‹ Résumé complet d'hygiène privée, ou exposition des moyens propres à maintenir les fonctions de nutrition, de relation et de génération, dans le meilleur état de santé possible ... Par m. le docteur Meirieu; revu par m. le docteur Léon SimonChapitre 46 sur 57 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Repos des organes de relation.

Dans les différens çhapitres de ce Résumé, nous avons tenu un compte rigoureux du repos isolé de chacun des appareils organiques que nous avons passés en revue. 11 s’agit

ai4 FONCTIONS DE RELATION.

îci d’examiner les effets du repos de tous les organes, et surtout de ceux qui sont affectés à l’accomplissement des fonctions de rapport. Ici deux cas peuvent se présenter. Dans le premier, tous les organes de relation sans exception, ne répondent plus aux excitations extérieures , et l’homme n’a plus conscience de ce qui se passe en lui. Dans le second , bien que la plupart des organes de relation soient endormis, quelques-uns d entre eux continuent à produire certains actes intellectuels dont quelquefois nous conservons le souvenir après le réveil, ainsi que cela a lieu dans les rêves , ou dont nous perdons absolument la trace, comme cela arrive dans le somnambulisme.

Du sommeil. Il consiste dans le repos des organes de relation. La nature y convie tous les êtres , en étendant sur eux les voiles de la nuit, et en diminuant ainsi, autant que possible, leurs rapports avec les objets qui les entourent. Chez les animaux, il survient d’abord un abattement des forces musculaires; les paupières se ferment, et mettent les yeux à l’abri des rayons lumineux; l’action des autres sens cesse bientôt ; les

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fonctions organiques, telles que la respiration , la circulation, se ralentissent; la chaleur animale , les sécrétions diminuent, la digestion s’accomplit plus lentement. L’homme qui dort ne vit pour ainsi dire qu’à demi.

Aussi l’influence de toutes les causes destftctives de la vie se fait-elle sentir avec bien plus d’énergie pendant le sommeil, alors que les forces vitales ne peuvent pas agir assez efficacement. Le sommeil a pour effet constant de rendre à tous les organes , et en particulier à ceux de relation , toute la vitalité que les fatigues de la veille leur avait fait perdre, de dissiper leur lassitude, de leur rendre toute leur énergie. Pendant le sommeil, la vie est en moins, comparée à l’état de veille, et c’est pour cette raison que l’on est plus sensible au froid, et que l’on ne peut pas s’endormir sans danger à une température de io à la degrés au-dessous de zéro, tandis qu’un homme éveillé peut supporter plus de 5o degrés de froid.

On a cherché à expliquer le sommeil, et on a eu recours à des hypothèses toutes plus invraisemblables et ridicule^ les unes que les autres. On ne peut en trouver les causes

ai6 PONCTIONS I»E RELATION.

que dans l’intermittence d’action de toutes les puissancfes organiques.

Le sommeil a aussi été accordé aux hommes pour adoucir les maux auxquels ils sont soumis dans ce monde ; par lui les douleurs physiques et morales sont calmées :

ôtiez «à l’homme le sommeil et l’espéranêt, vous en ferez l’être le plus malheureux; mais le sommeil le remet 'des fatigues du corps et de l’esprit qu’il a essuyées ; il oublie un instant ses peines, et à son réveil il se sent renaître, il lui semble avoir de nouveaux organes. Alors, si l’homme est libre de toute peine morale, ses membres sont plus agiles, il se sent dispos, ses sens savourent avec plaisir les ftnpressions, ses idées sont plus lucides , la conception plus rapide : aussi le réveil est-il le moment le plus propre à la composition.

Pour jouir de tous les avantages que procure le sommeil, il faut qu’il soit limité dans de certaines bornes. Trop court, il ne répare pas assez ; trop long , il appesantit et dispose à l’hébétude. Un homme adulte doit dormir six heures au moins et huit heures au plus ; les personnes faibles, les

DÜ SOMMEIL.

femmes, les enfans dont la sensibilité est plus exquise, doivent dormir de sept à neuf heures.

Ce n’est jamais sans inconvénient que, dans la vue de doubler l’existence, on consacre au travail des heures dérobées au sommeil ; la santé s’altère bientôt, le cerveau fatigué s’épuise, on sent une lassitude générale, les opérations de l’âme sont difficiles , les perceptions confuses , enfin l’hypocliondrie, l’hystérie, l’épilepsie, la mélancolie, les inflammations cérébrales et une foule d’autres affections (car il n’en est pas qui ne puissent être le résultat de veilles trop prolongées ) forcent de mettre fin à ce genre de vie. Le précepte général à suivre, c’est que le sommeil est suffisant lorsqu’au réveil on se sent remis des fatigues de la veille.

Des effets non moins redoutables se ngontrent, si l’on consacre au sommeil un temps qui appartient à l’exercice; l’activité des sens et les forcçs de la vie diminuent, les organes ne sont plus aptes à remplir leurs fonctions, le Corps s’amollit, engraisse, la mémoire se perd, toutes les facultés de

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