‹ Résumé complet d'hygiène privée, ou exposition des moyens propres à maintenir les fonctions de nutrition, de relation et de génération, dans le meilleur état de santé possible ... Par m. le docteur Meirieu; revu par m. le docteur Léon SimonChapitre 9 sur 57 · GENERALES · texte numérisé non relu

GENERALES

BiEîf que sur les divers points -que nous avons à traiter dans ces prolégomènes, nous ne voulions pas répéter 1 ce qui a .été dit dans le Résumé de Physiolo.gie (i), nous? serons néanmoins Sans la nécessité de donner une idée de ce que l’on doit entendre par les mots âges, tempèramens, etc. Ces diverses conditions physiologiques, que certains médecins ont regardées comme un pre mier pas -vers la maladie , prédisposent en effet évidemment à certaines affections pathologiques, et exigent l’observance de certaines règles qu’il convient d’indiquer.

§ I er . — Des âges .

On donne le nom d’âge aux mutations diverses- que présentent les corps vivans pendant’ le temps qi*i sépare P époque de la

(i) Ih'sumé de Piiysioi.ogib par M. le docteur Laurence!, 1 ïul. 5 tr. 5o «etil .

notions générales. .

naissance de celle de la mort naturelle. Ces changemens ou métamorphoses de la vie, comme les appelle Linné, progressivement amenés par le temps, partagent la durée de ‘l’existence en plusieurs périodes distinctes, faciles à apprécier. Ces phases sont au nombre de quatre , Ye'nfance , la jeunesse ,

Y âge adulte et la 'vieillesse. ^

Dans t enfance, les fonctions qui jouissent de plus d’activité, et qui par conséquent sont le plus susceptibles d’être troublées par les modificateurs externes, sont les fonctions digestives et cérébrales. Aussi est-ce à cet âge- que l’on rencontre une très - grande quantité de maladies inflammatoires de ces organes, surtout à l’état aigu. L’accroissement du corps étant la principale fonction de l’enfant ,-jl ne faut pas s’étonner qu’il en soit ainsi ; et le travail de la dentition explique comment le cerveau devient si souvent alors un centre permanent de fluxions, et le siège de maladies nombreuses et souvent meurtrières. Et comme les sympathies sont d’autant plus actives que 1 individu est moins avancé en Age, du moment où, chez l’enfant, l’un des organes importans à la vie

• DES AGES. a 3

est plus on moins modifié, les autres ne

tardent pas à l’étre. Or, il conviendra de tenir un compte rigoureux de cette extrême susceptibilité de l’enfance, des prédominances digestives et cérébrales qui sont propres à cet âge ; et les moyens généraux d’en contre - balancer l’èffct devront .consister principalement dans le soin qu’on apportera dans le choix -des alimens qui leur seront donnés , et à soustraire le cerveau à toutes les causes générales d’excitation , ainsi quff nous le dirons avec plus de détails lorsque nous traiterons de l’alimentation et de l’éducation physique. • t

De î adolescence. Il ne nous appartient pas de revenir sur ce qui a été dit des révolutions qui s’opèrent dans l’homme â cette époque de la vie (i). Mais comme c’est alors que se manifeste dans les deux sexes le besoin de se rapprocher pour concourir à la grande loi de la reproduction , c’est à ce moment qu’on observe des phénomènes qui, surtout chez les jeunes filles, exigent une attention particulière; car la plus légère imprudencé pouvant empêcher l’irpuption des

{i ) Voir la Piitiiolocib.

ï4 NOTIONS GENERALES.

règles on en interrompre 1» retour périodique, il en peutrésulter des maladies trèsgraves qui souvent décident du reste de la vie. Chez La femme, cette époque est surtout remarquable par les changemens .qui s’opèrent dans son caractère. Elle éprouve de la répugnance pour ses occupations habituelles , resseUt le besoin de la solitude ; elle est morose, pleure souvent sans sujet, a de vagues désirs; en même temps elle «prouve des maux Je tête, quelquefois des vertiges, des palpitations; son sommeil est troublé par des rêves, et 'la peau se couvre d’éruptions variées. Les hanches , les seins, les cuisses et tous les membres deviennent lé siège de douleurs assez vives. Tous les accideits que nous venons de relater ne dépendent que du développement de la puberté; il faudrait bien se garder de recourir trop promptement à des moyens médicamenteux, souvent inutiles et quelquefois dangereux. C’est ici surtout qu’il faut savoir accorder quelque chose au temps, et se contenter d’éviter toutes les causes qui, comme le refroidissement, un régime trop substantiel, une vie inactive, etc. , loin de

~ *"• — INI,

• DBS A&ES. 2 5

favoriser l’établissement delà menstruation , en arrêtent le cours.

Chez les hommes, la puberté se passe avec plus de calme. Les appareils respiratoire et circulatoire prédominent sur les autres systèmes. De là la fréquence des hémorragies, les irritations pulmonaires qui deviennent si souvent la cause du développement de la phthisie. Mais la puberté est aussi l’époque où l’on voit disparaître les scrofules, le rachitisme et toutes les maladies qui sont propres à l’enfance.

De tâge adulte. Il commence au moment où le corps cesse de croître en hauteur, c’està-dire , de vingt-cinq à vingt-six ans. A cette époque, le corps subit encore d’importantes modifications; les muscles se dessinent plus fortement à travers les tégumens ; les os acquièrent de l’épaisseur jusqu’à l’âge de quarante ans environ; les appareils respiratoire et circulatoire continuent à être prédominans pendant quelques années; mais peu à peu l’exubérance vitale semble se diriger vers les viscères abdominaux. L’âge aduLte, sans avoir de maladies qui lui soient exclusivement propres, est cependant le moment

a6 NOTIONS GÉNÉRALES.

où certaines affections se développent d’uné manière plus spéciale. Ainsi , jusqu’à l’âge de trente-^ix ans, les maladies du poumon sont encoré à craindre. Plus tard , les affections du foie et des autres viscères abdominaux demeurent prédominantes. Les névralgies, le rhumatisme, la goutte, les dartres, se montrent également. Après quarante ans, les apoplexies commencent à devenir fréquentes, et les affections cancéreuses se déclarent. Enfin, chez la femme, l’âge de quarante à quarante-cinq ans étant le moment de la cessation de l’écoulement menstruel, ce changement important devient pour elle le signal d’une foule de maladies très-souvent fâcheuses.

De la 'vieillesse . Dès soixante ans l’homme

commenpe à décroître. Les muscles sont moins énergiques, et les membres ont peine à soutenir le poids du tronc ; les articulations se prêtent peu aux mouvemens du corps ; les organes des sens perdent de leur sensibilité, et par conséquent n’accomplissent plus leurs fonctions qu’imparfaitement ; le cœur, dont les battemens sont moins fréquens, envoie aux organes un sang moins

WP*

Page 1