‹ Résumé complet d'astronomie ... Par C. BaillyChapitre 21 sur 48 · DE MERCURE · texte numérisé non relu

DE MERCURE

Section II.

< De' Mercure

La planète la plus voisine du soleil est Mercure; c’est la plus petite de celles que connaissaient les anciens, et sa proximité du soleil fait qu’elle est rarement visible, son éclat étant éclipsé par les feux de cet astre : c’est quand Mercure passe sur le disque du soleil qu’on peut le mieux l’observer, et il paraît alors comme une tache noire; dans les contrées méridionales on le voit assez fréquemment à l’œil nu. La difficulté de bien observer Mercure n’a pas permis de discerner des taches sur son disque, ni par conséquent de déterminer là durée de sa rotation sur son axe , non plus que la position de cet axe ; cependant on soupçonne que sa rotation s’exécute en *4**’ 4'- Les astronomes modernes y ont reconnu des montagnes prodigieusement élevées et des phases : ce qui prouve que Mercure est un astre qui emprunte sa lumière du soleil ; ils nous apprennent aussi que cette planète est comme nous environnée d’une atmosphère gazeuse.

— *-fr

Mercure est la planète dont le mouvement de translation est le plus rapide : distante du soleil de i3 36o ooo lieues, elle parcourt son oï-bite en 87 j. a3 *>• en sorte qu’elle se meut dans l’espace d’une vitesse de 40 000 lieues à 1 heure. Le diamètre de Mercure est un peu plus du tiers, et son 'volume le 10 e de celui de notre globe : cependant sa masse en égale à peu près le 6 e , aussi sa densité est-elle plus

que double, et on la compare à celle de l’argent.

Nous ignorons l’état physique qui existe à la surface de cette planète; mais si le soleil est un foyer de lumière et de chaleur, la température doit y être sept fois plus forte que sur la terre, cest-à-dire excéder le terme de 1 eau bouillante. Aujourd’hui que l’on considère généralement le soleil comme un corps opaque, lumineux par son atmosphère seulement, et dont les rayons peuvent bien n’acqucrir leurs propriétés lumineuses et calorifiques qu en raison des corps qu’ils rencontrent et avec lesquels ils viennent se combiner, on conçoit que nous ne pouvons juger de la température qui règne à la surface d une planète d’après sa proximité du soleil j

DE MERCURE. l3j

il serait possible que les plus éloignées et les plus voisines fussent vivifiées par une influence égale.

D’ailleurs, cette température excessive qu’on suppose exister dans Mercure, comme le froid rigoureux qu’on admet dans les planètes plus éloignées que nous du soleil et qui les rendraient inhabitables pour des êtres comme nous, ne peuvent influer sur l’opinion que d’autres êtres y vivent : le Créateur, dont tous les ouvrages présentent une harmonie si admirable, n’a-t-il point pu mettre ses créatures en rapport avec l’état qui les entourerait? Ne voyons-nous point des êtres formés pour vivre dans l’eau, et d’autres pour vivre sur terre? n’en voyons-nous point sur notre globe qui ont besoin des feux de la Zone-Torride, tandis que d’autres ne redoutent point les glaces des pôles ? n’a-t-on point trouvé des êtres vivans dans des eaux minérales dont la température approchait de celle de l’eau bouillante (i)?

(i) Voyez le Traité dTclhiologie ou d'histo ire naturelle des poissant.

Section III.

. De V énus $ .

Entre Mercure et la Terre paraît la brillante V énus , appelée Y Etoile du Berger , parce qu’elle précède ou suit la course «apparente du soleil, et encore, tantôt Y Etoile du matin ou Lucifer , tantôt Y Etoile du soir ou VcsperYW énus est la plus éclatante planète, et en apparence la plus considérable : sa lumière est parfaitement blanche et très-vive; lorsqu’elle marche vers la conjonction , c’est-à-dire vient se placer entre le soleil et la terre, elle produit une ombre sensible et est souvent visible en plein jour. Autrefois on attribuait à ce phénomène remarquable un rapport intime avec les événemens qui se passaient sur la terre, et l’innocente Vénus était souvent accusée des maux qui veinaient nous frapper.

Les phases de Vénus sont très-distinctes, et elles ont permis de déterminer qu’il y avait sur cette planète des montagnes 5 ou 6 fois plus élevées que sur la terre : c’est par l’observation des cornes du disque, qu’on reinar-

DE VÉNUS. l3g

que tantôt pointues, tantôt tronquées , lorsqu’elles seules sont éclairées, qu’on peut acquérir cette connaissance ( Voyez pl. II, fig. i). Quant aux taches sur le disque meme de Vénus, elles sont peu sensibles; cependant on a reconnu qu’elle achevait sa rotation sur elle-même en a3 h- ai'. Lorsque Vénus passe sur le disque solaire , passage dont l’observation est de la plus haute importance , puisqu’il permet de déterminer avec beaucoup de précision la parallaxe et par suite la distance du soleil, ainsi que nous l’avons vu, la planète y fait une tache obscure parfaitement ronde , en sorte que son aplatissement , de même que pour Mercure , est tout-à-fait insensible. Ce passage arrive rarement, Vénus s’écartant quelquefois de y° de la ligne de l’écliptique ; c’était des anciennes planètes la plus vagabonde, et elle avait fixé la largeur du zodiaque ; mais les nouvelles planètes dépassent de beaucoup ces limites. On est parvenu à reconnaître par l’observation des réfractions que Vénus fait éprouver à la lumière des étoiles, qu’elle est entourée d’une atmosphère 3 ou 4 fois plus dense que celle de la terre.

Comme Mercure, Vénus décrit autour du

soleil une ellipse , mais son orbe, plus grand que le sien, est moindre que celui de la terre. Pour nous , elle semble osciller de part et d’autre du soleil d’environ 46°. Sa distance à cet astre est de | de celle de la terre , ou 3 5 millions de lieues; elle fait sa révolution annuelle en 224]'- 16 *>• ^i' t en sorte quelle parcourt par heure 3 o 000 lieues environ.

Le diamètre de cette planète est un peu moindre que celui de la terre , et son 'volume en est à peu près les mais sa densité est un peu plus

forte et peut être comparée à celle de la mine de fer. Nous verrons ainsi toutes les planètes présenter une masse d’autant moins agrégée qu’elles sont placées à une plus grande distance du soleil : dans un autre traité , 011 examinera ce résultat singulier, qui indique dans la nature physique des planètes des différences essentielles, puisqu’on sait que tous les corps occupent d’autant plus de volume qu’ils sont soumis à une température plus intense ; or, ici nous voyons les planètes les plus voisines du foyer de chaleur, être précisément celles qui offrent le plus de masse sous un moindre volume.

Page 1