STYLE PARTICULIER A CHAQUE PEUPLE
postérieurement , l’art, chez les Gaulois, n’a rien .de spécial ni de caractéristique , parce qu’il est entre les mains des artistes étrangers à la Gaule.
102. Dès que le style, l’inscription ou les accessoires d’une figure , quelles que soient d’ailleurs ses proportions , en ont fait reconnaître l’origine, il ne s’agit plus que de discerner quels objets on s’est proposé de reproduire. La proportion ne fait rien , en effet, au but de la représentation , les mêmes attributs accompagnent le colosse et la figurine qui sont l’image convenue d’une divinité quelconque, et les mêmes préceptes les expliqueront complètement l’un et l’autre. Cette explication est du domaine de l’archéologie, quoiqu’elle doive résulter de la connaissance approfondie des systèmes religieux , et de l’histoire héroïque ou politique des peuples anciens. C’est là même un des charmes de cette science , de pouvoir rapprocher les monumens figurés de l’antiquité , des récits de ses écrivains , sur la forme et les attributs qu’elle donna aux dieux, aux héros, aux rois et aux hommes de diverses classes :
l’exemple se trouve ainsi à côté du précepte.
l3o MONUMEKS DE SCULPTURE.
io3. Il ne peut convenir au plan de ce résumé, d’entrer ici dans tous les' détails qui peuvent servir à discerner ces représentations diverses; il faudrait substituer un cours complet de mythologie aux élémens de la science archéologique ; et il n’est pas permis de supposer que l’amateur qui s’adonne à l’étude de cette science, soit dépourvu des notions principales sur les religions et les cultes professés par les peuples anciens. Les dieux des Grecs et des Romains , leur rang, leur hiérarchie et leurs attributs principaux , sont des connaissances primaires aujourd’hui fort répandues. Celles qui regardent l’Egypte, les vieux peuples de l’Italie et de la Gaule, le sont beaucoup moins, pour la première surtout ; l’esprit de système ne l’a pas épargnée, et l’on ne s’est abstenu de rien expliquer, quoiqu’un voile impénétrable couvrit encore ses mystérieuses écritures. La main qui l’a si heureusement déchiré, a porté la lumière sur les diverses parties des institutions de ce grand peuple , et l’archéologie égyptienne a aujourd’hui enfin ses époques liien constatées, des préceptes certains qui mettent chaque chose à sa véritable place , et
monumens égyptiens. i3i qui nous permettent de présenter iei , pour la première fois , quelques règles éprouvées , bien propres à guider l’amateur dans la dénomination et la classification des objets nombreux qui nous restent de l’antique Egypte.
SECTION II
Monumens égyptiens.
.104. Diversités. L’archéologie égyptienne, quant aux monumens qui sont le produit de la sculpture , embrasse plusieurs divisions qui sont également applicables à tous les ouvrages de cet art , puisqu’il s’agit toujours , dans ces divers ouvrages , de représenter des dieux , des hommes , des animaux , ou des objets d’invention humaine ( les' ustensiles sacrés et autres). Ces divisions sont donc au nombre de quatre; la dernière forme une classe h part , sur laquelle nous reviendrons ; nous n’avons à nous occuper ici que des trois premières , et les monumens de ce genre sont les plus nombreux et les plus intéressans pour l’histoire.
l3a MORUMEN5 DE SCULPTURE.
§ I er . Divinités égyptiennes.
10 5 . La môme divinité chez les Égyptiens était représentée sous trois formes différentes : i° forme humaine pure , avec les attributs spéciaux au dieu; a° corps humain portant la tête d’un animal qui était spécialement consacré à cette divinité; 3 ° cet animal même avee les attributs du dieu. Ces trois classes de monumens du même ordre comprennent la plus grande partie des figures de toutes dimensions qui se trouvent dans les cabinets et les musées , et c’est leur tôte qui porte le caractère principal de chacune , qu’elle soit debout ou bien assise , avec les formes naturelles ou bien en gaine.
106. Les dieux égyptiens sont figurés en toute matière ; baumes , cire , bois , argile , terre cuite et vernissée, porcelaines, pierres tendres ou dures , pierres fines , bronze , argent et or. Souvent les figures en bois, en pierre ou en bronze sont dorées , et plus souvent encore elles sont peintes de couleurs 'variées et consacrées , pour le visage surtout et pour le nu , rien à cet égard n’étant laissé à l’arbitraire de l’artiste. Ces représentations
MONUMENS ÉGYPTIENS. l33
étant ainsi réglées par la loi ou par l’usage dans tous leurs détails , cette uniformité
constante est d’un très-grand secours pour l’étude de l’antiquité égyptienne figurée , puisqu’elle explique à la fois les scènes où ces dieux reparaissent, qu’elles soient figurées de ronde bosse , en relief, en creux , peintes sur toile , sur papyrus , sur bois , ou sur pierre. Les memes attributs indiquent toujours la même divinité , et l’alliance des attributs , celle des personnages divins, selon les idées et les croyances égyptiennes.
107. Le nombre considérable des personnages du panthéon égyptien, classés toutefois dans une hiérarchie méthodique qui était la conséquence de leur généalogie même, et émanant tous d’un premier être, multiplie beaucoup le nombre et la variété des attributs, et complique ainsi l’étude des monumens ; mais comme les divinités principales , celles du premier ordre , étaient aussi les plus honorées , et devaient être plus ordinairement figurées , il en résulte que leurs représentations furent aussi les plus nombreuses, et ce sont celles qu’on découvre le plus communément en Egypte , celles encore qui parvien-
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nent en plus grand nombre dans les collections d’Europe. Il suffira donc d’indiquer ici les caractères et les attributs de la plupart de ces divinités principales , pour satisfaire à ce qu’exigeront de nous les lecteurs de ce résumé. Afin d’étre clair et précis , il est nécessaire de suivre les trois divisions principales déjà énoncées (n° 104 ).
108. Comme caractères généraux communs à toutes les divinités , nous indiquons i° la croix ansée (ou T surmonté d’un anneau) , symbole de la vie divine , que chaque dieu tient d’une main ; 2 0 le sceptre , de l’autre , et ce sceptre , ou bâton long , est terminé en haut par une tête de coucoupha pour les divinités mâles (symbole de la Bienfaisance ), et par un pommeau évasé pour les divinités femelles , que ces personnages soient debout ou assis. De plus, la figure humaine d’un dieu a une appendice au menton , en forme de barbe tressée , et les déesses n’en ont jamais. Enfin, dans certaines actions les divinités occupées à une fonction particulière, ont quitté ces deux premiers attributs , la croix ansée et le sceptre ; mais on les reconnaît à leur coiffure spéciale ; voici donc l’énumération des principales coiffures.