‹ Résumé complet d'astronomie ... Par C. BaillyChapitre 39 sur 48 · TANT ANCIENS QUE MODERNES · texte numérisé non relu

TANT ANCIENS QUE MODERNES

U astronomie est en ce moment le but des travaux d’un grand nombre de savans du premier ordre , qui , les uns par leurs observations f les autres par leurs calculs , d'autres par leurs écrits, lui font faire chaque jour de nouveaux et rapides progrès; mais les éloges mêmes que nous serions dans la nécessité de leur prodiguer, nous ont présent de ne parler dans cette Biographie que des astronomes qui n’existent plus.

ALBATEGNIUS, prince de Syrie, qui vivait vers 880, et habitait Racha en Mésopotamie; il s’occupa principalement de la correction des Tables astronomiques de Ptolémée , et se distingua par la détermination de la précession clés équinoxes et par l'observation du mouvement de Y apogée du soleil. Son ouvrage le pins remarquable est le Livre de la science des étoiles.

ALMAMOUN. Ce calife, fils d'Aaron-Al- Raschid, et qui régnait à Bagdad en 8; 4, fa*

BIOGRAPHIE

un des hommes qni s’occupa le plus d’astronomie dans le moyen âge. Outre qu’il encourageait les savans, il fit lui-même plusieurs observations : ainsi , il fixa X obliquité de l’écliptique à a3° 35', il fit construire des instrumens et mesurer un degré de la terre, dans la plaine de Singar sur les bords de la mer Rouge.

AN AXIM ANDRE, l’un des premiers philosophes grecs qui fit des recherches d’astronomie : il vivait vers 600 avant notre ère. On lui attribue l’invention ou du moins l’importation en Grèce du gnomon , et l’observation de X obliquité de V écliptique. Du reste, ses idées sur notre monde étaient bien bornées.

ARATUS, poète grec qui vivait vers 270 avant notre ère. U se distingua par son poème intitulé les Phénomènes et les Signes , dans lequel il donne la description des constellations. Il n’était point observateur, et M. Delambre relève un grand nombre d’erreurs dont son ouvrage est entaché.

ARISTARQUE de Samos , florissait vers l’an 260 avant J.-C. On reconnaît dans son ouvrage, intitulé Des grandeurs et des distances , plusieurs observations exactes et de bonnes méthodes géométriques. On dit qu’il partageait 1 opinion de l’immobilité du soleil.

ARISTYLLE et TIMOCHARIS. Ces denx as-

tronomes grecs vivaient vers l’an 3oo avant notre ère, et furent les premiers astronomes de la fameuse école d’Alexandrie qui , fondée sous les auspices de Ptolémée Pbiladelphe, fut le foyer central des connaissances jusqu'à l’invasion des Sarrasins en 65o. Ces deux astronomes commencèrent à mettre de l’exactitude dans les observations , et , en fixant l’époque où ils virent le bord de la lune toucher une étoile placée au front du Scorpion, ils contribuèrent puissamment à faire reconnaître le déplacement de la splière étoilée.

BACON (Roger). Pendant tonte la durée du moyen âge, l’astronomie fut abandonnée, et l’on n’en trouve que quelques éclairs chez les Arabes. Le moine anglais, Roger Bacon, au commencement du i3 c siècle, ressuscita ces études : il fit plusieurs travaux astronomiques , notamment sur les étoiles fixes , les rayons solaires , les phases de la lune, la réforme du calendrier.

BAILLY, né en 1736 . Il appartenait à une famille originaire de la Franche-Comté; sa vocation pour les sciences fut décidée par la connaissance qu’il fit de Lacaille , et son premier travail astronomique fut la rédaction des Tables de ce savant. Littérateur aussi distingué qu’érudit antiquaire, qu’illustre astronome, il n’envisagea point les sciences avec des idées rétrécies : il avança des opinions aussi profondes qu’ingé-

BIOGRAPHIE

nienses dans ses plus fameux ouvrages, I’Origine de l' astronomie , les Lettres sur l'atlantide de Platon y V Essai sur les fables et leur histoire y et surtout 1 * Histoire de l'astronomie ancienne. A part son idée privilégiée d’un peuple astronome primitif, ses ouvrages sont remplis de recherches curieuses et importantes, exposées avec tout l’agrément de style d’un sujet moins sévère. Seul depuis Fontenelle, il appartint aux trois Académies. Conduit par son mérite transcendant à la charge de maire de Paris et à la présidence de l'Assemblée nationale, il y porta un caractère modéré qui, à cette époque de désastreuse mémoire, ne pouvait le mener ailleurs qu’à la mort. Condamné par un tribunal de sang, le io novembre 179.3 , il fut massacré par une vile populace ameutée contre lui. De Lalande lui rend ce témoignage : « Jamais savant « ne s’est distingué de tant de façons différentes « et n’a réuni tant de titres de gloire et tant « d’espèces d’applaudissemens. »

BAYER , astronome allemand, qui vivait à la fin du 16 e siècle. Son Uranomêtrie rendit un grand service à la science, en donnant un atlas céleste complet, et en indiquant, au moyen de lettres et de numéros, la grandeur apparente des étoiles de chaque constellation : il a fourni par là le moyen de reconnaître les variations d’un grand nombre de ces astres.

B OU G U ER , l’un des académiciens français envoyés au Pérou en 1^35 pour mesurer un degré du méridien ; Godin et la Condamine étaient ses compagnons. Leurs travaux servirent à la détermination de la figure de la terre sur laquelle Bouguer a écrit un Traité; il est de plus l’inventeur de l’ héliomètre , instrument qui permet de

mesurer exactement le diamètre du soleil.

BRADLEY succéda , comme chef de l’Observatoire de Greenwich au docteur Halley, en 1742. Ce fut un des meilleurs observateurs, et les Tables lunaires qu’il dressa sont d’une grande perfection. Il s’illustra par la decouverte de V aberration de la lumière et de la nutation de l’axe de notre globe.

CAMUS (Le). Voyez Maupertuis.

CASSINI (Dominique). Appelé en 1C69 par Louis XIV, lors de la fondation de l’Académie des sciences, il fut le chef de cette famille qui de père en fils illustre la France. Premier directeur de l’Observatoire, il y lit un grand nombre de découvertes importantes, telles que la théorie des satellites de Jupiter, la rotation de cette planète ainsi que de Mars et de Vénus, l’oLservation de quatre des satellites de Saturne. On lui doit aussi une Table des réfractions et une Théorie de la libration de la lune.

U Académie des sciences de Paris , dont le premier noyau fut rassemblé par le P. Mersennc,

BIOGRAPHIE -

et qui fat établie sous le ministère de Colbert , a fait faire d’immenses progrès à toutes les sciences et surtout à l’astronomie; un grand nom* bre de découvertes continuent de jaillir chaque jour de cette source inépuisable de savoir.

CASSINI II, vers 1700, prolongea jusqu’à Perpignan le méridien de Picard et en consigna le travail dans un ouvrage intitulé Grandeur et figure de la terre ; mais l’inexactitude des mesures le conduisit à la conclusion erroné» de l’allongement de la terre vers les pôles.

CLAIRAUT. Voyez Maupertuis. Son principal ouvrage est une Théorie de la figure de la terre. Ses calculs ont aussi servi à rectifier les Tables lunaires.

CONDAMINE (de la). V oyez Bouguer.

COPERNIC. Ce célèbre astronome prussien , qui florissait en 1507 , d’abord médecin, puis théologien, reconnut toute la fausseté du système de Ptolomée. Le premier, il rappela l’attention sur les opinions des Pythagoriciens qui croyaient à l’immobilité du soleil et à sa position centrale , et il chercha , par ses observations, à en donner des preuves. L’ouvrage qui renfermait des doctrines aussi extraordinaires pour cette époque , dédié au pape Paul III , ne parut qu’au moment de la mort de l’auteur en i 543 ;ilest intitulé : Des Révolutions des Globes célestes.

DES ASTRONOMES. ali-

DELAMBRE , né à Amiens, en 1749* Ce n’est qn’à l’âge de 36 ans qu’il commença à s’occuper d’astronomie et à suivre les cours de Lalande. Celui-ci disait que cet élève était son meilleur ouvrage , et en effet, Delambre fut un des plus ‘laborieux et sera un des plus illustres astronomes. Ses premiers travaux furent des Tables de Jupiter, puis de Saturne et de leur* satellites, et enfin d’Uranus qu 'Horschel venait de découvrir: le premier il mit à même de calculer les élémcns de cette nouvelle planète. Eu 1792 il s’occupa , de concert avec Mêchain , de la mesure de la méridienne de France , depuis Dunkerque jusqu’à Perpignan, et ce travail qui a servi de point d’appui au nouveau système de mesures et a enfin décidé la question de la figure de la terre, est consigné dans un ouvrage intitulé I-ase du système métrique. Les autres ouvrages importans de Delambre sont indiqués dans le catalogue, mais on lui doit en outre une foule de Mémoires : pendant 20 ans il a rendu compte des travaux de l’Académie des sciences pour la partie mathématique. 11 ne cessa de s’occuper d’astronomie jusqu’à sa mort, qui arriva le 19 août 1822.

DESÇARTES. Cet illustre philosophe, qui vivait en i 6 oo v s’est à jamais immortalisé par ses travaux en physique, en géométrie et surtout en métaphysique; mais son système des

s3l BIOGRAPHIE

Tourbillons ne peut soutenir un examen approfondi. On lui doit quelques observations , et ses méthodes de calcul ont contribué à l’avancement de l’astronomie.

DI 0 N 1 S DU SÉJOUR, né à Paris en 1734.

Sa naissance le fit conseiller au parlement, et son goût astronome et mathématicien ; mais il sut toujours conduire de front ces doubles travaux qui semblent incompatibles, et mérita autant d’illustration comme magistrat que comme savant. Son premier ouvrage astronomique , commun avec Godin , traite de la gnomonique , des rétrogradations des planètes et des éclipses de soleil ; bientôt après , en 176», il fut reçu associé libre de l’Académie. Son Traité analy tique des mouvement des corps célestes, son Essai sur les comètes et sur l’anneau de Saturne sont des ouvrages importans. Du Séjour mourut en 1794.

URÀTOSTHÈNE , poète , grammairien, philosophe, géomètre, géographe et astronome, cet illustre Grec est le premier fondateur de l’astronomie exacte : il florissait vers 200 avant J.-C. Il construisit plusieurs instrumens astronomiques et notamment les armilles à' Alexandrie, Comme astronome , il se distingua par la mesure de Y inclinaison de V écliptique , qu’il trouva de a 3 ° 5 i r xg" 5 , et parcelle delà terre au moyen de la mesure d’un degré du méridien auquel il attribua 700 stades: malheureusement.

DES ASTRONOMES. a33

nous ignorons la valeur de ce stade. On possède de lui un Traité des 44 constellations établies de son temps : il est intitulé les Catastérismes.

ELCLIDE, plus géomètre qu’astronome , est mort en l’an 284, avant notre ère. Ses propositions géométriques sont souvent citées, et lnimérae en a fait de nombreuses applications à l’astronomie. On lui doit le Livre des phénomènes , dans lequel il décrit les cercles de la sphère , leurs rapports, leurs proportions dans le ciel, et donne une idee de l’astronomie telle qu’elle était de son temps.

EUDOXE, de Cnide en Grèce, florissait vers l’an 370 avant J.-C. : il se fit une grande réputation comme astronome, notamment par la sphère qui porte son nom et qui parait une des plus anciennes. Ses ouvrages sont perdus , mais ils paraissent avoir été en partie copiés par Aratus.

FLAMSTEED , fut le premier directeur de l’Observatoire de Greenwich, achevé 5 ans après celui de Paris, c’est-à-dire en 1676. C’est aussi de cette époque que date la Société royale de Londres, qui n’a pas rendu aux sciences et à l’astronomie moins de services que l’Académie de Paris. On doit à Flamstecd le plus grand catalogue d’étoiles qui ait été dressé, et un atlas détaillé des constellations.

FONTENELLE, l’ingénieux auteur de la Plu-

BIOGRAPHIE

ralité des mondes , vivait en 1700 : alors cette opinion toute nouvelle ne pouvait être présentée que sous la couleur du doute ; mais en répandant des grâces sur ces matières abstraites, il sut les rendre populaires et contribua de la sorte aux progrès de l’astronomie. Son esprit n’était étranger à aucune connaissance.

GALILÉE, né à Pise, célèbre comme physicien, comme mécanicien et comme astronome. Il perfectionna, au commencement du 17 e siècle, les télescopes récemment inventés , et il en obtint les plus beaux résultats. Armé de ces nouveaux instrumens qui rendent l’œil de l’homme si puissant, il découvrit les montagnes de la lune, les satellites de Jupiter, l’anneau. de Saturne; bientôt après il aperçut les taches du soleil et il détermina la rotation de cet astre ; enfin il reconnut que la voie lactée et plusieurs nébuleuses étaient des amas d’étoiles. Il soutint et développa , d’une manière victorieuse , le système de Copernic. Pourquoi faut-il que deux fois, un tribunal qui croyait la l’eligion menacée par cette opinion, l’ait condamné à rétracter ce qu’il avait démontré? elle tourne cependant , disait ce grand homme , en frappant la terre du pied au sortir de sa prison !

GASSENDI, célèbre philosophe qui florissait en France à la fin du 16 e siècle et fut l’antagoniste de Descartes. « Antiquaire, historien,

« biographe , physicien , naturaliste , astronome , « géomètre, anatomiste, prédicateur, métaphy- « sicien, helléniste, dialecticien, écrivain élé- « gant, érudit guidé par une sage critique , il « a parcouru le cercle presque entier des sciences « et des arts, à une époque où les sciences et « les arts venaient seulement de renaître (i). » Comme astronome on lui doit l’observation du passage de Mercure sur le disque du soleil , celle des occultations des satellites de Jupiter, et de nombreux Mémoires, la plupart réunis dans ses œuvres astronomiques .

GODIIV. V oyez Bougcer.

GRIMALDI vivait au commencement du 17 e siècle. L’astronomie lui doit des observations sur la position, l’aspect et les grandeurs relatives des étoiles, ainsi que sur les taches de la lune : c’est lui qui les a désignées par les noms des plus illustres astronomes, dénominations qui sont généralement adoptées dans les sélénographies.

HALLEY. Cet astronome anglais, contemporain d 'Hcvélius et de Flamsteed , entr’ autres travaux astronomiques, s’illustra par la première prédiction du retour de la comète de 1682, qui reparut en effet en 17 59. Il fit un voyage à Sainte-Hélène pour observer le ciel

(1) De Gérando , Biographie universelle.

BIOGRAPHIE

austral , et indiqua le passage de Vénus comme moyen de déterminer la parallaxe solaire.

HERSCHEL, né à Hanovre en 1738. Il fut d’abord musicien, et se distingua dans celte profession qu’il remplit jusqu’en 1774 dans diverses villes de l’Angleterre; mais, s’étant appliqué à l’étude de l’astronomie et des mathématiques, et ses moyens ne lui permettant pas d’acheter un télescope, il résolut d’en construire lui-même , et c’est, ce qui lui valut ces instrumens prodigieux avec lesquels il fit de si belles découvertes. Il avait déjà fait d’importantes observations sur les montagnes de la lune et les mouvemens de rotation des planètes ; mais ce qui le rendit célèbre dans toute l’Europe, ce fut la découverte de la nouvelle planète Uranus ou Herschel ( Georgium sidus ), regardée jusqu’à lui comme une étoile. Dès-lors il se voua entièrement à l’astronomie et parcourut toutes les parties du ciel avec ses puissans télescopes : il y fit des découvertes immenses. Un catalogue qui contient plusieurs milliers d’étoiles changeantes et multiples ainsi que de nébuleuses , des observations sur les taches de toutes les planètes, l’observation des satellites d' Uranus et de leurs élémens, celle des mouvemens propres des étoiles, et en particulier de la translation du soleil vers la constellation d’IIercule, ne donnent qu’un bien faible aperçu de ce que la science

lui doit. Il a émis dans ses Mémoires , dont nous donnons les titres dans le catalogue, les idées les plus profondes sur l’arrangement et la formation des mondes. Cet astronome, à jamais illustre, est mort à Londres, à l’âge de 84 ans, le 25 août 1822.

HÉVÉLIUS, magistrat de Dantzick. Il lit un nombre immense d’observations de 1641 à iG 85 . A ses frais, il construisit et pourvut d’instrumens un observatoire. On lui doit une sélénographie , plusieurs instmmens, et un catalogue d’étoiles pour lequel il créa plusieurs nouvelles constellations. L’édition presque entière de ses œuvres fut consumée dans un incendie.

HIPP ARQUE de Rhodes ou le Bithjrnien , vivait vers i 5 o avant J.-C. C’est le plus illustre astronome des anciens et le seul qui ait donné à la science des fondemens solides ; le premier il découvrit Y excentricité des orbites planétaires et plusieurs des inégalités lunaires. Ses observations lui permirent de fixer la durée de l’année avec une grande précision : il fit un recueil de toutes les éclipses observées par les anciens Chaldéens et Égyptiens, et détermina le mouvement des étoiles dû à la précession des équinoxes; mais son travail le plus important est son catalogue d'étoiles , dressé dans l’intention de faire reconnaître s’il n’en apparaît point de nouvelles : ce catalogue, transmis par Ptoférnée,

BIOGRAPHIE

contient les longitudes, les latitudes et les grandeurs apparentes de 10 2 a étoiles pour l’an* née 128 avant notre ère. *

HUYGENS, né à La Haye en 1625 et appelé en 1670, par Louis XIV, dans le sein de l’Académie des sciences; très-peu d'hommes ont aussi bien mérité des sciences : ses recherches en optique sont surtout de la plus haute importance. L’astronomie lui doit l’application du pendule aux horloges, et la découverte du 4 e sa* tellite de Saturne, ainsi que de l'anneau de cette planète que Galilée avait aperçu, mais sans l’expliquer. »

KÉPLER , né dans le Wurtemberg ; ses travaux datent de la fin du 16 e siècle. Ses calculs lui firent découvrir bientôt que les planètes ne décrivaient pas des orbites circulaires et n’avaient pas une vitesse ujniforme ; enfin , après des recherches immenses, il reconnut ces trois lois admirables (Voyez le Traité, pag. 204) qui sont la hase de toute l'astronomie. C’est un des hommes dont les travaux ont le plus contribué à l’avancement et à la certitude de la science.

LAC AILLE. Ce célèbre astronome s’est illustré par ses observations et par ses ouvrages. Il a composé et réformé de nombreuses tables astronomiques. Dans son voyage au cap de Bonne- Espérance, entrepris en 17 5o, il a dressé le catalogue complet des étoiles de V hémisphère austral ,

DES ASTRONOMES. i3g

et c’est le plus important service qu’il ait rendu à l’astrononaie : il a encore vérifié et rectifié les degrés du méridien de France, travail qu’il a consigné dans la méridienne 'vérifiée que M. Dclambrc considère comme un des meilleurs ouvrages sur ces matières.

LAHIRE (de), astronome français qui florissait vers 1700. Outre des travaux relatifs à la mesure du méridien et une multitude d’ouvrages de géométrie et de mathématiques , on lui doit un planisphère et des tables astronomiques fort estimées. C’est lui qui a prolongé le méridien de Picard jusqu'à Dunkerque.

LALANDE (de), né en 17 3 a, à Bourg-en- Bresse; il fut d’abord destiné au barreau, mais, en suivant les cours du collège de France, le goût des sciences et surtout de l’astronomie, s’empara de son esprit. Sa liaison avec le Maunier et hacaille contribua à rendre ses progrès fort rapides, et, avant l’àge de 2 1 ans, il fut envoyé à Berlin pour déterminer la parallaxe de la lune. Nommé à l’Académie en 17 53 , de Lalande ne cessa, pendant toute sa vie, qui se termina en 1807, de s’occuper d’astronomie, soit par des ouvrages, soit par des Mémoires, des calculs, des observations, des annonces. Sa passion était de populariser son nom, et pour cela il chercha tous les moyens de propager la science. Sous ce rapport il a sans doute contri-

BIOGRAPHIE

bué aux progrès de l’astronomie, et c’est spécialement par ses cours et ses traités complets et abrégés qu'il méritera toujours une place distinguée parmi les astronomes.

MAUPERTUIS, fut un des astronomes envoyés en 1736, par l’Académie des sciences de Paris , pour mesurer un arc du méridien en Laponie. Comme géomètre et mathématicien, on.

lui doit des travaux importans.

MÉCHAIN, né à Laon en 1745. Ce fut de Lalande qui l'encouragea dans ses études astronomiques : elles eurent d’abord pour objet l’observation des comètes et le calcul de leurs orbites; en même temps qu’Herschel et d’après l’idée du président Saron , il traita Uranus comme une planète. Nommé membre de l’Académie des sciences, il ne cessa de faire une multitude d’observations de tout genre ; mais il s’est principalement illustré par la mesure de la méridienne qu’il fit de concert avec Dclambre. Il voulut la prolonger jusqu’aux lies Baléares; mais c’est dans ce voyage, en i 8 o 5 , qu’il périt de la fièvre jaune. Il n’a écrit que dans la Connaissance des temps et dans la Base du système métrique .

METON. Ses travaux, exécutés de concert avec Euctémon 1 datent de l’an 43 o environ avant J.-C. C’est à lui qu’est due la première observation exacte du solstice d'été. On lui attribue aussi l’établissement du crc/e lunaire de 19 ans , et la

fixation de l’époque des saisons au moyeu du lever et du coucher des étoiles.

MONNIER (le), fut un des académiciens envoyés en Laponie dans l’année 1736 pour la mesure du méridien. On lui doit plusieurs catalogues d’étoiles, et il a proposé plusieurs nouvelles constellations.

MORIN. Cet observateur français s’occupa principalement du perfectionnement des instmmens astronomiques. On lui doit l’application des lunettes aux arcs divisés, ce qui rendit les mesures et plus faciles et plus précises. Le premier, en 1 63 5 , il observa les étoiles et les planètes en plein jour.

MULLER (Jean) ou Régio-Montan , de Montéreggio, ville de Franconie, vivait en 147 1. Successeur de Purbach, il compléta XEpitomc de V Abnageste commencé par ce dernier. Il fit construire divers instrumens astronomiques et notamment un astrolabe armillairc. Ses écrits renferment une théorie des mouvemens des planètes et des comètes, et un Traité de trigonométrie.

NEWTON. Cet illustre savant, né en Angleterre en 1643, aussi bien en physique qu’en astronomie , semble éclipser la gloire de tous ses devanciers. Ses immortels travaux, consignés dans le Livre des principes } ont pour jamais

BIOGRAPHIE

changé, la face de la science. En renaissant par un lien commnn les lois de Kepler, en montraut qu’elles sont le résnitat d’un principe universel, la gravitation , il a fondé le système du monde sur des bases solides : les mouvemens des planètes , des satellites et toutes leurs inégalités ; le mouvement de la terre et son aplatissement ; le retour des comètes , les marces , furent autant de conséquences immédiates de sa loi fondamentale de l' univers. La pré cession des équinoxes même en découla naturellement.

Newton plonge, il poursnit, il atteint cet grands corps, Qui jusqu'à lui, sans lois, sans règles, sans accords , Roulaient désordonné* sons les \oAlcs profondes.

De ces brillans chaos Newton a fait des mondes.

Atlas de tous ces cieux qui reposent sur lui ,

11 les fait l'un de l'autre et la règle et l'appui.

O pouvoir du génie et d'une Ame divine!

Ce que Dieu seul a fait. Newton seul l'imagine ;

Et chaque astre répète , en proclamant leur nom ,

Gloire au Dieu qui créa les mondes et Newton!

Deullc, Trois règnes.

PICARD. C’est à ce savant, qui mourut à la fin du 17 e siècle, qu’on doit la première mesure exacte d’un arc du méridien , et c’est à Amiens qu’il la fît : dans cette opération, il commença à faire usage des moyens trigonométriques , déjà employés par Sncllius, et il leur donna plus de précision.

PUSCRÉ. Ce savant s’est principalement oc-

cupé de recherches et de calculs sur les passages de Vénus sur le soleil dans les années 1761 et 1769, et ses travaux à cet égard ont été utiles à la science. Il est auteur d’un ouvrage estimé et alors très-complet sur les comètes, intitulé Cometo graphie.

PTOLEMEE, fl orissa it à Alexandrie au com- t

mencement du 2 e siècle de notre ère : l’astronomie fit peu de progrès depuis Hipparque jusqu’à lui. Ptolémée fonda le système du ■

monde qui nous place immobiles au milieu de tous les mouvemens célestes , système qui do mina sans contradiction et presque sans examen jusqu'à Copernic. Il est lout-à-fait erroné, mais Y Almageste, ouvrage dans lequel Ptolémée le développe, n’en est pas moins précieux par f*

le nombre des observations qu’il renferme : c’est le livre le plus important de l’astronomie an- *

ciennc ; il a été récemment traduit avec des notes , par M. l’abbé Halma.

PYTHAGORE. Cet illustre philosophe, dont la doctrine demeure environnée de ténèbres , parce qu’il ne l’a communiquée qu’à quelques f

adeptes, avait puisé scs connaissances en Egypte et dans l’Inde : il vivait vers 53 o avant notre ère. Ses idées sur l’univers étaient grandes et justes : il admettait le mouvement de la terre autour du soleil et le mouvement de rotation sur l’axe ; il pensait que la lune était habitée et

BIOGRAPHIE '

n’était visible qne parce qu'elle réfléchissait la lumière du soleil ; enfin , que les étoiles étaient des mondes; mais ce beau système demeura enfoui et ignoré jusqu’à Copernic.

RICCIOLI, vivait au commencement du 17 e siècle. Ses travaux se sont principalement dirigés vers l’observation des astres, et on lui doit de bons catalogues d’étoiles, plusieurs nouvelles constellations et une Sé/énographie très-complète. Son principal ouvrage porte le titre de Nouvel Almageste.

RICHER. Envoyé à Cayenne en 167 a pour diverses observations, il reconnut que son horloge à pendule retardait ; cette observation prouva que l’équateur est plus éloigné que les pôles du centre de la terre, et fit trouver la valeur de son aplatissement.

ROCIION , né à Brest en 1 7 4 1 • La physique lui doit d’importans travaux, et il a fait plusieurs voyages intéressans. En astronomie , il s’est spécialement occupé de son application à l’art nautique et du perfectionnement des instrumens. Son chef-d’œuvre, dit M. Delambre , est son Micromètre de cristal de roche , il suffirait pour faire vivre sS mémoire. Admis à l’Académie en 1 7 7 1 , il termina sa carrière en 1817.

RQEMER. Ce physicien danois, né en 1644* et qui s’établit eu France en 1772, rendit un

grand service à l’astronomie en découvrant, » par l’observation des occultations des satellites de Jupiter, la vitesse de la transmission de la lumière. Cette découverte suffira pour l’illustrer à jamais, et elle a fait à peu près oublier ses autres travaux.

SOSIGÈNES. Ce fut cet astronome que Jules César, l’an 45 avant J.-C. , appela d’Égypte pour réformer le calendrier romain. On ne connaît point ses autres travaux.

TIMOCHARIS. Voyez Aristylle.

TYCHO-BRÀHE , de la province de Scanie , en Danemark, et d'une famille noble et fort riche; il commença ses observations vers i56o, avec le Landgrave de Hesse, zélé protecteur de l’astronomie. En 1571, ayant découvert une nouvelle étoile dans Cassiopée , cela l’engagea à refaire le catalogue d’Hipparque, et il fixa les positions de 777 étoiles. Bientôt après , il obtint du roi de Danemark l’ile d’Huène , située en face de Copenhague, poury établir l’Observatoire d’Uranibourg. Là , il réunit tous les instrumens connus de son temps, et fit une multitude d’observations de la plus haute importance, puisqu’elles ont servi de bases aux calculs de Kepler. Il tenta de renverser le système de Copernic , en supposant que le soleil , entraînant toutes les planètes , circulait autour

*46 BIOGRAPHIE y etC.

. > de la terre: mais ce système eut peu de succès

auprès des astronomes.

Plusieurs hommes, qui se sont occupes d’astronomie, mais d’une manière secondaire, et sont plus illustres par leurs travaux dans d'autres sciences, seront mentionnés dans la Biographie de ces sciences. On rencontre notamment des astronomes parmi les physiciens , les mécaniciens, les géomètres, les mathématiciens et vice versa.

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