‹ Résumé complet d'hygiène privée, ou exposition des moyens propres à maintenir les fonctions de nutrition, de relation et de génération, dans le meilleur état de santé possible ... Par m. le docteur Meirieu; revu par m. le docteur Léon SimonChapitre 20 sur 57 · TEMPERATURE FIIOIDE ET HUMIDE · texte numérisé non relu

TEMPERATURE FIIOIDE ET HUMIDE

d’une pareille alimentation, loin de favoriser l’épanouissement des capillaires de la périphérie, ne ferait que provoquer les plilegmasies pulmonaire et gastrique que nous avons déjà dit être imminentes sous l’action du froid humide.

IV. EJfets de l'état électrique de l'air. — Tous les corps étant pénétrés de fluide électrique, et l’air étant celui par lequel l’action de ce fluide se fait principalement sentir sur le corps humain, ce ne serait peut-être pas ici le lieu de traiter de l’action de cet important agent sur l’économie animale. En effet, c’est plutôt par le moyen des nerfs cutanés que l’électricité transmet ses effets à l’économie. On ne peut nier néanmoins que l’air atmosphérique que nous respirons constamment n’agisse différemment sur les poumons et la circulation lorsqu’il est peu ou beaucoup chargé d’électricité. Du reste, comme ce chapitre est exclusivement consacré à l’action de l’air atmosphérique sur notre économie, ce serait être incomplet que de négliger de parler de l’action d’une de ses conditions les plus puissantes.

Depuis les belles expériences de Galvani

et de Volta, le fluide électrique a joué un rôle plus ou moins puissant dans b’explication des phénomènes vitaux. Et dans ces derniers temps , les ingénieuses expériences de M. Dutrochet, sur la valeur desquelles ce n’est pas ici le lieu de se prononcer, sont encore venues donner à cet agent un nouveau degré d’importance. Sans donc prétendre déterminer avec une précision que ne comporte pas l’état actuel de nos connaissances, l’action de ce fluide, nous pouvons cependant faire connaître les effets résultant de la surabondance électrique.

Lorsqu’il y a équilibre parfait entre le fluide électrique du globe et celui de l’atmosphère, il ne se manifeste aucun phénomène électrique, et les fonctions de l’homme s’accomplissent avec liberté et facilité, à tel point que nous ne nous apercevons pas de la présence de cet agent. Si au contraire cet équilibre est rompu , et que les nuées .soient chargées d’électricité et qu’elles restent quelque temps dans cet état sans se décharger sur le globe, soit parce qu’elles ne contiennent pas assez de fluide pour qu’il y ait explosion , soit parce qu’elles ne

EFFETS DE i/ETAT ELECT. DE l’aIR. 101

font que s’équilibrer entre elles.; alors les personnes nerveuses, et même celles qui ne le sont pas, éprouvent un accablement particulier, dont l’intensité varie selon le degré d’irritabilité nerveuse propre à chacun. Cet accablement s’accompagne d’agitation in térieure,de malaise, de tremblement dans les membres , d’oppression et d’une anxiété plus ou* moins pénible. Il en est chez qui cet état de l’atmosphère trouble les digestions, et amène quelquefois de la diarrhée et des vomissemens. D’autres ressentent des douleurs dans les articulations, sur le trajet de cicatrices anciennes, dans les moignons des membres précédemment amputés. Aussitôt que l’équilibre se rétablit dans l’atmosphère, ces elfets disparaissent. L’unique moyen de s’y soustraire consiste à diminuer la susceptibilité nerveuse; et on obtient ce but en se livrant à quelques exercices musculaires, en s’abandonnant au sommeil, en évitant de trop surcharger l’estomac, et surtout en abandonnant toute espèce de travaux intellectuels.

Mais si quelqu’un se trouve sur le passage du fluide électrique au moment où la fou-

dre éclate, ü en reçoit la décharge. Dans ce cas, la commotion reçue se borne tantôt à un ébranlement général très-fort, qui laisse des traces . plus ou moins profondes et durâbles, telles que des brûlures, des contusions; d’autres fois elle peut être assez vive pour déterminer la mort sur-le-champ.

Le plus sûr moyen de se préserver des dangers résultant de la foudre consiste à faire mettre sur son habitation un paratonnerre, et à s’y tenir tant que dure l’orage.

(Voyez Résurné de Physique, les principes sur lesquels est fondée la construction des paratonnerres.) 11 conviept en outre de fuir, pendant l’orage, les maisons et les lieux élevés et terminés en pointe, tels que les arbres et les clochers d’église ; et on doit s'abstenir d’établir aucun, courant d’air, soit en ouvrant les fenêtres des appartemens, soit en hâtant sa marche, si on se trouve en plein air.

§ III. — Effets déterminés par les propriétés chimiques de l'air.

Dans le Résumé de Physiologie il. a été suf- . fisamment établi que les résultats de l’action

EFFETS DKTERM. PAR LES PROPR. DEL AIR. Io3 de l’air sur l’économie animale,- sont i° la conversion du sang veineux en sang artériel ;-^ 0 la production de la chaleur animale, qui paraît être en raison directe de l’activité de la respiration. Pour que cps phénomènes s’exécutent dans toute leur plénitude, il importe que l’air que l’on respire soit pur et jouisse d’une certaine densité. Si donc, par une suite de causes faciles à apprécier, il- arrive que souvent la pureté de l’air soit altérée, il s’ensuivra que la respiration sera moins parfaite, et que l’économie souffrira de l’imperfection de la respiration. Mais, ainsi que nous l’allons établir, les altérations de l’air ne se bornent pas à le priver de son principe respirable (l’oxigène); dans certains cas, ce fluide contient des gaz, des vapeurs ou des émanations délétères, qui deviennent la source de maladies plus ou moins graves. Il convient donc que nous passions en revue chacune des causes qui altèrent la pureté de l’air, et que nous indiquions les moyens de les éloigner, et d’en combattre les effets.

I. Effets de F air 'vicié par les 'vapeurs qui se dégagent dans les lieux où l’on prépare les li-

queurs fermentées. — Ces vapeurs se rencontrent dans les endroits où l’on prépare e vin, le cidre, la bière, et sont formées par le gaz acide carbonique. Si ce gaz forme seulement la cinquième partie de l’air atmosphérique, il asphyxie ceux qui le respirent, en moins de deux minutes. Lorsqu’il est combiné avec l’air dans une moindre proportion , il détermine les accidens suivans : engourdissement des membres, serrement de poitrine, étourdissement, perte de connaissance, suspension de la respiration, de la circulation , et cessation de ces fonctions si on reste trop long-temps exposé à l’action de ce gaz. Les cadavres de ceux qui ont succombé à cette espèce d’asphyxie conservent leur chaleur et leur flexibilité pendant un temps fort long. On a donné les deux caractères suivans comme propres à faire reconnaître la présence de ce gaz :~i° il rougit le papier de tournesol; a° il éteint les corps en ignition. ( Voy. pour plus de détails le Résumé de Méd. lég. et d 'Hjrg. pub.)

Il y a deux espèces de moyens propres à prévenir les accidens que nous venons d’énumérer ; les premiers consistent à renou-

EFPETS DE L'AIR VICIE PAR LES VAP. Iû5

veler l’air clés lieux où L’on prépare les liqueurs fermentées, en y établissant des portes et des fenêtres dans des directions opposées, de telle sorte qu’il puisse s’établir un courant d’air rapide. Les seconds consistent à détruire le gaz acide carbonique en le faisant absorber par des lessives alcalines.

Il convient en outre de recommander aux ouvriers de ne jamais pencher leur tête sur la cuve , et de ne les laisser travailler qu’autant qu’ils sont en nombre suffisant pour pouvoir se porter réciproquement secours.

Les mêmes accidens se rencontrent dans les fours à chaux et dans certaines cavités souterraines; et comme ils dépendent delà même cause, les mêmes moyens leur sont applicables.

II. Effets de l’air non renouvelé. — Les nombreux accidens qui résultent de l’air non renouvelé sont principalement dus à l’action du gaz acide carbonique dont nous venons de parler, et à celle du gaz azote.

Ainsi que nous l’avons établi , l’azote entre pour une grande partie dans la. composition de l’air atmosphérique; mais du momeut où celui-ci contient plus des deux tiers

Ïü6 PONCTIONS DE NUTRITION.

en sus de la quantité qu’on y rencontre ordinairement, ce gaz devient très-dangereux a respirer. En effet, à peu près aussitôt que l’homme et les animaux se trouvent soumis à son action, leur respiration devient gênée, ils éprouvent des vertiges et de la céphalalgie le visage et les lèvres deviennent livides; et pour peu qu’on reste quelque temps exposé à l’action de ce gaz, l’asphyxie survient.

Du reste, la rapidité des accidens est toujours en raison directe du nombre d’individus rassemblés dans le même lieu. Dans notre vie sociale, il est très-rare de voir les accidens provenant de l’air non renouvelé, portés à un très-haut degré; cependant il ne faudrait que remonter de quelques années vers le passé, pour trouver le récit des tourinens effroyables qu’éprouvaient les malheureux nègres à bord des bâtimens destinés à la traite. Les salles de spectacle, où chaque jour un grand nombre d’individus se rassem- * Lient, nous offrent, quoiqu’à un bien moindre degré, le tableau des accidens que nous avons énumérés : il n’est point rare d’y voir des femmes éprouver des syncopes et des défaillances qui ne reconnaissent pas d’autre cause.

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