SENTI MENS MORAUX. IOI
dont nous avons parlé plus haut, les senti mens moraux ne se manifesteraient point à nous , si un certain appareil organique n’était affecté à leurs manifestations. Le cerveau est encore l’organe de ces phénomènes.
Il est également impossible de déterminer, dans l’état actuel de la science, le nombre des sentimens moraux ; encore est-il plus difficile d’assigner leur ordre de génération, les rapports qui les unissent. Tout ce qu’on sait , c’est qu’ils ont pour effet constant de porter l’homme vers le bien et le bon , et de l’éloigner de ce qui lui est nuisible, ou de ce qui ne sympathise point avec les luis.
invariables.de sa nature. De même que les facultés intellectuelles, les sentiinens moraux tendent à se développer et à dominer les autres facultés; et, comme elles, ils sont susceptibles de se perfectionner en se développant. C’est encore l’œuvre de l’éducation. Aussi devra- 1- on étudier de bonne heure les penchans des enfans, afin d’arrêter dans leur développement ceux qui paraissent jouir d’une trop grande énergie , et stimuler par un exercice même assez violent ceux qui importent au bonheur de
l’individu , et sembleraient 11e pouvoir se manifester qu’avec peine.
Lorsque l’homme s’abandonne sans mesure à ses mauvais penchans, ils deviennent tellement impérieux qu’il a peine à leur résister. Sans doute, il peut toujours reconquérir sa liberté, mais ce ne sera qu’à l’aide d’efforts long-temps soutenus, et ce ne sera qu’après de nombreuses défaillances qu’il lui sera donné de triompher. Mais pour peu qu’un ou plusieurs de nos penclians soient devenus prédominans, ils ne tardent pas à influencer toutes les autres fonctions, au point que plusieurs d’entre eux deviennent la source de maladies toujours graves et souvent incurables. Ceci s’observe surtout dans nos sociétés civilisées, et principalement au sein des grandes villes, où des besoins plus nombreux et plus pressans que ceux que ressentent les gens qui mènent une vie retirée, se font sentir. Cette observation est tellement vulgaire que nous ne nous y arrêterons pas.
L’amour, l’ambition, la jalousie troublent le sommeil, la digestion, déterminent de brusques congestions vers les organes con-
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tenus dans l’une des trois grandes cavités. L’état de constante agitation auquel est en proie le malheureux qui est dominé par ces passions trouble le jeu de tous les organes.
Les affections bienveillantes, telles que la joie, l’amitié, etc., font éprouver au contraire, à celui qui les ressent, un bien-être parfait qui le maintient dans l’état de santé, soutient son organisation , et lui permet de mieux supporter une foule d’influences, fâcheuses pour celui qui- serait dans une position contraire.
Le problème à résoudre ici ne consiste point, ainsi qu’on l’a trop long-temps pensé , à chercher à étouffer dans l’homme certains sentimens, par cela seul que très-souvent, au lieu d’embellir la vie, ils ne font que la semer d’amertume. Il en est de nos sentimens comme de toutes les autres puissances qui sont en nous; tous sont originairement bons. Le mal qu’ils produisent ne provient que du trop grand développement qu’ils ont pris par suite de la détestable éducation ' morale que l’on est dans l’habitude de nous donner, et du peu de soin que la plupart
des hommes mettent à se commander à
JJYGIÈNE. • ir
ig4 FONCTIONS LE RELATION.
eux-mêmes. Or, le seul remède à tant de maux ne se trouve que dans les modifications que l’on fera nécessairement subir au système d’éducation généralement adopté, qui, étant* le même pour tous les enfans, quelles que soient leurs aptitudes originelles , ne convient à presque aucun , par cela seul qu’il est trop général. Mais ce n’est pas là l’œuvre d’un jour, et ce n’est point ici qu’il convient d’entrer dans de pareils détails ; qu’il nous suffise donc d’avoir indiqué les suites toujours fâcheuses des passions, et de dire que c’est dès la plus tendre enfance qu’on doit s’attacher à réprimer les penclians qui ont une trop grande énergie; car plus tard la chose devient fort difficile , et chez beaucoup elle est même impossible.