DES VÊTEMENTS. I
lin sont plus salubres sous ce rapport. Mais les premiers, en retenant beaucoup d’air dans leurs interstices, sont plus mauvais conducteurs du calorique, et doivent être préférés pour Fliiver. Les tissus de poils jouissent, à peu de chose près, des mômes propriétés que ceux de laine. Les peaux d’animaux auxquelles on fait subir différentes préparations servent à faire la chaussure ; nous en parlerons plus loin.
Il est démontré par l’expérience que , quelle que soit la matière des tissus , ils seront d’autant moins conducteurs du calorique que leur couleur sera plus claire. Deux thermomètres enveloppés chacun d’une pièce de laine de la même épaisseur, mais de couleur différente , étant exposés au soleil , celui qui sera placé sous du drap noir se trouvera , après quelques instans , à plusieurs degrés au-dessus de celui recouvert d’un drap blanc, parce que celui-ci rayonne le calorique et le renvoie.
Le choix des couleurs n’est donc pas indifférent pour les vêtemens. Les couleurs claires et les étoffes lisses devront être préférées dans les pays très-chauds où la tem-
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perature extérieure est supérieure à celle du corps, tandis qu’au contraire dans les pays tempérés et dans l’été, comme nous avpns plus de calorique à perdre par le rayonnement que npus n’avons à en acquérir par l’atmosphère, on devra préférer les étoffes de couleur foncée et mal lisses, mais pourtant minces, afin qu’elles ne retiennent pas trop d’air dans leurs interstices, et fabriquées avec des matières qui soient bons conducteurs du calorique, telles que le chanvre ou le lin. Dans l’hiver, le but des vêtemens est d’empêcher autant que possible le rayonne ment du calorique, leur surface devra être lisse et de couleur claire ; ils devront de plus être fabriqués avec des substances mauvais conducteurs du calorique, telles que la laine, la soie, le coton, etc. En outre ils devront être épais et contenir le plus d’air possible entre leurs interstices. Ces raisons sont faciles à déduire du principe de physique que nous venons de poser. ( Voy. Résumé de physique. )
La fabrication des étoffes apporte encore quelques modifications aux propriétés de la matière que l’on a employée ; en général un
DÈS VÊTÊMENS. 121;
tissu lâche et velu conserve beaucoup mieux la chaleur tjue celui qui est trop sérré et uni. De plus, il condense davantage la sueur.
Ces -propriétés lui viennent en partie de l’air qui se trouve logé dans ses interstices , et qui est mauvais conducteur du r
calorique.
Nous aurions beaucoup à nous étendre sur la meilleure forme à donner aux vête- >
mens; car ici nous aurions beaucoup à blâmer et peu à approuver. Mais il nous suffira d’indiquer en peu de mots quelles formes sont préférables pour le but qu’on se propose d’atteindre. £ •
La tête étant le siège d’une transpiration plus ou moins abondante, il n’y a pas d’usage plus nuisible que de l’envelopper dans l’épais bonnet de l’Ecossais ou dans le turban du Turc 'et du Persan. Nos chapeaux ont moins d’inconvénient f mais il* serait à désirer que les ‘principes de la bienséance ne nous obligeassent pas à nous découvrir à tout propos, quelle que soit la fraîcheur du lieu où l’on se trouve. L’usage d’aller nutête est surtout favorable aux enfans, et cela leur épargne bien des rhumes et d’autres in- HYGIÈNE. y
l3o FONCTIONS UE NUTRITION, commodités. La nuit il faut peu couvrir lu tête, surtout si on couche dans* un appartement bien clos.
Il n’y a pas de mode plus funeste que celle qui consiste à porter des cravattes trop serrées. Dans ce cas, le sang lancé au cerveau par les carotides, ne peut revenir vers le cœur, et alors on est exposé aux congestions sanguines de la face , du cerveau , et même à des ophthalmies rebelles, à des céphalalgies, et, à la longue, aux apoplexies.
L’habitude contractée par les femmes de
nos pays civilisés de porter des corsets, est la source d’une foule de maladies qui portent principalement leur action sur les organes de la respiration et de la circulation. Il faut avouer cependant que de nos jours la mode a fait des progrès qui sont tout à l’avantage des femmes, de telle sorte que là majorité des inconvéniens que présentaient les anciens corps ont disparu , et qu’anjourd’hui le corset n’est véritablement nuisible qu’à celles qui, par upe coquetterie toujours mal entendue, se- serrent outre mesure. Alors les mouvemens du cœur sont .
gênés, l’estomac et. les intestins sont refou-
.Des veteméns. ï3 i
lés; delà naissent la dypsnée, l’hémoptysie, la toux, les inflammations pulmonaires, la phthysie, les anévrismes du cœur, le Trouble des digestions, les engorgemens des viscères, les avortemens chez les femmes enceintes , .et tous les accidens qu’ils traînent à leur suite. Les lois prescrivaient aux femmes romaines de.quilter dès le commencement de leur grossesse la ceinture qu’elles portaient habituellement (i).
S’il est une époque de la vie où la compression des -corsets soit funeste, c’est sans doute ^ans le jeune âge, où les organes, à peine développés, ne peuvent pas réagir avec assez de force contre les obstacles qu’on leur oppose. Il est vrai que, de nos jours, les médecins, de concert avec les philosophes, sont parvenus à faire entendre aux mères la voix de la raison pour le bien de leur enfant; mais elles ont été sourdes à leur propre intérêt. Pourquoi cela? C’est que l’amour maternel' e^t un sentiment délicat qui remplit le cœur, tandis que la coquetterie est une passion qui le laisse vide
11 est encore une cause fréquente d’af-
(i) L’adjectif enceinte signifie sans cointtfré.
l3a FONCTIONS DE NUTRITION.
fections de poitrine ; c’est l’exiguité et la légèreté dçs manches que portent les femmes. Vu l’étroite sympathie qui existe entre les bras et les poumons , l’action du froid sur les membre? thoraciques doit être rangée au nombre des causes déjà trop nombreuses des affections pulmonaires dont sont victimes un grand nombre de femmes.
Encore si la mode était constante, le danger serait moindre et môme presque nul ; car l'habitude, comme l’on dit communément, est une seconde nature; mais les modes changent, et il faut s’y soumettre.
Il est juste de reconnaître que les habits de l’homme sont plus favorables au maintien de la santé que ceux de la femme. Nos habits sont assez larges; on peut se mettre à l’aise dans son pantalon, des bretelles le soutiennent sur les épaules, et permettent de digérer en liberté. Cependant la compression qu exercent les culottes ou les bas aux jarrets, et les chemises aux poignets , peut être nuisible, en portant obstacle à la libre circulation des humeurs.
L habitude.de porter des chaussures trop étroites est nuisible, en ce que les pieds sont
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comprimés , d’où résultent des cors ou des durillons. Un soulier ne doit être ni trop grand ni trop étroit, être fabriqué avec un cuir doux et imperméable, car l’humidité des pieds peut porter atteinte à la santé. On doit porter des bas de fil, de coton ou de laine, selon les circonstances*.
En hiver, les habits doivent être immédiatement appliqués sur le corps, afin d’empêcher la déperdition delà chaleur animale, tandis qu’en été ils doivent être larges et flottans.
§ V. — Des bains.
Ils consistent dans l’immersion et le séjour plus ou moins prolongé du corps dans l’eau. Ils ont pour effet immédiat de nettoyer la peau ; et leur effet médiat consiste à faciliter la transpiration insensible et les sécrétions folliculaires. Us forment autour du corps une atmosphère plus dense et plus, pesa .te que l’air, qui fait qu’à é^ale température, nous ressentons plus vivement les impressions du froid et du chaud. Us empêchent le contact de l’air sur la peau, et s’opposent par conséquent à la décomposition
de ce fluide, ainsi que qous l’avons dit plus haut. Au moyen de l’absorption , ils fournissent à l’économie une quantité d’eau qui varie selon leur température. Ils imprègnent la peau d’eau par une sorte d’imfeibition, l’assoupliséent, l’adoucissent et la rendent plus impressionnable.
Le bain très-froid est au-dessous de io° R.
On doit, avant de le prendre, faire un léger exercice, mais «qui ne doit pas porter jusqu’à la sueur, s’en retirer au deuxième frisson, s’habiller promptement et marcher de nouveau. Ce bain ne convient qu’aux personnes qui jouissent d’une bonne santé, à moins qu’on ne le prenne pour remplir une indication thérapeutique. Son effet est de refouler les forces à l’intérieur. On sent alors une céphalalgie intense, une pression à l’estomac, des douleurs dans tous les membres ; les mouvemens du cajur sont précipités. La réaction s’opère plus ou moins long-temps après -que l’op est sorti du- bain, et toutes les fonctions reprennent leur type, mais elles ont augmenté d’ënergié ; on se„ sent alors léger et dispos. .
Le bain froid, qui est de io à i5 ou ao Q
DES BAINS. l35
R. , a les mêmes propriétés que le bain trèsfroid ; mais ses effets sont moins marqués.
C’est la température du bain que l’on prend , en été, dans les rivières^ il est très-salutaire, augmente les forces et donne de l’énergie à tous les organes; de même que le bain très-froid , il faut le prendre après un léger exercice, qu’il convient de répéter après, surtout si on n’est pas très-fort. On doit en sortir après le deuxième frisson , ne pas le prendre pendant le travail de la digestiou stomacale, c’est -à- dire, qu’il faut laisser s’écouler au moins quatre heures après avoir mangé, et se mouiller la tète, afin d’évitef les congestions cérébrales.
Pour que les bains froids soient salutaires, il faut que les forces soient suffisantes pour . opérer une réaction. On doit voir, d’après cela, qu’ils ne conviennent pas aux personnes faibles et valétudinaires, et Encore moins aux en-fans 1 qui se trouvent dans cet état.
On a argué de Pexemple clés sauvages qui trempent leurs enfans dans l’eau glacée, et leur conservent par ce- moyen une constitution vigoureuse ; mais les pratiques des sauvages ne conviennent pas toutes à l’homme
l36 PONCTIONS PE NUTRITION.
civilise qui a déjà subi l’influence de nombreuses causes destructives. D’un autre côté, il ne faut pas même, lorsque la santé est disposée le plus favorablement possible, aller se jeter dans l’eau froide de prime-abord ; on doit s’y habituer par degrés ; sans cela il peut en résulter des accidens fâcheux : c’est ainsi qu’étant portées jusqu’à l’exagération, et employées sans discernement , les meilleures choses ont toujours des conséquences funestes.
Les bains de rivière ont un effet éminemment fortifiant : le cours de l’eau, en frappant continuellement les membres , leur imprime delà vigueur; de plus, l’exercice de la na-
tatioô, à laquelle on se livre le plus souvept, ajoute encore à sa bonté. Nous y reviendrons à 1 article de la Gymnastique/.
Les bains d’eau de mer ont , avec les propriétés de ceux d’eau courante, l’avantage de stimuler un peu la peau par les sels que 1 eaii contient. Il*en est de même à peu près des bains d’eau minérale. Il faut joindre à ces avantagés ceux , non moins grands , du changement de climat, des habitudes, des distractions <jui se rencontrenf aux sources
BAINS DE MER. l3/
fréquentées, etc., etc. C’est pour cela qu’il est si difficile d’obtenir, par les eaux minérales factices, ce que produisent les eaux naturelles lorsqu’elles sont prises à la source.
Le bain tiède , ou de 20 à a5° R.,n’apap d’effet bien marqué; il serait plutôt débilitant que tonique. On ne l’emploie guère que comme moyen de propreté et pour nettoyer la peau du résidu de la sueur et de la poussière qui la salissaient. Il assouplit la peau, repose les membres , modère la circulation, tempère les sens et les fonctions du cerveau, augmente l’activité du sens du toucher en rendant la peau plus sensible; aussi faut-il la garantir soigneusement du contact de l’air, après le bain.
Le bain chàud, qui est de îj 5 à 3o 0 -f- o R. et au-dessus, a les mêmes effets immédiats que le bain très-froid , et pourrait en avoir les suites fâcheuses ; il n’est guère employé qu’en thérapeutique. Les Romains, au sortir du bain chaud, se jetaient dans l’eau froide; les Russes se roulent dans la neige.
Nous ne croyons pas cette pratique sans danger lorsqu’on n’y est pas habitué: On J’avait conseillée pour favoriser la coction
l38 FONCTIONS DE NUTRITION.
dçs alimens ; mais ce n’est que d'après des idées fausses sur le mécanisme de la digestion, que l’on a accordé cette propriété aux bains chauds:
. Pour compléter tout ce que nous avons à dire des bains, il nous reste à parler des étuves, des bains partiels et des lotions.
A. Etuves. On les distingue en sèches et en humides. Les premières ne àont autre chose que des chambres fortement chauffées, pù on se place dans l’inlëntioq de provoquer des sueurs abondantes. Employées chez nous avec succès, mais seulement comme moyen thérapeutique, les Turcs, les Finlandais et les Russes s’en servent dans un but hygiénique. Les étuves huôiides consistent également dans des appartemens trè&écliauffés ou l’on s’expose à l’action de la vapeur de l’eau; elles consistent en ce que tious appelons bains de 'vapeur. Les çfifets de l’étuve sont. analogues à ceux du bain, si ce n’est qu’il n’y a ni pression ni densité; et comme cë sont ces deux conditions qui font que lé bain ne peut être supporté au-delà d’une température à peu près .égale à celle du corps, il en résulte que du moment où.
» étuves. i3g
elles ne se rencontrent point dans l’étuve,
il est nécessaire, pour qu’elle produise l’effet désiré, qu’elle soit beaucoup plus chaude que le bain.
L’étuve sèclie n’humecte la peau qu’ autant que son action est assez forte pour provoquer la sueur, tandis que dans l’étuve humide, la peau est presqu’ aussitôt humectée par la vapeur d’eau , qui vient se condenser à la surface du corps.
Si on n’expose à l’action de l’étuve qu'une partie du corps, pour que ses effets ordinaires se manifestent, il devient indispensable ou d’y rester beaucoup plus long-temps, ou d’élever davantage la tempérai ure.Lorsqu’il s’agit plutôt d’irriter la peau que de déterminer beaucoup de perte, il convient d’avoir recours à l’étuve sèche, tandis qu’on emploie l’étuve humide dans les circonstances opposées.
B. Bains partiels. Par là on entend les bains où l’eau n’arrive que jusqu’à l’ombilic, ce sont lus demi-bains ; ceux où le bassin et la partie supérieure des cuisses plongent seuls dans l’eau, ce sont les bains de siège ; et enfin les pédiluves et les manuluves , qui
14° FONCTIONS DE KUTRITION.
consistent dans l’immersion des pieds et
des mains. Ces deux dernières espèces, mais surtout le manuluve, ne sont employées que comme moÿen thérapeutique :
aussi n’en parlerons-nous pas. L’effet produit par le demi-bain et le bain de siège est le même que celui du bain entier, si ce n’est que son action se borne aux parties qui plongent dans l’eau. Toutes les fois qu’on veut activer les fonctions de la peau, chez des individus que le bain entier incommode, il convient d’avoir recours au demi-bain ; le bain cîe siège sera conseillé avec avantage aux femmes dont on voudra faciliter l'exhalation menstruelle, et chez celles qui sont en proie à des irritations-chroniques des organes de la génération. •
. C. Lotions. Files consistent dans l’acte de laver les différentes parties du corps, soit en les plongeant dans l’eau, soit en recevant sur elles l’affusion de ce liquide, et en exerçant sur la peau des frictions propres à la débarrasser des substances étrangères dont elle est couverte. On leS. pratique tantôt avec la main seule, ou avec la main munie d’un linge ou d’uue éponge; quelquefois on se
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