‹ Résumé complet d'astronomie ... Par C. BaillyChapitre 18 sur 48 · IO · texte numérisé non relu

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plus de 34 millions de lieues de lui : la solution de cette question , si elle est possible en ce moment, appartient plutôt à la physique et «à la chimie qu’à l’astronomie. Naguère 011 pensait pouvoir considérer comme certain, que le soleil lance sans cesse dans l’espace des torrens de chaleur et de lumière; et nous devons avouer, que lors même qu’on supposerait, pour alimenter cette combustion , une diminution de deux pieds par jour dans le diamètre du soleil , ce qui paraîtra énorme lorsqu’on réfléchira au volume immense de cet astre et à la divisibilité extrême dont la lumière d’une bougie nous donne un exemple bien frappant , cette diminution serait encore inappréciable pour nos meilleurs instrumens; car depuis 3 ooo ans, c’està-dire bien antérieurement aux observations sur le diamètre du soleil , cette ignition 11’aurait encore consommé que iflo lieues, ce qui équivaut à 1 " de son diamètre, quantité trop faible pour qu’on ne puisse pas l’attribuer aux erreurs des observations.

Mais depuis qu’on a découvert que les courans électriques entretiennent plusieurs corps incandescens sans combustion ni dimi-

Iü8 • .NATURE, TACHES

nution de volume; depuis que l’on commence à considérer plus généralement la lumière et la chaleur comme le résultat des mouvemens d’un fluide universellement répandu, qui peut bien être l’occasion des états particuliers qu’affectent les corps , mais qui ne peut leur apporter du dehors ni chaleur ni lumière, les idées sur la nature physique du soleil ont bien changé. Pourquoi ne serait-ce point en pénétrant dans notre atmosphère , que les rayons solaires acquerraient les propriétés lumineuses et calorifiques qu’ils manifestent, et, ne serait-ce point à cette cause qu’il faudrait attribuer la diminution de température qu’on ressent h mesure qu’on s’élève dans cette atmosphère ? Pourquoi un immense courant électrique n’entretiendrait-il point le soleil et les étoiles dans les conditions nécessaires pour être visibles à des distances énormes , et , la cessation de ce courant ne serait-elle point la cause de la disparition complète de certaines étoiles après un éclat extraordinaire , disparition dont nous avons cité plusieurs exemples ?

Lorsqu’on examine le disque solaire avec attention , on y aperçoit assez souvent des

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taches t tantôt tout-à-fait noires, tantôt seulement moins lumineuses , quelquefois aussi plus brillantes. Ces taches , dont on ignore la cttuse, ont du moins prouvé que le soleil est doué d’un mouvement de rotation sur lui-méme car on ne peut pas dire que ce sont les taclies qui tournent autour de lui , puisqu’après les avoir vues dans leur entier lorsqu’elles se présentaient de face , elles diminuent graduellement jusqu’à ce qu’elles ne présentent plus que leur tranche , ce qui démontre la rotation du corps qui les porte : plusieurs ayant une durée assez prolongée, ont permis de constater que cette rotation du soleil s’exécute en a5 jours 7. C’est à Galilée qu’est due cette découverte.

Les taches sont tantôt très - abondantes , tantôt fort - rares ; mais elles se montrent principalement dans une zone d’environ 3o° au-dessus et au-dessous de l’équateur solaire : elles sont souvent de forme irrégulière , paraissent ou disparaissent subitement, d’autres fois 11 e changent point pendant fort long-temps. Il existe trois opinions à leur égard : Buffon , s’appuyant de l’observation des facules , c’est-à-dire des appa-

IIO NATURE , TACHES

rences plus lumineuses qui précèdent souvent les taches , les appelait scories et les attribuait à des volcans intérieurs qui faisaient des irruptions momentanées ; mais l’observation que toutes les taches sont environnées d’une pénombre y c’est-à-dire d’une portion moins brillante que le soleil , mais plus que la tache, comme .serait un trou qui percerait une atmosphère lumineuse , renverse entièrement cette opinion ; il en est de même de celle qui les considère comme des montagnes ; dans la troisième, on regarde le soleil comme un corps opaque qui est peut-être même habitable comme les planètes : par lui-même il ne produit ni lumière ni feu , mais il est environné d’une atmosphère lumineuse qui , présentant souvent des vides ou des interstices, laisse apercevoir plus ou moins parfaitement une portion du corps opaque et obscur du soleil , tache qui doit en conséquence paraître entourée d’une pénombre. Dans cette hypothèse, on explique les facules par le refoulement du fluide lumineux dans certains endroits; enfin lorsqu’on attribue l’incandescence du soleil à des courans électriques , ne peut-on pas supposer que ces courans suspendent quelquefois

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leur action , et laissent ainsi dans l’obscurité les portions du soleil où ils cessent d’agir ?

On a mesuré des taches qui étaient cinq ou six fois plus considérables que la terre , et on avait pensé que leur abondance pouvait influer sur les températures terrestres ; mais les observations n’ont pas confirmé cette conjecture , elles tendraient même plutôt à prouver que les taches coïncident avec les années chaudes ; leur volume est d’ailleurs bien faible , comparé avec celui du soleil.

On ignore réellement si cet astre est environné d’une atmosphère lumineuse , mais on peut affirmer qu’il n’est point entouré d’une atmosphère analogue à la nôtre, ni d’aucune autre cause extinctive de lumière : on peut affirmer encore que les portions de son disque qui sont vues obliquement, n’envoient pas plus de lumière que sa partie centrale ; car , dans le premier cas , la circonférence du disque devrait paraître moins lumineuse, dans le second , elle devrait le paraître davantage : or, M. Arago, au moyen des cristaux doués de la double réfraction, ayant obtenu deux images colorées du soleil, a prouvé, en les faisant empiéter l’une sur l’autre peu à

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