‹ Résumé complet d'hygiène privée, ou exposition des moyens propres à maintenir les fonctions de nutrition, de relation et de génération, dans le meilleur état de santé possible ... Par m. le docteur Meirieu; revu par m. le docteur Léon SimonChapitre 43 sur 57 · DU SAUT · texte numérisé non relu

DU SAUT

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ployant de nouveau , les pieds se détachent entièrement du support. Les bras ne restent pas inactifs dans le saut , ils servent à donner l’élan. Ils sont dans une action encore plus marquée dans le saut à la corde, presque tous les muscles du corps agissent alors à la fois : aussi cet exercice est un des plus salutaires , un des plus propres à fortifier la constitution. On ne pouvait mieux faire que de l’adopter pour les jeunes filles. Cependant on ne doit pas s’y livrer immédiatement après le repas ; car alors il trouble la digestion. Si', dans l’action du saut, on n’a pas la précaution de fléchir toutes les articulations en retombant sur le sol, la commotion qu’on éprouve peut amener de funestes altérations du cerveau et de la moelle épinière.

De lu danse. Les mouvemens de la danse

sont avantageux ; mais cet exercice, quoique bon en lui-même, n’est pas sans inconvénient ; car, outre que la danse sert souvent d’ali- ^ ment aux passions , elle est encore condamnable par les circonstances dans lesquelles on s’y livre. C’est ordinairement la nuit, •dans une atmosphère viciée par une grande

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quantité de personnes et la fumée des lampes. De même que tous les autres exercices , on ne devra point s’y livrer aussitôt après le repas, ni prolonger cet exercice trop avant dans la nuit ; car le corps étant déjà épuisé par les fatigues du jour, ne peut être soumis impunément à un exercice violent et long-temps soutenu. Les réunions qu’on appelle bals, soirées, offrent en outre un grand nombre d’inconvéniens, tels que ceux qui résultent de l’accumulation d’un grand nombre de personnes dans un lieu toujours trop étroit ; de l’usage que l’on y fait de boissons et d’alimens en général peu réparateurs et de difficile digestion ; de ce qu’on est souvent vêtu trop légèrement pour la saison , et par là exposé à tous les accidens provenant du passage du chaud au froid. Mais tous ces points ont déjà été traités, et n’ont qu’un rapport indirect avec la danse.

De l'escrime. Parles nombreuses positions # qu’elle nécessite, elle donne de la vigueur au corps, et de la grâce, de la noblesse dans les attitudes et les mouvemens; elle convient surtout pour développer les muscles de la poitrine; mais on lui a reproché avec raison *

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DE I.’esCRIME. 2o5

d’exercer une moitié du corps plus que l’autre. Locke, dans son traite d’éducation, la condamne comme inspirant un esprit querelleur.

Des autres exercices. J’aurais encore à parler d’un grand nombre d’autres exercices actifs, tels que le cerceau, les quilles, les boules, le palet, le mail, la paume, la balle , le volant , le billard , le saut à la perche, la lutte, l’action de grimper, etc., qui tous ont des avantages incontestables ; mais les bornes de cet ouvrage ne me permettent pas de donner à cet article tous les développemens dont il serait susceptible; je laisse aux médecins judicieux à -déterminer le choix de ces différens exercices selon les indications qu’ils auront à remplir. Je regrette surtout de ne pouvoir jfcirler en détail de9 gymnases modernes et des pratiques merveilleusement combinées pour exercer tou9 les muscles du corps , que j’ai vu mettre en usage par un habile gymnasiarque, M. Amoros. Les extrémités, le tronc, le larynx, sont successivement et à la fois mis en action, et l’on fait ainsi servir les amusemens à la consolidation de la santc, ce qui est sans

Üo6 FONCTIONS 1)E RELATION.

doute bien préférable aux anti-scorbutique$ et aux autres médicamensdégoutans dont on abreuvait les en fans.

De la natation. La pesanteur spécifique du corps, presque égale à celle de l’eau, fait qu’il peut flotter sur celle-ci au moyen de légers mouvemens; quelques personnes grasses, munies de vastes poumons, se soutiennent ' même sur l’eau par leur seule pesanteur spécifique.

' La natation est la progression dans l’eau.

Presque tous les muscles du corps sont alors en action ; la meilleure méthode de nager est défaire la coupe; c’est-à-dire de sortir alternativementet entièrement les bras de l’eau à la partie postérieure du tronc, et par un mouvement de rotation de la tête de l’humerus les ramener à^la partie antérieure, et s’en servir ainsi comme de rames. Cette manière de nager a l’avantage d’exercer fortement les muscles de la poitrine et ceux du tronc, parce que l’on est obligé de se coucher alternativement sur un côté et sur l’autre; de plus, comme la progression est plus rapide , on établit , même en eau dormante , un courant assez fort qui frappe tous les

DE LA NATATION. 3tO •J

points de la peau et contribue singulièrement à lui imprimer de la force; voilà pourquoi, outre les avantages de la pureté de l’eau, il vaut mieux se baigner dans une eau courante que dans une eau stagnante; la méthode la plus défectueuse de nager est celle dite à la renverse, parce que le corps étant presque entièrement dans l’eau , on a peu d’efforts à faire pour se soutenir à la surface.

Nous avons déjà rappelé les avantages de la natation en parlant des bains froids, nous n’y reviendrons pas ; nous nous contenterons seulement de les consÉller comme activant les fonctions organiques, et pouvant, par l’effet sédatif du froid, calmer la surexcitation produite par la température de l’été , saison dans laquelle on se livre plus particulièrement et même presque exclusivement à cet exercice.*

De V équitation. Un exercice est d’autant plus salutaire qu’un plus grand nombre de muscles sont en action ; d’après ce principe, on conçoit l’avantage que peut procurer l’équitation et le choix que l’on peut faire des différentes allures du cheval. Le pas et #

le galop conviennent aux personnes convalescentes, le trot à celles qui ont la force de le supporter. D’après Hippocrate on a cru , mais à tort , que l’équitation rendait impuissant; l’exemple des cavaliers, des postillons, prouve le contraire ; la secousse que le cheval imprime à tous les viscères active leur action : ceux qui servent à la génération subissent la règle générale. Les cavaliers sont exposés aux hernies qui proviennent du relâchement des muscles abdominaux et de la contraction de ceux de la partie postérieure du tronc pour maintenir la rectitude de celui-Æ; de là résulte aussi une proéminence des viscères abdominaux que l’on nomme éventration , et à laquelle on remédie en portant une ceinture.

Le jeu de bagues est une véritable équitation artificielle qui est loin d’avoir les avantages du cheval; car on est toujours circonscrit dans un espace étroit et l’on n’éprouve presque aucune secousse.*

La balançoire est un exeroice à la fois actif et passif, selon que l’on imprime le mouvement ou qu’on se borne à y céder ; la percussion de l’air sur la peau et les secousses

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1)E LEQUITATIOW. 7 209

douces que les organes reçoivent, ne sont pas sans avantage. * *

De la navigation. L’oscillation , le balance* * ment du bateau, le roulis du vaisseau, l’air pur continuellement rafraîchi par l’évaporation , rendent ce genre d’exercice recommandable. Les différentes agitations de l’esprit dans les voyages de long cours , les changemens d’aspect, de ciel, de climat, ont été souvent efficaces contre des affections nerveuses , telles que la mélancolie , l’histérie, la manie, etc.

Il est cependant des individus qui sont singulièrement incommodés par le roulis du vaisseau et ne peuvent le supporter; ils ont alors ce qu’on appelle le mal de mer , qui consiste dans des vomissemens opiniâtres que souvent on ne peut calmer qu’en mettant pied à terre; néanmoins il arrive qu’après quelques jours de navigation tous les accidens se calment ; du reste cette question rentre dans le domaine de l’hygiène publique, où il en sera traité à propos de la santé des gens de mer (i).

De la voiture. D’après ce que nous venons

(\) Voy .Rétamé (/'Hvcikkb pdbi.iqii.

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3 10 v FONCTIONS DE RELATION.

de dire en parlant de l’équitation , on doit voir quels sont les services. que l'on peut espérer de la progression en voiture, et quel est le choix que l’on devra faire des différentes manières dont elles sont suspendues.

La chaise à porteur est la voiture la plus douce que l’on connaisse, et à peine doitelle être mentionnée dans un article où il est question de l’exercice.

De la voix. La voix est le principal moyen que nous ayons pour établir des relations avec nos semblables; elle a lieu par le passage de l’air contenu dans les poumons à travers la glotte; les contractions diverses des muscles de cette partie la rendent plus grave ou plus aiguë; mais sans le secours de la langue , des muscles buccinateurs et labiaux, nous ne pourrions donner qu’un son vague et confus; en un mot, il nous serait impossible d’articuler.

La parole distingue éminemment l’homme de l’animal. Lui seul peut varier sa voix à l’infini et lui imprimer assez de modifica* tions pour exprimer toutes les nuances de ta pensée. Mais gardons-nous pourtant de prendre l’effet pour la cause ; ce n’est p as

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