‹ Résumé complet d'hygiène privée, ou exposition des moyens propres à maintenir les fonctions de nutrition, de relation et de génération, dans le meilleur état de santé possible ... Par m. le docteur Meirieu; revu par m. le docteur Léon SimonChapitre 36 sur 57 · DU GOUT · texte numérisé non relu

DU GOUT

été récoltés ; mais si l’on ne fait pas un usage modéré de ce sens, il se blase bientôt ; non-seulement il ne peut plus distinguer les saveurs , mais encore il faut des substances très-fortes pour l’exciter. En général, le goût se perfectionne avec l’âge, et il vient *me époque de la vie où les plaisirs de la table sont les seuls dont un grand nombre d’hommes sachent jouir; on dirait que la sensibilité qui abandonne ordinairement les'yeux et les oreilles se concentre sur la langue ; l’homme devient gourmet; manger est pour lui une passion qui le précipite ^bientôt au tombeau; car ses organes digestifs n’ont plus la force d’assimiler tous les alimens qu’il y engloutit; il éprouve des indigestions qui se répètent et amènent des résultats funestes.

Pour que le goût puisse s’exercer avec intégrité, il faut non-seulement qüe la substance que l’on se propose <J e goûter soit dissoute ou susceptible de l’étre, mais encore qu’elle soit à une température moyenne .'les. corps froids ne sont goûtés que lorsqu’ils sont parvenus à la température de la langue; les corps trop chauds la brûlent et en détruisent la sensibilité.

>r § III. De V odorat.

Les corps odoràns doivent-ils cette propriété k une dispersion de leurs molécules qui» dissoutes par l’air, sont' portées sur la membrane interne des fosses nasales qui les perçoit,- les palpe pour ainsi dire ? ou bien est-ce à là vibration d’un . fluide particulier qui porterait son impulsion sur le nerf olfactif, de la même manière que les vibrations de. l’air nous font entendre les sons ? La première opinion paraît la plus probable. Quoi qu’il en soit, lés odeiirà bnt quelquefois une action si forte sur la membrane olfactive, que l’on a vu des acçidens funestes et même la mort survenir tout-à-coup. On dit que le pape dénient VII fut tué parla fumée d’une torche que l’on portait devant lui.

L’organe de l’odorat est, de même que celui dirgoût, avec lequel il a des connexions intimes, sujet à des aberrations sans nombre. Telle odeur qui est suave et agréable pour une personne est insupportable pour d’autres. L 'Assa fœtida, qui, à cause de son odeur repoussante, a été nommé par les Al-

DE L*ODOR.VT. ■ jji

lemands Stercus diaboli , est d’un "usage familier chez les peuples de l’Asie et de l’Inde, qui l’appellent le manger des dieux. Certaines maladies rendent supportables et môme agréables des odeurs fétides; c’est ainsi que les femmes hystériques aiment en général* l’odeur des cornes brûlées. Enfin il est des personnes qui ont l’odorat obtus, d’autres qui l’ont très-sensible ; mais faut-il croire ce qu’on nous raconte de quelques hommes qui ont reconnu par l’odorat que des femmes avaient cessé d’étre chastes; et des sauvages qui auraient pu suivre des hommes à la piste, et distinguer à des distances considérables les blancs d’avec les noirs?

La propriété des odeurs est différente selon leur nature : celle du pavot, de la jusquiame, du noyer, etc., endort. En général, les odeurs suaves excitent l’appareil nerveux, abattent le courage, réveillent les organes de la génération, causent quelquefois un collajîsus voluptueux indicible, et rappellent de tendres souvenirs. Aussi les poètes érotiques sesoutils plus à chanter le parfum des fleurs, l’haleine embaumée d’une maîtresse. On a vu des attaques d’hystérie, d’épilepsie, d’apoplexie,

J y a FACTIONS DE RELATION.

être le résultat d’odeurs trop fortes. Il est toujours imprudent de dormir dans un endroit où il y a des fleurs; outre l’arome, elles dégagent aussi dans l’obscurité de l’acide carbonique, qui est un véritable poison.

• L’habitude émousse l’odorat. Les personnes qui prennent du tabac ne l’ont pas, en général, aussi exquis que celles qui n’en prennent pas; un médecin, qui a besoin d’employer à l’investigation des maladies tous les moyens que la nature a mis à sa disposition, doit donc s’en abstenir, car il se priverait ainsi d’une ressource importante.

§ IV. Dè r onïe.

Ce sens a pour organe l’oreille, dont les ondes sonores sont l’excitant fonctionnel exclusif. ( Voyez , pour tout ce qui est relatif à l’audition, le Résumé de Physiologie, et celui de Physique pour la théorie du son et ses moyens de transmission.) C’est à l’aide dé l'ouïe que nous communiquons avec nos semblables, que nous .goûtons les charmes de l’éloquence, de la musique et de la poésie; d’où résulte que ce sens a la . plus grande

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