‹ Résumé complet d'hygiène privée, ou exposition des moyens propres à maintenir les fonctions de nutrition, de relation et de génération, dans le meilleur état de santé possible ... Par m. le docteur Meirieu; revu par m. le docteur Léon SimonChapitre 19 sur 57 · PESANTEUR DE L*A.IR · texte numérisé non relu

PESANTEUR DE L*A.IR

un malaise général et une grande débilité.

On observe encore, dans oe cas, d’autres phénomènes qui doivent être soumis a 1^ même cause ; telles sont de véritables hémorragies par le nez et les oreilles. Si enfin on passe sur des lieux encore plus élevés , alors la vie cesse, faute de trouver une assez grande quantité d’air respirable. En 1804, M. Gay-Lussac s’éleva, dans un aérostat , à une hauteur de 3 , 600 toises au-dessus du niveau de la mer, et ne ressentit qu’une accélération assez forte du pouls et de la respiration. Mais alors il ne fit aucun effort musculaire; circonstance qui à dû singulièrement atténuer le danger de sa position. A cette hauteur, les végétaux ne peuvent plus vivre , et déjà, à 2000 toises, on ne rencontre plus qu’un gazon maigre ét fin. Les habitans des plaines sont également exposés aux diverses variations de densité de l’atmosphère, et ces variations deviennent pour eux une cause incessante de maladies d’autant plus cruelles que nous possédons moins de moyens pour nous soustraire à leur influence. C’est ainsi que toutes les fois que le baromètre descend , nous éprouvons de la gêne dans la respira-

tion, de la fatigue, de l’abattement, et que nous sommes peu propres au mouvement.

Les liquides animaux tendent à se dilater, font effort contre les parois des vaisseaux ; les veines s§ gonflent ,et les sueurs s’établissent avec la plus grande facilité. Si l’abaissement du baromètre s’est opéré brusquement, alors tous les liquides du corps humain se dilatent avec rapidité et tendent à fabeeffervescence.

C’est dans de pareilles conditions atmosphé- Il riques que l’on rencontre, ainsi que l’avait déjà observé Duhamel, un grand nombre « d’apoplexies et d’hémorragies pulmonaires. | Pour se mettre à l’abri d’une trop grande légèreté de l’air, il convient de changer d’habitation. Les tempéramens sanguin et bilieux, les individus disposés aux irritations des poumons et aux anévrismes du cœur, devront habiter les plaines et les vallées; tandis que les sujets scrofuleux, ceux qui sont d’un tempérament lymphatique, et tous ceux en un mot dont la peau jouit de peu d’activité, devront habiter préférablement des lieux assez élevés pour déterminer une accélération plus ou moins grande des mouvemens respiratoires et circulatoires. Ceux

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FLUIDITÉ DE l’aIR. 89

au contraire chez qui le cerveau jouit d’une grande activité, et qui sont disposés aux congestions cérébrales, devront user de précautions toutes particulières lors des abaissemens barométriques considérables. Dans ces cas , ils devront éviter de trop surcharger l'estomar d’alimens excitans, de se livrer à de trop grands efforts musculaires , et surtout de gêner la circulation en portant des vêtemens trop étroits.

II. Fluidité de l’air. C’ést à cette propriété que .l’air doit de pouvoir être déplacé à chaque instant, et de se renouveler avec la plus grande promptitude; et c’est encore à cette cause, ainsi qu’aux changemens de température, qu’il parait que l’on doit attribuer ces mouvemens de l’air, que l’on a désignés sous le nom de vents. Mais, il faut en convenir, tout est encore obscur dans cette question importante.

Les effets des vents sur les poumons dépendent des modifications que ceux-ci impriment à la température , ainsi que nous le dirons plus bas; des changemens qu’ils apportent aux qualités hygrométriques de l’atmosphère ; de la fâcheuse influence

go POWCTIOWS DE NUTRITIOir.

qu’ilsf exercent sur l’économie j parce qu’ils deviennent le véhicule d’émanations délétères. Enfin les vents, lorsqu’ils sont violens, produisent des chocs sur les voies respiratoires , qui peuvent produire des angines , des laryngites, des bronchites, surtout lorsqu'ils Sont denses et contiennent peu de calorique.

IIL Effets des diverses températures atmosphériques et des qualités hygrométriques de Voir. Si les auteurs des Résumés de Physique et de Physiologie ne s’étaient pas déjà occupés , le premier des causes d’élévation ou «Rabaissement de la température, et le second de L’importante question de la chaleur animale , ce serait ici le lieu de parler de ces deux points, qu’il faut bien connaître, au risque de ne pouvoir se rendre raison de l'action des diverses températures sur l’économie animale. Cette tâche ayant été remplie, nous nous renfermerons dans les limites assignées à l’hygiéniste.

' A. Température chaude et sèche. L’air chaud est sec parce que l’eau qu’il renferme à l’état de vapeur n’a pas de tendance à se résoudre en liquide. L’air chaud et sec a pour premier

TEMPERATURE CHAtJDÈ ET SÈCHE. • gt

effet d'introduire dans les poumons un tïir plus rare, plus léger et moins pourvu en matériaux respirables que l’air froid qui possède les qualités opposées. Cependant ces effets varient selon les divers degrés de température. Ainsi l’air qui offre de i 5 à 20° R. de température augmente l’activité de nos organes, et remj les fonctions plus libres et plus faciles ; à 20° R. ces effets sont encore plus marqués, et à 25° R. il est des individus qui sont déjà incommodés par la chaleur, tandis que d’autres éprouvent à peine quelque stimulation. Cette différence s’explique par celle des tempéramens. On conçoit en effet que les hommes d’un tempérament lymphatique supporteront mieux l’excessive chaleur que ceux qui vivent sous l’empire d’une constii tution bilieuse et sanguine.

Toutes les fois que la température s’élève au-dessus de a 5 u R., alors des incommodités plus ou moins grandes se manifestent. Les veines se gonflent , les congestions cérébrales deviennent imminentes, la respiration s’exécute péniblement , une faiblesse générale se fait sentir ; les facultés

9 a FONCTIONS DE NUtRlTIO*. .

intellectuelles jouissent de peu d’énergie , et la peau est le siège d’une exhalation fort abondante. De l’excès de transpiration cutanée résulte le fréquent renouvellement de la soif, une préférence marquée pour l’usage des alimens végétaux, et surtout de ceux qui sont acides ; un moindre appétit , et une très-grande disposition à contracter des ma- * ladies gastro -intestinales et gastro- hépatiques. Si la température est continuellement élevee, ainsi que cela s’observe dans les pays méridionaux , tous, les accidens que nous venons de relater s’observeront constamment, mais avec beaucoup plus d’intensité que dans nos contrées tempérées :

aussi , dans ces pays , remarque-t-on que les maladies y revêtent un caractère d’extrême acuité , qu’elles marchent rapidement vers une terminaison fatale, et que le plus souvent elles se -compliquent d’accidens cérébraux, complication toujours redoutable.

Les tempérament lymphatiques, les scrofuleux, ceux qui sont affectés de douleurs rhumatismales et d’irritations chroniques plus ou moins anciennes, sont ceux auxquels il convient plus particubèrement de vivre

TEMPERATURE CHAUDE BT SÈCHE. g3

dans une semblable température. Les tempéramens bilieux , les personnes irritables, ceux qui ont toujours habité des climats froids, se trouvent généralement fort mal de l’action australe d’une température chaude et sèche. „ ' •

Mais il n’est pas toujours donné à l’homme de pouvoir choisir le climat qui conviendrait le mieux à sa santé. Il faut donc indiquer ici les précautions que doivent prendre ceux qui sont forcés de vivre sous une température trop élevée, alors qu’il est bien reconnu qu’ils se trouvent déjà dans des conditions défavorables, et que nous venons de faire connaître.

Le principal moyen d’atténuer l’effet d’une trop forte chaleur consiste dans le régime. Il est d’observation que les habitans des pays chauds font un usage immodéré de café, liqueurs, ep un mot de tous les excitans diffusibles ; et que c’est à l’emploi de semblables moyens qu’il faut rapporter un grand nombre des incommodités qu’ils éprouvent. Les sages précautions qu’ils devront prendre consistent i° à faire de fréquentes irrigations dans leurs habita-

tions; 2 ° à satisfaire le besoin de la soif par l’usage d'abondantes boissons rafraîchissantes; 3° à faire un léger exercice musculaire en plein jour, et «à prendre fréquemment dés bains, sinon froids, ce qui a de l’inconvénient pour certaines constitutions, au moins frais.

B. Température, chaude et humide. L’air humide est celui qui approche le plus du i oo® degré de l’hygromètre , c’est - à - dire d’une complète saturation (voyez Résumé de Physique . L’air chaud, toutes les fois qu’il est chargé d’humidité , a perdu de sa pesanteur, et ses effets sont le résultat de l’action combinée de la chaleur, de la vapeur et de la rareté de l’air. Cetie température est de toutes la plus débilitante. Les organes exécutent avec peine leurs fonctions; tous les liquides du corps humain soumis à la double action du calorique et de la vapeur, tendent à faire effervescence , et se portent avec force à la périphérie; une sueur abondante inonde la surface, du corps, ce qui ajoute encore à la faiblesse générale; l’appétit est faible, la soif presque nulle, la digestion lente et imparfaite; les déjections alvinés abondantes et

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humides ; la circulation est faible et la respiration pénible ; enfin la nutrition est peu active. Si cet état de l’atmosphère persiste pendant un certain temps, les hommes qui y sont soumis revêtent tous les caractères du tempérament lymphatique, c’est-à-dire que leurs chairs devienneut molles qt boursoufflées, que leur teint se décolore et qu’ils s’affaiblissent. C’est sous l’empire d’une pareille constitution atmosphérique que l’on voit se développer les maladies contagieuses et épidémiques, et en particulier la fièvre jaune et la peste (voyez Résumé //'Hygiène publique). C’est alors aussi que l’on observe en très-grand nombre les phlegmasies des membranes muqueuses , et en particulier celles de l’appareil digestif, ainsi que les fièvres intermittentes simples ou pernicieuses, et le scorbut. Les femmes, les enfans, les individus lymphatiques, scrofuleux, rachitiques, se trouveront fort mal de cette température. Elle sera au contraire avantageuse aux individus bilieux et nerveux, «à ceux qui sont affectés d’une maladie chronique des organes respiratoires.

C Température froide et sèche. Le§ effets ’

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de cette température sur les poumons sont diamétralement opposés à ceux de la constitution atmosphérique dont nous venons de parler. En effet, tout autant que l’air ne contient pas une trop grande humidité, le froid le condense, d’où résulte qu’il fournit aux poumons la plus grande quantité possible d’élémens respirables; il développe ces organes, et c’est sous son influence que 1 économie devient riche en sang artériel, que les muscles se colorent et se développent, en un mot que se manifestent tous les attributs du tempérament sanguin. Sous cette constitution , la transpiration est peu abondante , l’homme se sent invité à exécuter de fréquens mouvemens, l’appétit est vif, la ’ digestion prompte, les déjections peu fréquentes; mais en revanche les sécrétions nazale et bronchique, l’excrétion urinaire, sont plus abondantes. Mais pour que le froid produise ces effets, il importe qu’il ne soit pas trop considérable; car autrement les organes ne réagissent point suffisamment contre l’impression débilitante déterminée par l’action primitive du froid. C’est ce qui arrive chez les individus lymphatiques ,

TEMPERATURE FROIDE ET SÈCHE. 97 nerveux, chez ceux qui sont affaiblis par l’âge et par de longues maladies; et enfin chez les enfans. Cette température prédispose aux congestions sanguines de toute espèce, aux inflammations de poitrine et aux hémorragies. Les moyens propres à lutter contre cette température sont l’exercice musculaire, l’usage modéré des alimens fibrineux, de quelques boissons fermentées, celui de vétemens chauds. Enfin il convient cPéchauffer les habitations par une bonne disposition des feux, ainsi que nous le dirons plus loin.

D. Température froide et humide. L’action du froid humide diffère de celle de toutes les autres températures et est la plus nuisible.

L’impression qu’elle fait sur la peau est plus vive que celle d’un froid sec au môme degré, parce que l’eau lui communique sa faculté conductrice du calorique. 11 ne faut pas croire, du reste, que cette action du froid soit tonique, la vapeur d’eau annulle cet effet. La perspiration est alors presque nulle, le système capillaire est dans un état de resserrement presque permanent. Alors les digestions languissent, l’appétit diminue,

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les selles sont abondantes, et les urines rendues en quantité considérable; la circulation languit, le pouls est faible, irrégulier. C’est alors que l’on observe un grand nombre de phlegmasies des membranes muqueuses pulmonaire et gastrique. L’intelligence a peu de ressort et d’énergie. Cette température favorise encore le développement des épidémies et des contagions, des fièvres intermittentes, des hydropisies, des engorgemens lymphatiques et du scorbut.

Elle est la seule qui ne convienne à aucun tempérament. Tous ressentent plus ou moins sa fâcheuse influence; c’est donc à l’éviter qu’il faut mettre toute son attention. On obtient ce résultat désirable à l’aide d’une corçibustion active qui élève la température, raréfie l’air et vaporise l’eau qu’il contenait en trop grande quantité. Il faut joindre à ce moyen l’usage de vétemens chauds, d’alimens sains, nourrissans et même légèrement dxcitans, dont l’effet est de favoriser une réaction du centre à la circonférence, réaction toujours utile. Mais ici n’oublions pas que c’est encore avec une certaine réserve que l’on doit user de ces derniers moyens, puisque l’abus

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