‹ Résumé complet d'hygiène privée, ou exposition des moyens propres à maintenir les fonctions de nutrition, de relation et de génération, dans le meilleur état de santé possible ... Par m. le docteur Meirieu; revu par m. le docteur Léon SimonChapitre 49 sur 57 · DES ORGANES DE REPRODUCTION · texte numérisé non relu

DES ORGANES DE REPRODUCTION

Une loi invincible, nécessaire, porte l’homme à donner naissance à des êtres en tout semblables à lui. Pour l’accomplissement de cette loi, l’homme et la femme possèdent chacun un appareil organique différent dans sa conformation, et auquel des fonctions diverses sont départies. Un caractère qui distingue d’une manière toute spéciale les fonctions qui nous occupent, c’est qu’elles ne peuvent être accomplies que pendant une certaine période de la vie humaine, en deçà et au-delà de laquelle l’un et l’autre sexe sont inaptes à se livrer avec fruit à l’acte reproducteur.

La condition indispensable à la propagation de l’espèce, est l’union des sexes.

Cet acte est accompagné de jouissances si vives et si bien partagées, qu’au moment

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où l’homme et la femme sont dan» toute a plénitude de la santé et de la vigueur, il semble qu’ils ne soient appelés à vivre que pour faire jouir d’autres êtres du même bienfait. Dans notre état de civilisation, tout conspire à exciter nos désirs, et à porter les deux sexes l’un vers l’autre. Et cependant, sans adopter les déclamations insensées de ceux qui prétendent que le sublime de la vertu consiste à se soustraire à la loi de la reproduction et à dompter d’une manière absolue un besoin tout aussi réel qu’un autre, reconnaissons que les plaisirs de l’amour ne sont point le but de la vie, mais seulement un moyen ; que l’homme qui en fait sa pensée dominante se rapproche de la condition des brutes, et fait abnégation delà dignité humaine. Ce n’est pas que sous ce rapport , comme sous tous les autres-, notre siècle ait rien à envier à ceux qui Font précédé. L’histoire prouve au contraire que nos aïeux, moins éclairés que nous, étaient moins moraux ; et qu’en même temps que les lumières se sont plus généralement répandues, les vertus sociales et domestiques ont également jeté de plus profondes ra-

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cines dans nos âmes. Cependant nos mœurs réclament encore de grandes améliorations.

C’est à la Morale (i) à les provoquer, et à rjËDüCATioN qu’il appartient de les réaliser. Pour nous, nos soins doivent se borner à dire à quels dangers s’exposent ceux qui s’abandonnent sans réserve à des plaisirs qui ont aussi leur amertume, et quels moyens sont propres «à maintenir dans un ]>arfait état de santé les organes générateurs. Ici ne devra point se borner notre tâche. Nous aurons encore à faire connaître les moyens hygiéniques qui intéressent la santé du produit de la conception, à dire . quels soins réclament la mère et l’enfant au . moment de l’accouchement , et à suivre l’un et l’autre jusqu’à l’époque du sevrage, époque à laquelle la mère rentre dans les conditions de la vie commune, et où l’enfant ne réclame plus l’observance d’autres règles hygiéniques que celles qui conviennent aux autres hommes. Ce sera le sujet d’autant de paragraphes.

Voy. Résumé de Mohale, par M. Parisol, i voi. 5 [r 5oc.

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§ I. — Modificateurs des organes générateurs chez les deux sexes.

Le gland chez l’homme, la vulve et le vagin chez la femme, étant revêtus d’une membrane muqueuse pourvue d’un grand nombre de follicules qui sécrètent en plus ou moins grande abondance un mucus destiné à lubrifier ces organes, il en résulte qu’ils réclament des soins particuliers. Peu abondante dans le jeune âge, et chez ceux qui n’abusent pas des plaisirs de l’amour, le produit de cette sécrétion de-* vient au contraire assez considérable dans • un âge plus avancé , et surtout chez les individus des deux sexes qui abusent de leur puissance génératrice, chez qui les organes génitaux sont dans un état presque permanent d’éréthisme. Chez ceux-là , il arrive souvent que la muqueuse génitale s’irrite, et alors le produit de la sécrétion est nonseulement accru, mais encore modifié dans ses qualités , et par conséquent dans son ac* tion. Telle est, n’en doutons point , la source d’une foule de maladies appelées syphilitiques , auxquelles on a attribué une origine

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spéciale, et que l’on a considérées comme étant toujours le résultat d’un virus, sur-la nature et le mode d’action duquel on n’a jamais rien su de satisfaisant. Les lieux de prostitution, où la même femme reçoit tous les jours les embrassemens de plusieurs hommes, sont la voie la plus ordinaire par laquelle se propagent ces maladies. Or, les moyens les plus sûrs de se garantir des accidens que nous venons de relater sont , sans contredit, de s’abstenir de fréquenter ces lieux; et si, au point où en sont les choses chez nous , il est difficile qu’un pareil conseil soit universellement suivi, personne n’en contestera la justesse. Mais, en effet, à l’époque de la vie où l’homme éprouve avec le plus de force le besoin de l’union des sexes, sa position sociale n’est pas encore assez bien déterminée pour qu’il puisse songer à contracter alliance. 11 se trouve donc dans la triste nécessité ou de soutenir une lutte souvent inégale avec des besoins très-impérieux, ou de contracter des liaisons qui répugnent à tout homme honnête, et entraînent à de fâcheuses conséquences; ou d’aller assouvir sa passion dans

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les bras des prostituées. Sous ce rapport, comme sous beaucoup d’autres, nos institutions sont vicieuses. Qu’il nous suffise d’avoir constaté le fait , c’est à d’autres qu’il appartient d’y porter remède ( Voyez Hygiène publique). Quant à présent, considérant l’existence des lieux de prostitution comme un fait, est-il un préservatif des maladies contagieuses que l’on peut contracter auprès des femmes de mauvaise vie ? Quelle que soit la réponse à cette question, nous dirons en thèse générale qu’il convient que „ l’homme et la femme entretiennent constamment la propreté des organes sexuels, en les soumettant à des lotions répétées, faites avec de l’eau pure, soit froide, soit tiède, selon la saison. Les arômes, dont on fait un si grand usage, ne sont jamais utiles, et offrent tous les inconvénieus des autres cosmétiques.

Exhalation menstruelle. Dans les climats chauds vers l’âge de huit à douze ans , de douze à seize dans les climats tempérés, et de seize à vingt dans les pays très-froids , l’utérus, qui jusque là avait semblé un organe inerte dans la constitution de la fem-

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me, devient le siège d’un écoulement sanguin périodique, appelé écoulement menstruel.

Les perversions de cet écoulement entraînent à des accidens si graves et si multipliés, qu’il importe de fixer notre attention sur les causes qui amènent ces dérangemens, et sur les moyens de s’en préserver.

On reconnaît que chez une jeune fille l’é-coulement menstruel ne tardera pas à s’établir, à l’apparition de certains phénomènes ou signes, qui tantôt dénotent un état de pléthore générale, et tantôt une congestion locale. Au nombre des premiers , on trouve des pesanteurs de tête, de la gène dans la respiration, despalpitations, des vertiges, de la propension au sommeil. Les seconds se composent de douleurs vagues dans le basventre, les hypocondres, les aines, les cuisses, et souvent une tension doüloureuse des seins, qui à cette époque prennent un accroissement plus ou moins rapide. A ces phénomènes, se joignent d’autres signes qui annoncent que le moral de la femme éprouve de profondes modifications. ( Voyez Notions générales, art. des sexes.) C’est alors que les organes sexuels commencent à être humectes

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d’une sérosité légèrement colorée, à laquelle ne tarde pas à succéder l’écoulement d’un sang rouge et vermeil. Alors les règles sont établies.

Lorsque la menstruation a de la peine à s’établir, les moyens que l’on doit mettre en usage pour en favoriser l’irruption, sont ceux qui tendçnt à faire de l’utérus un centre de fluxion prédominante. Ils consistent à entretenir la chaleur des cuisses et du bassin à l’aide de Vêtemens de laine, de frictions sèches pratiquées sur les cuisses et le bas-ventre, à exposer à la vapeur de l’eau chaude les organes génitaux, à obliger les jeunes filles à un exercice corporel modéré.

Enfin, dans beaucoup de cas, le mariage est souvent le moyen le plus propre à déterminer une congestion vers l’utérus. Disons cependant que ce dernier moyen ne réussit pas toujours ; ce qui tient alors à ce que l’utérus est le siège d’une irritation plus ou moins vive, que l’état de mariage ne fait qu’entretenir et quelquefois accroître. Enfin, il arrive que l’écoulement menstruel ne s’établit qu’avec beaucoup de difficulté , parce qu’un ou plusieurs des organes importans

EXHALATION MENSTRUELLE. 2 35 à la vie sont atteints d’irritation chronique ; et dans ce cas , il faut s’attacher à détruire la maladie qui est le seul empêchement à rétablissement des règles.

Une fois les règles établies, il convient, à l'époque où l’écoulement doit apparaître et pendant qu’il existe, d’éviter tout ce qui peut le supprimer; comme l’action du froid et surtout du froid humide, les impressions morales trop vives, les fatigues poussées à l’excès, en un mot, toutes les causes d’excitation générale, qui, portant leur action sur tous les systèmes de l’économie, deviennent révulsives de celle qui est nécessaire au maintien de l’écoulement périodique. Il est inutile de dire que l’on doit observer tous les soins de propreté qui sont trop connus pour que nous en fassions mention, et que l’ion doit éviter, dans l’accomplissement de ces soins , de faire usage de liquides froids qui supprimeraient les menstrues, et de liquides trop chauds qui pourraient amener des pertes.

Il est des femmes d’une constitution faible, qui ont cependant des règles tellement abondantes qu’qlles s’en trouvent épuisées.

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