CHAPITRE IL
Des réfractions astronomiques.
' Nous avons vu combien la cause unique du mouvement des astres , en rend l’ensem-
ASTRONOMIQUES. af5
ble simple, mais combien les influences de chacun d’eux en rendent difficile l’étude détaillée; cependant nous avons fait abstraction de quelques phénomènes physiques qui compliquent encore davantage le système du inonde et que nous devons indiquer; ce sont les réfractions. On verra dans le traité des fluides impondérables, comment les rayons lumineux, en passant d’un irtilieu plus rare dans un milieu plus dense , s’infléclùssent constamment en se rapprochant de la perpendiculaire ; ici il nous suffit de dire qu’il en résulte qu’à leur entrée dans notre atmosphère les rayons qui nous rendent les astres visibles , subissent cette déviation , d’où il résulte qu’ils nous font voir ces astres là où ils ne sont réellement pas et toujours audessus de leur véritable position.
Il n’y a que les astres qui passent an zénith qui ne sont point déplacés par la réfraction; tous les autres sont détournés de leur position , et d’autant plus qu’ils sont moins élevés au-dessus de l’horizon. On conçoit combien il est important aux astronomes de tenir compte d’un effet aussi général et qui influe sur toutes leurs observa-
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tions ; aussi étudient-ils la pesanteur , la température et l’humidité de l’air qui modifient les réfractions , afin d’en calculer la valeur exacte.
La déviation qu’éprouvent les rayons de lumière en passant près des planètes a permis de déterminer la densité de l’atmosphère de plusieurs d’entr’elles , et de reconnaître que la lune et les satellites en sont privés; mais les réfractions donnent encore l’explication de plusieurs phénomènes très-singuliers au premier abord. Ainsi souvent la lune est éclipsée et cependant le so'eil est encore visible; mais réellement ni l’un ni l’autre ne sont au-dessus de l’horizon , et ce sont les couches d’air de l’atmosphère qui, en infléchissant leurs rayons, font paraître ces astres avant leur lever véritable. 11 résulte du meme effet que le temps entre le lever et le coucher apparent du soleil est plus long que le temps qui s’écoule entre son coucher et son lever véritable , lors même que ce temps devrait être égal. Cette inflexion des rayons et leur <► dispersion dans l’atmosphère, sont aussi cause des crépuscules dont la durée varie selon les . saisons, mais qui prolongent au moins le jour
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d’une heure le matin et d’une heure le soir.
Enfin souvent à l’horizon les astres paraissent aplatis : c’est encore un effet de réfrac- . tion qui se manifeste lorsqu’elle est assez forte pour soulever davantage le bord inférieur que le bord supérieur de leur disque.
Mais on ne saurait attribuer aux réfractions le volume considérable qu’on donne aux astres au moment de leur lever et de leur coucher, alors qu’ils sont réellement plus éloignés de nous que quand ils sont au zénith. On regarde cette méprise comme un effet de perspective, mais les explications qu’on en donne ne sont point entièrement satisfaisantes.
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