DES BOISSON S
leur usage est .pernicieux, surtout prises a jeun : on doit en proscrire l’usage.
L’effet de toutes les boissons alcooliques est le môme; elles produisent l’ébriété, et anéantissent momentanément le plus bel attribut de. l’homme, la raison. Ou ne doit attendre aucun sentiment généreux d’un ivrogne; toutes ses facultés sont abruties; il est sujet à des tremblemens , à des indispositions plus ou moins graves; enfin, une mort prématurée vient lui enlever le dernier souffle d’une vie usée par les excès.
§ IV. — De la diététique.
Dans ce paragraphe, nous comprenons les règles générales que i’on doit suivre dans l’administration des alimens et des boissons selon les individus. D’après ce que nous avons déjà dit, nous ne nous arrêterons pàs sur la nature des alimens qui conviennent aux difîérenfes / constitutions ; les règles générales que nous avons établies suppléeront facilement à ce que nous omettons. Nous dirons seulement ici un mot du nombre des repas, des heures auxquelles on doit les prenr
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dre, et de la quantité d’alimens que l’on doit ingérer. ,
Le nombre des repas doit varier selon les individus, d’après le degré d’énergie du système digèstif: deux, trois, au plus quatre, doivent suffire aux adultes ; les enfans en font ordinairement un plus grand nombre, surtout dans les pays méridionaux et les climats où l’air est vif ; mais on ne peut pas étab'ir de principes fixes à cet égarH.
Les heures des repas varient selon les temps , les lieux et la mode. Manger à des heures fixes est un asservissement que nous imposons à la nature, et auquel elle s’accommode volontiers , en sorte que dès que l’on a contracté l’habitude de manger à une certaine heure, la faim se fait sentir dès que cette heure approche, et elle se dissipe dès qu’elle est passée , même sans qu’on l’ait satisfaite.
On peut fixer l’heure des repas selon ses affaires; on doit seulement observer de ne manger qu’environ trois heures ^iprès être levé, afin- que l’estomac ait le temps de se débarrasser des alimens pris la veilie.On ne doit se coucher que quatre à cinq heures après
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avoir mangé, sans cela on risque de troubler la digestion. L’habitude de souper est mauvaise : elle peut donner lieu à des embarras saburraux de l’estomac , que l’on observe moins fréquemment de nos jours depuis que le souper est passé de mode, i La quantité d’alimens que l’on doit pren-
dre est relative aux individus et aux pertes t qu’ils éprouvent. En général, on mange i moins dans les villes où l’air est épais, chargéde molécules animales, qu’à la campagne.
! Les personnes qui agissent beaucoup, mane gent davantage que celles qui mènent une vie i sédentaire. C’est peut-être pour cette raison
f que les femmes mangent moins que les homi ' mes; car dans les campagnes, où elles partagent leurs travaux, il leur faut presque
i autant de nourriture.
i .. § V. — - De la défécation .
I Çïous avons vu que tout n’est pas assimi-
i labié dans les alimens dont nous usons. Des boissons prises par les absorbai de l’estomac et des intestins pour fournir aux diverses sécrétions dont nous allons nous oçcu-
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per, une partie sert à dissoudre les alimens, a délayer le chyle qui en résulte. Ce chyle ‘ absorbé , il reste un résidu , des fèces qui , impropres à être digérées , doivent être re-? jetées de l'économie -où elles ne séjourneraient pas sans danger. Leur expulsion a lieu ordinairement toutes les vingt -quatre heures , plus souvent chez les enfaus , plus rarement chez les personnes âgées. Leur rétention pouvant avoir des suites fâcheuses , on doit se présenter tous lés jours à la garder robe : la nature s’habitue à se débarrasser comme à recevoir des alimens à une certaine heure de la journée. Si ce moyen ne suffit pas , on pourra faire usage de lavemens , soit simples , soit avec de l’huile ou deux à trois onces de miel commun. Il faut faire en sorte de ne pas s’y habituer et les discontinuer de temps en temps pour laisser agir la nature.