‹ Résumé complet d'hygiène privée, ou exposition des moyens propres à maintenir les fonctions de nutrition, de relation et de génération, dans le meilleur état de santé possible ... Par m. le docteur Meirieu; revu par m. le docteur Léon SimonChapitre 10 sur 57 · DES AGES · texte numérisé non relu

DES AGES

riche et moins excitant ; les fonctions digestives sont lentes et pénibles. Aussi , peu d’alimens doivent -ils suffire au vieillard, qui, ainsi que l’a remarqué Hippocrate, supporte le jeûne plus facilement qu’à aucune autre époque de la vie.

L’intelligence-perd également de sa force et de son activité. Néanmoins ce fait, quoique vrai en général , est susceptible des plus honorables exceptions. De tout ce qui précède, il résulte que le vieillard qui aspire à terminer sa carrière sans orage doit prendre les plus grandes précautions; qu’il ‘doit surtout être très-réservé 'dans le choix et la quantité desalimens qu’il prend; qu’il doit éviter un repos trop absolu, et résister, autant que ses forces le lui permettent, au désir qu’il éprouve de ne se donner que peu de mouvement.

§ II,.— Des scxest

* De même qu’il existe une différence naturelle dans l’organisation des deux sexes, différence qu’il appartient .à la physiologie «de déterminei* ; de même , les préceptes hÿ-

giéniques, quoique souvent les mêmes pour l’un et l’autre sexe, varient cependant quelquefois, soit qu’il s’agisse de l’homme ou de la femme. Kn effet, l’époque de la puberté et l’époque critique exigent des précautions et l’observance de certaines règles qui ne sont, point applicables à l’homme, et que nous détaillerons à l’article menstruation.

Et même dans le cours ordinaire de la vie .

avant d’astreindre la femme à une règle de conduite, quelle qu’elle soit, faut-il apprécier avec rigueur quelle influence elle pourra avoir sur Jes organes reproducteurs. Or, toutes les différences que présentent les sexes se réduisent en dernière analyse au point important que nous venons de signaler, et consistent à éviter que l’utérus se trouve trop vivement excité , ou tombe dans un état de langueur; conditions opposées qui amènent le même résultat, la diminution ou la cessation de l’écoulement menstruel.

§ III . — Des ternpéramens.

Ce mot désigne la prédominance de certains systèmes généraux, prédominance qui.

DES TEMPERAMENTS. 29:

bien que compatible avec l’état de santé, n’en modifie- pas moins d’une mapière notable toutes nos fonctions.

Jusqu’à ces derniers temps on ne reconnaissait que quatre sortes de tempéramens, que l’on désignait sous, les titres de tempérament sanguin , tempérament bilieux , tempérament nerveux et tempérament lymphatique .

Mais, de nos jours, M. Bégin (i) a proposé de reconnaître autant de tempéramens qu’il y a d’organes ou. de systèmes d’organes qui peuvent prédominer sur l’ensemble et modifier l’organisme entier. Ainsi il admettait des prédominances utérine, gastrique, hépatique, etc. Si l’on réfléchit combien il est rare que l’observation vienne justifier la division des anciens, on reconnaîtra la nécessité de refondre en entier la théorie des tempéramens; mais l’état actuel delà science ne permet pas encore .de tenter cette entreprise dont l’utilité est incontestable ; nous nous en tiendrons donc à l’ancienne di- ' vision.

Tempérament sanguin. Il est dû à la prédominance de l’appareil de la sanguification,

(1) V. Principe! généraux de Physiologie pathologique.

3o NOTIONS GENERALES,

et par conséquent- prédispose singulièrement aux maladies inflammatoires. Les individus de ce tempérament devront donc éviter toutes lès causes d’excitation qui, en donnant trop d’activité à la circulation, et par conséquent à l’hématose, les exposent aux congestions sanguines, dont le siège varie selon l’âge. A cet effet, ils doivent éviter lqg fatigues, les excès de tout genre, et fuir la vie oisive et sédentaire. • '

Tempérament bilieux. Ce tempérament est caractérisé par l’énergie et la susceptibilité de l’appareil gastra-liépatique, et par conséquent favorise le développement des ma-, ladies du foie et du tube digestif. Une alimentation douce et rafraîchissante, l’abstinence de foutes liqueurs spiritueuses et stimulantes, seront donc les moyens les plus propres •à contre-balancer la fâcheuse influence de cette condition physiologique.

Tempérament nerveux. On le reconnaît à une trop grande excitabilité de tout l’arbre nerveux,, et en particulier de l’encéphale.

11 facilite singulièrement le développement des maladies nerveuses, 'maladies contre lesquelles la médecine ne possède que fort

DES TEMPERAMEKS.

peu de moyens rationnels. Les précautions que doivent observer les personnes qui vivent sous l’empire de ce tempérament , se réduisent à éviter l’action de tous les modificateurs qui tendent «à accroître la vitalité d’un appareil qui jouit déjà d’une trop grande énergie. Ainsi ils devront fuir les trop fortes émotions, les travaux intellectuels trop longtemps soutenus, et devront s’abstenir de tous !e$ excitans qui portent plus spécialement leur action sur le système nerveux , tels que les liqueurs spiritueusès , le thé et le café, etc. Ces préceptes seront indiqués avec plus de détail dans le cours de cet ouvrage (i).

Tempérament lymphatique. On le. reconnaît au développement énorme des ganglions et> des vaisseaux blancs, à l’abondance de la lymphe, à la faiblesse de presque tous les ’ systèmes et appareils. Les maladies scrofuleuses , dont le nombre est si considérable dans nos grandes cités, et le rachitisme , sont surtout les maladies qui résultent de cette fâcheuse prédominance qu’il est sj

( 1 ) V. Prciuièft partie ajrt. Aliment. presque toute la sy- •omlc partie-

difficile de combattre. Si cependant on veut prévenir le développement des affections que nous venons d’indiquer, les moyens les plus propres à atteindre ce but, sont; ' l’habitation dans un lieu chaud et sec ; entretenir l’activité de la peau en la couvrant de vêtemens de laine ; une alimentation substantielle, sans être trop abondante; un.

exercice soutenu. dans un endroit chaud et exposé à l’action des rayons solaires; des frictions sèches générales fréquemment répétées.

Il est très-rare, ainsi qiiç nous l’avons dit,, 'de rencontrer chacun de ces tempéramens isolément sur un individu; le plus souvent ils se mélangent ; mais alors , comme il n’y ♦ a pas de prédominance bien tranchée, il n'y a point de précepte hygiénique spécial à indiquer.

A côté des tempéramens, viennent se ranger les innombrables prédominances organiques , que l’on a appelées Idiosyncrasies, et qui résultent de ce qu’un organe, un système ou un appareil, jouissent d’une très-grande énergie par rapport aux autres.

Ici, il n’y a point de règle générale à établir

DES TEMPÉBOIENS. 33

puisque toutes ces anomalies sont individuelles; il n’y a donc que l’œil exercé du xnédedin praticien qui puisse en apprécier la valeur, en déterminer l’influencé , en combattre les effets.

§ IV. — Des habitudes.

On a beaucoup exagéré l'empire de l’habitude, et cependant nier complètement son influence serait tomber dans un excès opposé. Il est de fait que la fréquente répétition des mêmes actes ou des mêmes impressions , qui constitue X habitude, ainsi que Locke l’avait déjà observé, finit par rendre nos organes susceptibles de ressentir le besoin d’opérer les mêmes actes à des intervalles marqués. C’est ce que prouve le changement de climat , de profession , de vêtement, d’alimentation. Dans toute application hygiénique, X habitude est donc un élément qu’il faut prendre en considération , non pas que nous entendions par là qu’il faille toujours la respecter lorsqu’on a reconnu qu’elle peut entraîner à de graves conséquences , mais au contraire qu’on doit la

uygiène. 3

34 NOTIONS GÉXKR Al.ES.

changer en y procédant graduellement , et en sachant que le temps est un des moyens les plus puissans pour en triompher. Si une habitude quelconque peut être changée ou détruite , son empire n’est point absolu ; il n’est donc point de précepte hygiénique

qui lui soit absolument applicable.

§ V. — Des professions.

• Pour l’hygiéniste, toutes les différences quje présentent les professions se rapportent aux différens organes ou systèmes d organes qu’elles tiennent exclusivement ou presque exclusivement en action. Ce sera donc en traitant de l’hygiène de chacun de ces organes ou appareils que nous aurons à nous occuper de leur influence sur la santé. Néanmoins , du moment où nous avons admis en thèse générale qu’une profession ne devenait nuisible que parce qu’elle exige, de la part de celui qui l’exerce, un usage trop absolu: des mêmes organes, nous devons également établir comme loi générale, Ta nécessité où se trouvent tous ceux qui se livrênt à un travail quelconque, de varier, «autant qu’il est en eux, leurs occupations, deréser-

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