‹ Résumé complet d'hygiène privée, ou exposition des moyens propres à maintenir les fonctions de nutrition, de relation et de génération, dans le meilleur état de santé possible ... Par m. le docteur Meirieu; revu par m. le docteur Léon SimonChapitre 48 sur 57 · DU SOMMEIL · texte numérisé non relu

DU SOMMEIL

sa torpeur. Croyons, du reste, que dans nos climats, l’habitude de la méridienne est toujours funeste, et que si, pendant les fortes chaleurs de l’été, on éprouve des insomnies, c’est encore moins à l’élévation de la température qu’il faut l’attribuer, qu’à l’usage où l on est de se livrer à un repos qui ne peut jamais être complètement réparateur, puisqu il est pris à l’époque de la journée où les causes d’excitation jouissent de la plus grande énepgie.

La position la plus favorable pour se livrer au sommeil , est d’étre étendu horizontalement, la tête un peu relevée. 11 est indifférent pour une personne qui se porte bien , d’être sur le côté droit, ou sur le gauche , ou sur le dos ; le décubitus sur le côté droit favorise le passage des alimens de l’estomac dans les intestins; mais nous avons dit que l’on ne devait se coucher qu’après la digestion stomacale; celui sur le dos a l’inconvénient de favoriser l’excitation des organe» génitaux; celui sur le côté gauche nuit, dit-on , aux mouvemens du cœur ; mais si l’on considère que cet organe est situé au .milieu de la poitrine , et que sa pointe seule

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est dirigée à gauclie, on verra bientôt que la circulation doit être empêchée par toute autre cause, et qu’il faut prendre en considération le foie, organe volumineux, lâchement fixé dans l’hypocondre droit, et le changement de rapports des organes abdominaux déterminés par la chute de celui-ci.

Laissons donc à chacun en particulier à choisir la position qui lui sera lapins favorable.

On doit être couvert dans le lit de ma^ nière seulement à ne pas avoir froid ; la trop grande chaleur énerve, surtout si elle est jointe à la mollesse des matelas ; la transpiration est plus active, la circulation accélérée, et à son réveil on se trouve plus accablé qu’avant de se mettre au lit. Le corps doit être débarrassé de tout lien , la tête peu ou point couverte.

Un lit, pour être convenable à la santé , doit être un peu dur, et placé de manière que l’air puisse librement circuler autour; on ne doit pas s’enfermer dans des rideaux ou dans une alcôve. Il est important d’habituer les enfans à dormir sur toute sorte de coucher. On dort partout lorsqu’on a besoin de repos. Les Écossais dormaient sur

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la neige, Turehne sur l’affût d’un canon , pendant une nuit d’hiver.

Des rêves. Alors que les cinq sens sont endormis, il arrive fort souvent que l’espèce humaine conserve assez d’activité pour opérer, lier des idées, et les associer dans un ordre quelquefois assez logique, le plus souvent complètement extravagant. C’est ce qu’on appelle les songes. Dans toutes les conditions de la vie, et jusqu’à tous, les âges, ce phénomène est susceptible d’étre observé.

Cependant on l’observe plus chez les hommes qui jouissent d’un grand développement intellectuel que chez l’homme simple et borné, dont les idées ne vont pas au-delà de la satisfaction des premiers besoins de la vie.

Comme nous avons précédemment établi que l’esprit humain ne pouvait se manifester au dehors qu’à l’aide de certaines conditions organiques, et que l’appareil spécialement affecté aux actes intellectuels et moraux est le cerveau, il suit de là que les songes ne peuvent avoir lieu qu’autant que l’encéphale , trop vivement excité pa*r les travaux et les fatigues de la veille, ne par-

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ticipe pas au repos des autres organes dans une proportion égale à ceux-ci. Du reste, c’est une grande question , sur laquelle les physiologistes et les psychologues sont loin d’être d’accord , et même sur laquelle les physiologistes ne possèdent que de vagues données, que celle de savoir si dans les rêves qui nous occupent, l’esprit humain opère sans le secours de l’organisation du cerveau. Cette question se rattache évidemment à celle de la double nature de l’homme sur laquelle ce ri*fest point ici le lieu de se prononcer.

Quoi qu’il en soit, il est certain au moins . que le sommeil n’est ni aussi parfait, ni aussi réparateur, lorsqu’il est agité par les songes, que lorsqu’il est complet , et même si un songe est pénible , le réveil est constamment accompagné de fatigue plus ou moins grande. Ce qui prouve jusqii’à l’évidence que l’organisme n’est jamais étranger à ces phénomènes.

Mais si les songes ont pour résultat constant de fatiguer nos organes, il faut donc les éviter autant qu'il est en nous. La chose n’est*pas toujours possible. Cependant, disons qu’on ÿ sera d’autant moins exposé,

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que l’on évitera plus soigneusement , pendant la veille , de s’abandonner trop exclusivement à des travaux ayant pour objet des matières ardues, et que l’on sera moins dominé du désir d’obtenir la solution des difficultés que l’on veut vaincre. D’un autre côté , ceux qui vivent avec sobriété, qui ne font aucun abus des excitans alcooliques, qui passent leur soirée loin des nombreuses réunions où tout trouble et agite ceux qui s’y trouvent, seront encore moins tourmentés par des rêves que celui qui bénévolement se place dans des conditions tout opposées. Enfin, si on ne peut se soustraire entièrement à toutes les causes d’excitation que nous venons de signaler, il sera utile de faire diversion aux idées qui nous préoccupent, avant de se mettre au lit; ce qu’on obtiendra par une promenade, une conversation attrayante, quelquefois même tant soit peu futile, ou par un travail manuel quelconque.

Du somnambulisme. Il arrive souvent que certains individus , alors qu’ils sont insensibles à toutes les impressions qui viennent du dehors, abandonnent leur lit, les yeux complètement fermés, se livrent aux.

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mêmes actes que pendant l’état de veille, et apportent dans leur exécution une perfection dont ils seraient incapables. C’est ce qu’on appelle le somnambulisme naturel .

Les ouvrages de physiologie abondent en faits de cet ordre , et il n’est pas de recueils historiques où on n’en rencontre. Le cerveau ne peut être étranger à la production de ce phénomène. Mais comment se fait-il que l’homme dans cet état puisse agir sans le secours des sens ? La physiologie constate le fait , elle est impuissante à l’expliquer, et* l’hygiène ne peut sur ce point donner d’autres conseils que ceux qui sont applicables aux rêves.

11 est un autre ordre de phénomènes ayant avec ceux que nous avons relatés la plus grande analogie, et qu’on a appelé somnambulisme magnétique. Nous n’en parlerons point ici. C’est à I’HygLère publique qu’il convient d’en traiter , vu que les faits appelés magnétiques forment aujourd’hui une branche de spéculation médicale sur laquelle il convient d’éclairer la bonne foi publique, provoquerle jugement des corps savans , et appeler l’attention de l’autorité.

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