HYGIÈXE DE L* APPAREIL LOCOMOTEUR. I
repos , alors les parties musculaires acquièrent dans leurs mouvemens une grande perfection d’action, et elles deviennent le siège d’un surcroît de nutrition. L’effet de l’exercice se répète dans toutes les autres parties de l’économie, et influence toutes les fonctions. C’est ainsi que si l’exercice a lieu hors le temps de la digestion , il excite l’appétit, tandis que, pris au moment où cette fonction s’accomplit, il la trouble le plus ordinairement ; il active les circulations artérielle et veineuse, accélère la respiration, développe la calorification , augmente les sécrétions synoviales et surtout l’exhalation cutanée. Les organes cérébraux sont moins excités pendant le temps qu’on se livre à l’exercice, et ce n’est pas là un de leurs moindres avantages. Si on prolonge à l’excès le repos des organes musculaires, on observe des résultats tout opposés. F.n effet, on voit alors diminuer la nutrition deS| muscles, les mouvemens deviennent plus difficiles , et les forces générales s’affaissent. Si enfin le repos se prolonge indéfiniment.
Je mouvement finit par devenir impossible; car alors l’appareil musculaire s’émacie, le
calibre des vaisseaux qui s’y rendent diminue, l’exhalation des membranes synoviales n’a plus lieu, et îa soudure des articulations ne tarde pas à survenir. Ces effets ne sont encore que locaux. Mais là ne se bornent point les désordres qu’on observe dans le cas dont nous parlons. En effet, on voit alors que toutes les fonctions perdent de leur énergie, à l’exception de la sécrétion graisseuse, qui chez quelques individus semble augmenter, et des fonctions encéphaliques , qui sont toujours peu actives, lorsque les exercices musculaires sont très-violens et trop répétés. L’exercice et le repos n’ont donc point de valeur absolue.
L’un et l’autre sont fortifians ou débilitans, selon la manière dont on s’y livre; et la mesure dans laquelle on doit s’y livrer, varie selon les tempéramens et même les individus. Ainsi l’exercice conviendra beaucoup aux tempéramens sanguins et lymphatiques; car, dans les premiers, un repos trop prolongé les dispose aux congestions inflammatoires, et chez les seconds, il a pour effet de favoriser les engorgemens des glandes mésentériques et sous-cutanées.
HYG1ÈJVE DE l’ APPAREIL LOCOMOTEUR. KJÇ)
Les individus d’un tempérament nerveux, voient par l’exercice diminuer l’extrême sensibilité qui les tourmente. 11 n’y a que les températnens bilieux qui supportent assez bien le repos, et encore, s’il est trop prolongé, ne tardent-ils pas à être affectés de maladies plus ou moins graves du foie et de tout l’appareil digestif. Or, le principe général qui domine l’emploi des exercices musculaires, consiste donc à ne jamais s’a" bandonner à un repos absolu , et à se livrer au mouvement dans la proportion des forces générales.
L’effet des exercices dits passifs est tout différent. Ici l’homme ne se meut pas, il est seulement entraîné par une force étrangère ; et comme il ne se fait aucune contraction musculaire, le cœur ne reçoit qu’une très-légère influence de ce mode d’exercice.
La digestion, loin d’être troublée dans ce cas, est au contraire facilitée par les mouvemens imprimés. Il paraît que l’absorption est également accrue, tandis que la circulation, la respiration et la calorification n’éprouvent aucune modification. Mais les sécrétions internes, à l’exception des sécrétions
synoviales, sont évidemment activées. Tous ces points vont être surabondamment prouvés par 1 examen qui nous reste à faire de c a que espèce d’exercice, pris en particulier.
De la marche. Cet exercice met surtout en action les muscles extenseur^ et fléchisseurs des cuisses et des jambes, une grande partie de ceux du tronc, ceux de l’épaule et des bras. Si elle a lieu sur un plan incliné, e e exerce sur l’économie une bien plus grande influence que lorsqu’elle a lieu sur une surface plane; car la résistance à vaincre étant plus considérable, il en résulte qu’un plus grand nombre d’efforts sont nécessaires , et dès lors toutes les fonctions se trouvent portées bien au-delà de leur rhythme Habituel. Lorsque la marche est modérée, elle exerce sur l’économie la plus salutaire influence. Par elle les fluides animaux sont portés en abondance vers les membres inférieurs. Lorsqu’elle a lieu sur un terrain uni , elle peut être mise à exécution, même après le repas; elle convient aux convalescens, qui ne pourraient supporter une marche forcée, vu le peu de force dont ils jouissent.
De la course. Elle diffère de la marche
DE LA COURSE. * iOl
en ce que toute l’organisation est agitée par de violens ébranlemeDS qui se succèdent avec d’autant plus de rapidité que la course est plus accélérée. Dans ce cas , non-seulement les membres abdominaux participent au mouvement total , mais encore les muscles de l’épaule, du bras, de l’avant-bras, sont dans une contraction permanente. Cet exercice se lie principalement à l’acte de la respiration ; ainsi celui qui aurait les muscles des membres abdominaux très-développés et la poitrine étroite, ne pourrait soutenir une course un peu prolongée qu’avec beaucoup plus de difficulté que celui qui se trouverait dans des conditions opposées. Cet exercice convient surtout aux enfans et aux jeunes gens" des deux sexes, en ce qu’il facilite le développement de la cavité thoracique et des organes qui y sont contenus ; il convient à ceux qui sont affligés d’un tempérament lymphatique ; mais on ne doit jamais s’y livrer immédiatement après le repas. Ceux qui sont sujets aux hémoptysies , qui redoutent le développement d’une maladie, organique du cœur, doivent s’en abstenir complètement.
20 a FONCTIONS DE RELATION.
De la chassé. Si elle n’est pas portée à l’excès-, elle est infiniment avantageuse. Car, outre la marche et les différentes positions du corps qu’elle nécessite, elle habitue à supporter les variations de la température , •le froid, le soleil, la pluie. Le chasseur a ordinairement le corps robuste, l’appétit vif, tous les sens exquis, et cette observation n’est pas une des moindres preuves à donner en faveur de l’utilité de l’exercice. Il faut pourtant que le chasseur évite de respirer trop long-teitips l’air des marais et d’autres lieux infects. L’antiquité nous a peint Diane rebelle aux plaisirs de l’amour. L’allégorie est généralement vraie ; le chasseur n’aime que ses armes et ses chiens; il semble que toutes les autres passions de l’homme civilisé doivent céder à l’attrait que lui offre la chasse.
Du saut. Il a les propriétés de la marche au suprême degré ; pour détacher le corps du sol, les différentes articulations des mémbres et le tronc lui-même se fléchissent ; par une contraction brusque des muscles , elles se redressent , les pieds frappent le sol , le corps est projeté enfhaut, et les jambes se