents pulmonaires
Nous commencerons donc l’étude de ces complications secondaires par les incidents pulmonaires. Ils sont très fréquents puisque nous les avons trouvé notés 25 fois. Et certainement, les petites congestions fugaces des bases, et les bronchites légères ont été souvent passées sous silence. C’est donc la complication la plus fréquente.
Les manifestations ont été très variables, depuis la congestion fugace des bases cédant facilement au traitement médical, jusqu’à la broncho-pneumonie, rapidement mortelle.
Les observations 73, 68, 67, 66, 59, sont des exemples (et il y en a eu certainement beaucoup plus en réalité) de ces congestions pulmonaires légères. Dans ces cinq observations, nous trouvons portée cette complication comme un incident sans gravité des suites opératoires. Vers le deuxième ou le quatrième jour, le malade ressent un point de côté à une base, il a une légère poussée thermique, on trouve à l’examen quelques râles dans un côté. Quelques jours de traitement
médical ont suffi à faire rentrer ces accidents dans l’ordre.
Deux fois il s’est agi d’infarctus pulmonaire. Le premier (obs. 74) survint le vingt-deuxième jour, avec tous les signes classiques, fut suivi d’un épanchement pleural et guérit bien. Le second, (obs. 14) survint le cinquième jour, et coïncida avec un moelela abondant. Le malade mourut au dizième jour avec des signes d’hémorragie interne. On peut se demander, sans pouvoir l’affirmer, si ce malade n’a pas fait un infarctus mésentérique.
La pleurésie purulente secondaire vint compliquer deux fois les suites opératoires. Dans un cas (obs. 47), apparurent des phénomènes pulmonaires au quarantième jour, à gauche. La ponction ramène du pus. On pratique une pleurotomie. Le malade meurt dans l’hecticité. L'observation 39 nous montre un malade de 51 ans, qui presenta un vomique au trente-septième jour ; à ce moment, on trouve des signes d’épanchement à la base droite. La ponction ramène du liquide purulent, on pratique une pleurotomie avec résection costale. Deux mois plus tard, le malade meurt après avoir présenté une crise épileptiforme à prédominance gauche. À l’autopsie : abcès du cerveau siégeant dans le lobe occipital.
Les autres morts relèvent de formes pneumoniques ou broncho-pneumoniques très graves.
Il est intéressant de noter que, dans aucune observation, nous ne trouvons porté le diagnostic d’atélectasie pulmonaire aiguë post-opératoire. Il est intéressant de noter ce fait puisque c’est précisément dans
la chirurgie gastrique que les auteurs ont particulierement signalé cette complication.
Douc : importance des complications pulmonuires, puisqu'elles ont provoqué 8 décès chez des malades qui, par ailleurs, allaient très bien au point de vue abdominal. Cette proportion est-elle plus forte que dans les interventions gastriques à froid ? Oui, si on la compare aux études portant sur les suites opératoires des ulcères ou néoplasme gastrique en général. Ceci tient sans doute à l'impossibilité de soumettre ces malades à une préparation préopératoire, en particulier à la vaccinothérapie préventive au vaccin de Well et Dufour, ainsi que le préconisent Delore et Jouve, mais aussi et surtout aux conditions particulières du.« terrain » dans ces opérations pour ulcère perforé.