‹ Résumé complet d'astronomie ... Par C. BaillyChapitre 38 sur 48 · DES INSTRUMENS · texte numérisé non relu

DES INSTRUMENS

comme celui-ci : cependant le lecteur n’aurait point une idée complète de la science , s’il était tout-à-fait étranger aux instrumens qui ont contribué à ses progrès et à la précision de ses observations. Nous ne mentionnerons que les principaux.

Certaines machines servent seulement à l’étude de la science et à l’explication des mouvemens célestes : tels sont les sphères , les globes , les planisphères , les planétaires , qui représentent aux yeux notre système du monde en petit, les machines qui réalisent les éclipses, etc. D’un grand secours pour l’enseignement de la science, elles n’ont point d’utilité pour les astronomes.

• Parmi les instrumens dont un observatoire doit être pourvu, on distingue principalement les chronomètres , les arcs divisés et les lunettes. C’est à l’invention de ces derniers instrumens, qui nous ont révélé la nature des astres et nous ont fait connaître une multitude de corps qui nous seraient demeurés inconnus pour jamais, qu’est due la découverte des satellites de Jupiter, de ceux de Saturne ; celle des nouvelles planètes, des nébuleuses , d’un nombre prodigieux d’étoiles, de fréquentes

comètes; celle des taches et de la rotation du soleil, des montagnes et des vallées de la lune et des planètes. Un observatoire doit en posséder de toutes sortes et de toutes dimensions; l’astronome , armé de ces instrumens , doit pouvoir à chaque instant porter un œil scrutateur dans toutes les parties du ciel. Dans le Traité de physique , on exposera la théorie et la construction des télescopes et des lunettes : ici , nous nous bornerons à dire qu’il en existe depuis les dimensions da quelques pouces , qu’on nomme repères , jusqu’à celles de 3oet 4o pieds. Herscliel a construit des télescopes qui avaient cette dernière longueur, et dont l’ouverture était plus considérable que celle , d’un tonneau : c’est avec ces instrumens qu’il a fait dans le ciel de si belles découvertes. A l’Observatoire royal de Paris , on voit dans la première salle un télescope dont les dimensions 11 e sont guère moindres; mais on y possède en outre une multitude de lunettes dont plusieurs ont jusqu’à 3o pieds de longueur :

leur pouvoir amplificatif n’est pas tout-à-fait aussi grand que celui des télescopes, mais elles font voir les objets d’une manière beaucoup plus distincte, et ne donnent point lieu

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à des illusions trompeuses. M. Arago les préfère sous tous les rapports, et ce sont à peu près les seules employées.

Une bonne lunette doit toujours être munie d’un micromètre ; ce petit instrument, pl. III, lig. il, qui a donné aux observations astronomiques la plus grande précision, est placé dans le corps même de la lunette. Composé d’un fil fixe et d’un fil mobile, qu’on fait mouvoir à l’aide d’une vis dont les tours indiquent l’éloignement ou le rapprochement des deux fils , cet instrument permet de déterminer rigoureusement le diamètre apparent d’un astre, l’instant de son apparition ou de son occultation. La plus grande perfection dans toutes ses parties est indispensable, et les fils doivent avoir une finesse extrême: ils sont ordinairement en platine, et, comme il serait impossible de les effiler à un assez haut degré de ténuité, en les enveloppe d’abord d’un cylindre d’argent ; on passe le tout ensemble à la filière , et ensuite, dissolvant l’argent dans l’acide nitrique, on obtient le fil de platine isolément et d’une finesse telle qu’un cylindre de métal d’un pouce de longueur, après avoir été ^tiré, ferait plusieurs fois le tour de Paris.

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Le quart de cercle ou quadrant , pl. III, fig.

7 , qu’on remplace généralement maintenant par le cercle répétiteur , est un des instrumens les plus utiles pour les observations astronomiques. C’est im arc de cercle divisé en degrés, minutes et secondes, et qui sert à prendre la hauteur des astres au-dessus de l’horizon : il est toujours accompagné de niveaux et de verniers : ce dernier appareil est destiné à indiquer les fractions des divisions. Le cercle répétiteur est employé principalement pour la détermination des latitudes. La lunette méridienne ou des passages , pl. III , fig. 8 , sert à reconnaître l’instant où un astre vient se placer dans le plan du méridien : elle ne se meut donc que dans la verticale ; les services qu’elle rend aux astronomes sont de tous les instans. Il faut admirer à l’Observatoire la parfaite exécution de ces instrumens, et voir quels soins infinis on prend toutes les fois qu’on s’en sert , afin de pouvoir regarder comme certains les résultats qu’ils accusent. . .

L 'équatorial ou machine parallactique , pl.

ni, %. 9, est un instrument composé d’un cercle et d’une lunette qui peuvent décrire

DES INSTRUMEXS

l’cquateur ou un parallèle à l’équateur, de manière à suivre les astres qui s’y meuvent.

L’instrument figuré, appelé observatoire portatif par les Anglais, est en outre muni d’un autre cercle, qui permet d’élever ou d’abaisser l’extrémité de la lunette ; il s’appelle cercle de déclinaison y et sert à mesurer la distance d’un astre à l’équateur; enfin un 3 e cercle mesure le mouvement horizontal.

Le sextant est encore un instrument de la plus grande utilité : il sert à prendre la hauteur et la distance de tous les astres. Muni d’un sextant, d’un bon chronomètre et d’une bonne lunette , le navigateur parcourt paisiblement les mers ; car il connaît exactement tout ce qu’il lui importe de savoir, et notamment les latitudes et les longitudes, les heures du jour et de la nuit, et par conséquent il est prévenu de l’approche d’un rescif dangereux ou du port qui doit le recevoir.

Enfin , un observatoire doit être pourvu de nombreuses pendules ou chronomètres et gardes-temps. Dans les observatoires fixes, les pendules astronomiques sont ordinairement construites sur les mêmes principes que les pendules ordinaires, mais avec beaucoup

plus de soins : elles ont leur cadran divisé en degrés, et pour la facilité des calculs, le plus souvent en dix heures seulement. En mer, on ne se sert que de montres marines :

l’illustre Bréguet, que les sciences et les arts ont récemment perdu, les construisait avec tant de perfection , qu’à peine variaient-elles de deux ou trois minutes dans le courant d’une année; son fils, qui partageait ses travaux, mérite bien de conserver son illustration.

Tels sont les instrumens qui font la base d’un observatoire astronomique; mais il en est un grand nombre d’autres qui ont des applications spéciales et qui s’y rencontrent fréquemment, comme les instrumens de physique servant aux observations météorologiques. On y voit ordinairement aussi des globes , des planisphères , des cartes de la lune , etc.

Tous les instrumens d’observation , fort simples dans leurs principes, sont ordinairement très-compliqués dans leur arrangement , afin d’éviter ou de diminuer les causes d’erreur, de placer l’instrument dans la position qu’il doit avoir, d’observer pendant la nuit ou pendant le jour un astre à peine

aa4 DES instrumens , etc.

visible , ou le soleil dans tout son éclat. C’est au perfectionnement continuel de ces moyens, qui accroissent et rectifient indéfiniment les facultés naturelles de l’homme, qu’est due eu grande partie la précision extrême de la science astronomique, la certitude des calculs, et les immenses découvertes qui, en peuplant le ciel des modernes d’une multitude d’astres jusqu’alors inconnus, et en ne lui laissant d’autres limites que l’infini, l’ont rendu si différent de celui des anciens.

BIOGRAPHIE

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