DE L’OUÏE
influence sur notre Développement intellectuel , et qu’il importe -de bien diriger son éducation. •
Lorsque l’appareil auditif est soumis pendant uu certain temps à d’action de sons trop intenses, sa sensibilité s’émousse et la surdité survient ; et lorsque cet organe est violemment heurté par un son intense auquel il n’a pas été graduellement habitué, il peut s’y développer ou une plilegmasiç 911 une hémorragie; souvent encore la membrane du tympan se rompt, soit à son centre, soit sur ses bords: l’explosion de la foudre, d’une grosse pièce d’artillerie, d’un magasin à poudre , sont les causes les plus ordinaires de ces accidens. Il arrive même qu’un son trop intense désorganise le nerf acoustique; et dans ce cas la surdité est irrémédiable.-
L’exercice de l’ouïe sur des sons d’une faible intensité donne à ce sens beaucoup de finesse. Le silence, qui n’est que la soustraction de l’excitant propre de cette fonction, lui donne le repos nécessaire pour réparer son excitabilité, et favorise le sommeil * et la méditation. L’homme devra s’habi-
tuer à un bruit modéré; càr pour que l’ouïe jouisse de toute sa perfection, il faut que ce sens ne soit fâcheusement influencé ni par des sons trop intenses ni par des sons trop faibles.
L’exaltation de l’ouïe ( hypercousie ) est toujours le résultat d’une affection cérébrale.
Les remèdes qu’elle réclame se bornent au repos de l’ouïe produit par le tamponnement de l’oreille, et ensuite l’exercice de ce sens sur des sons faibles , rendus plus forts par gradation. Quant à la paracousie , qui consiste dans un bourdonnement continuel de l’oreille, ou dans la perception discordante par * les «deux oreilles de sons d’une égale intensité, elle est toujours le résultat d’une congestion sanguine locale, ou de la pléthore générale, ou d’une artère anévrismatique. Il faut donc remédier à ces états, et la médecine en donne les moyens. (Voy.
Résumé de Médecine.)
L’adulte et le vieillard sont sujets à la dysécèe ou surdité incomplète. La thérapeutique est souvent impuissante pour le traitement de -cette affection, et alors l’hygiène fournira encore quelques moyens de facili-
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ter l’exercice de l’ouïe. Ces moyens sont les cornets acoustiques , instrumens qui ne sont qu’une application du porte-voix;. Pour la confection de- ces instrumens il faut employer, de préférence au bois, les métaux, tels que l’argent, le cuivre et le fer-blanc. Quant à la forme qu’il est préférable de leur donner, de nombreux essais ont été tentés, et aucun d’eux n’atteint complètement le but.
Cependant, M. Itard a imaginé un instrument préférable à tous les autres, qui imite, pour la propagation et le renforcement des ondes sonores , les parties de l’oreille destinées à atteindre ce but. Il est encore d’au-
très instrumens inventés par Mi Itard, tous ingénieux, mais dont il serait t^op long de donner ici la description.
Chez les enfans on rencontre aussi la surdité complète ou incomplète ; et l’une et l’autre entraînent toujours un mutisme plus ou moins complet. Deux moyens remédient à cette infirmité : le premier consiste dans le langage des gestes, moyen dont l’application a ) ux sourds-muets a été réduite en théorie à la fois ingénieuse et savante, d’abord par •l’abbé de l’Épée, et perfectionnée par ses suc-
' IJÔ FOJîCTIOJfS DE RELATION.
Cesseurs; et le second moyen est l’éducation directe de l’ouïe, dont MM. Deleau et Itard ont fait l’objet de leurs méditations, où ils paraissent avoir obtenu quelques succès, mais dont les résultats ne sont pas encore assez précis pour que nous en parlions ici.
§ V. — Delà 'vision.
\ Elle a l’œil pour organe, dont l’excitant propre est la lumière. L* exercice modifie et perfectionne singulièrement la puissance de ce sens. Mais pour que cet exercice . ne préjudicie point à la conservation de l’œil, il faut que-cet orgâne ne soit soumis ni à une lumière trop faible, ni à une lumière trop forte; qu’il ne soit point continuellement en action, et que la vue ne s’exerce pas sur des objets trop petits ou trop éloignés.
Si la lumière est trop vive , qu'elle soit directe ou réfléchie, elle excite l’œil à un trop haut degré, affaiblit la vue et produit la cécité. Les murs très-blancs, le sol couvert de neige, de-poussière blanche, de sable fin réfléchissent la lumière en très-grande quantité, et affectent l’œil avec autant d’énergie que si la lumière venait directement du so-
DE LA VISION. . iyj.
leil ou d’un foyer incandescent quelconque.
Il n’est doric rien qui altère davantage la vue qu’un travail fait à une lumièretrop vive, auprès d’un feu trop ardent, ou sur des métaux incandescens. L’exercicè trop soutenu de l’appareil de la vision à une lumière ordinaire , produit des effets analogues à ceux qui résultent d’une lumière trop vive.
Si, au contraire, on se soumet habituellement à une lumière trop faible, l’œil devient très-impressionnable ; la rétine se fatigue, et on arrive au même résultat que si on eût été frappé par une lumière très-intense. L’obscurité complète, outre qu’elle repose l’œil et lui permet de recouvrer sa sensibilité qu’un trop long’exercice avait épuisée, favorise le sommeil, si les autres organes de relation sont fatigués, tandis que si l’excitabilité cérébrale n’est pas épuisée, les facultés intellectuelles acquièrent plus d’énergie , l’homme devient plus susceptible déconcentrer son attention sur les objets qui l’occupent.
Lorsque la vue s’exerce sur des corps trop petits ou trop rapprochés , et cependant un certain temps, ou à des intervalles très-rapprocbés, l’œil acquiert la faculté de
HYGIÈNE. la
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distinguer les plus petites parties des corps, mais il ne voit plus aussi bien ceux qui sont éloignés: le contraire a lieu lorsqu’on $e livre à l’exercice opposé.
Toutes les fois qu’un rayon lumineux est réfracté par un prisme, if se décompose eu sept couleurs primitives, que tout le monde connaît. Jjes couleurs sont pour l’œil un excitant -d’autant plus énergique qu’elles sont plus éclatantes, et que l’œil est moins habitué aux rayons réfléchis. C’est ainsi que le blanc, qui, résultant de la réunion de toutes les couleurs, est , de toutês, celle qui fatigue le plus la vue, amène le plus promptement la rougeur des yeux, et à la longue la cécité. Les habitans des pôles Sont la preuve la plus éclatante de ce fait. Après le blanc vient le rouge. Le violet, l’indigo, le vert et le jaune, sont, au contraire, les couleurs qui concourent le plus à l’entretien de la vue. C’est donc elles qu’il convient de rechercher.
La lumière naturelle ne suffit pas aux besoins de l’homme, puisque pendant une grande partie de l’année l’obscurité se prolonge audelà du temps nécessaire au repos des organes; on y supplée par diverses subs-