‹ Résumé complet d'hygiène privée, ou exposition des moyens propres à maintenir les fonctions de nutrition, de relation et de génération, dans le meilleur état de santé possible ... Par m. le docteur Meirieu; revu par m. le docteur Léon SimonChapitre 51 sur 57 · ÉPOQUE CRITIQUE · texte numérisé non relu

ÉPOQUE CRITIQUE

la période menstruelle est -ordinairement, de trente ans. La diminution progressive du sang écoulé, et l’éloignement toujours croissant des époques où l’écoulement a lieu, annoncent l’époque dite critique. Il est des femmes cependant chez qui les choses ne se passent pas avec autant de régularité; chez quelques-unes , les règles cessent toutà-coup , et on voit apparaître ou des écoulemens hlancs ou des sueurs abondantes.

Chez d’autres, il se fait de brusques congestions vers les organes qui , pendant la vie, auront été le plus excités. Chez les femmes qui auront fait abus du régime, l’estomac et le foie deviendront malades ; ce sera le cerveau chez celles qui seront douées d’une grande énergie morale ; les articulations , chez celles que leurs occupations auront fréquemment exposées à l’action du froid humide; et enfin l’utérus , chez les femmes qui se seront abandonnées sans réserve et sans mesure aux plaisirs de l’amour. Il n’est donc point de moyen spécial qui doive préserver des orages de l’époque dite critique.

C’est par l’observation des règles hygiéniques seules, pendant tout le cours de la vie.

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que l’on pourra* prévenir les accidens si communs de cette période de l’existence.

Si cependant des signes de pléthore se manifestent, il faudra les combattre par les moyens qu’indique la Médecijte proprement dite. Ainsi les femmes qui, depuis plusieurs années , n’ont point eu leurs règles, devront se faire pratiquer une saignée ; se livrer à un exercice musculaire en rapport ayec leurs forces; porter des vêtemens chauds , afin d’attirer à la peau le surcroît de vitalité qui menace des organes importans; se soumettre à un régime sévère et composé d’alimens peu réparateurs ; s’abstenir des réunions trop nombreuses.

Onanisme . Les deux sexes sont sujets à contracter une habitude vicieuse, qui est toujours le résultat d'une mauvaise éducation, delà fréquentation de gens immoraux, ou d’un état d’irritabilité extrême des organes génitaux , irritabilité qui sollicite les jeunes gens des deux sexes à rechercher des sensations que leur âge et leur position leur interdisent. On a donné à cette habitude le nom d'onanisme. Les dangers auxquels elle

ONANISME. 25g

Conduit, sont si bien connus, que nous ne les relaterons pas. Mais ce qu’il convient d’indiquer ici , ce sont les moyens à l’aide desquels on peut prévenir une semblable habitude, et ceux que les parens doivent mettre en usage , lorsqu’ils n’ont pu en empêcher le développement. Dans le premier cas, il faut surveiller les enfans avec un soin extrême, les assister même au milieu de leurs jeux, et ne pas les laisser se lier avec ceux dont on soupçonnerait que l’éducation a été négligée. En outre, il ne faut jamais les laisser au lit sans dormir, et composer leur coucher de matelas de laine ou de crins, sans jamais leur donner de lit déplumé; en un mot , éloigner toutes les càuses d’excitation générale. Lorsqu’on a reconnu l’existence du mal; il faut encore recourir aux précautions que nous venons d’indiquer, fatiguer l’enfant par un exercice musculaire un peu soutenu, le tenir pendant le jour dans une activité continuelle , surveiller son sommeil, lui faire observer un régime débilitant, et . surtout éviter l’usage des boissons excitantes ; enfin , l’empêcher de se livrer à des lectures qui pourraient éveiller en lui des

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désirs déjà immodérés , le ténir éloigné des spectacles et de la contemplation des objets d’arts qui, directement ou indirectement, le ramèneraient vers les idées qu’on veut éloigner.

§ II. — De la grossesse.

Nous n’avons point à envisager cet état sous le double point de vue de la Physiologie et de F Art de l'Accoucheur (i); nous n’avons qu’à indiquer les soins particuliers que réclame la femme enceinte.

Lorsqu’un des ovules contenus dans l’ovaire de la femme a été fécondé par la liqueur séminale de l’homme , la masse qui doit former l’enfant s’accroît aux dépens de la mère, à peu près comme la graine s’accroît aux dépens du sol qui lui sert de réceptacle. Alors la femme devient plus sensible et plus impressionnable ; et son état ne réclame d’autres soins que ceux qui sont indiqués par les divers accidens qui sans cesse viennent traverser la gestation. Ce-

( 1 ) \ oy. le Rêtumé de CmiTiiicfi, par M. le docteur SI eiricu , 1 roi. 3 fr. 5o c.

DE LA GROSSESSE. if*

pendant il est quelques préceptes que nous croyons utile de rappeler sommairement.

Nous avons déjà indiqué, en parlant des vêtemens, les précautions que doit prendre la femme enceinte, et pour elle et pour son enfant. Nous allons compléter ce qui nous reste à dire pour le maintien de la santé de ces deux individus.

La gestation, avons -nous dit, rend la femme plus impressionnable: elle doit donc éviter avec soin tout ce qui peut émouvoir sa sensibilité; elle devra n’user qu’avec modération des plaisirs de l’amour, tant pour elle que pour son enfant, quoiqu’elle s’y sente portée avec plus d’entraînement qu’aux autres momens de son existence. Son régime sera doux et nourrissant. Elle pourra satisfaire les appétits bizarres qui quelquefois accompagnent la grossesse, tant qu’ils seront compatibles avec le libre exercice de la santé, quoique l’on n’ait rien à craindre pour les formes de l’enfant, des désirs contrariés : opinion qui jouit cependant encore d’un ridicule crédit. Les bains tièdes pourront être pris sans craindre l’avortement, pourvu qu’ils ne soient pas trop répétés;

HTGlÈIfE.

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l’exercice , les travaux mécaniques et intellectuels , les distractions , s’ils ne sojit pas portés à l’excès , seront utiles.

§ III. — Des couches.

Parvenue au neuvième mois de la grossesse, la femme se débarrasse du produit de la conception. L’accouchement n’est pas une maladie, mais peut être regardé comme un état intermédiaire entre celle-ci et la santé. Un bouleversement trop grand s’opère dans son économie pour qu’on n’ait pas à redouter des maux graves; aussi la plus légère cause peut donner lieu à des dérangemèns fàcheûx. La femme nouvellement accouchée doit garder le lit de huit à quinze jours, selon son état et sa constitution; elle observera une diète sévère, et prendra seulement quelques tasses d’infusion légère de fleur de tilleul , ou toute autre boisson délayante jusqu’après le cinquième jdur, époque à laquelle cesse l’exacerbation à laquelle on donne communément le nom de fièvre de lait. Si la femme allaite son enfant, on pourra être moins sévère sur la

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nourriture, et dès le troisième ou quatrième jour on pourra permettre une soupe végétale légère. Dans l’un et l’autre cas , la fièvre de lait sera d’autant moins forte que la diète aura été mieux observée.

On devra couvrir modérément l’accouchée, de njtanière seulement à ce qu’elle ne prenne pas de froid; il est une pratique funeste que l’on doit à une habitude anciennement enracinée , c’est de couvrir les seins avec des ouates de coton , et de maintenir ainsi sur ces organes une chaleur qui dispose à l’inflammation pour peu qu’on ressente le contact de l’air. Il ne faut non plus user d’aucune application graisseuse ou autres, dans l’intention de faire passer le lait. Ces topiques sont toujours nuisibles. Au reste, on en verra rarement fci nécessité, si on fait observer la diète que nous avons recommandée.

Une autre habitude qui est également funeste , et qui peut donner lieu à une inflammation des intestins , c’est de serrer le ventre avec une serviette , afin d’effacer les signes indélébiles de l’enfantement ; on’ peut tout au plus permettre de soutenir légère * *■

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ment les parois abdominales chez les femmes qui ont la fibre lâche.

La sensibilité étant très-exaltée , il faut éloigner de la femme tout ce qui pourrait l’exaspérer ; les odeurs lui sont préjudiciables ; il faut de temps en temps renouveler l’air de son appartement, et surtput fermer la porte aux importuns qui abondent toujours en pareille occasion.

§ IV. — De V allaitement.

Les glandes mammaires sont les organes de la lactation. Le stimulant qui les excite à entrer en fonctions, est la succion opérée par la bouche de l’enfant. Le produit de la sécrétion est 1| lait dont nous avons indiqué déjà et leS propriétés et la composition. (Voy. première partie , chap. I er .)

En thèse générale, une femme doit toujours allaiter son enfant, tant dans son propre intérêt, que dans celui de l’être auquel elle a donné naissance. Cependant il est des femmes dont le lait est trop séreux et par conséquent trop peu nourrissant, et d'autres qui sont d’une trop faible consti

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tution, pour qu’elles puissent sans danger accomplir les devoirs de nourrice; et c’est alors qu’il faut recourir à des soins étrangers.

L’enfant doit être présenté au sein de la.

mère quelques heures après sa naissance; on ne doit pas attendre , comme on le dit communément, que la fièvre de lait se déclare ; car, ainsi que nous l’avons vu , ce taouvement de la nature n’est produit le plus souvent que par les écarts de régime, et surtout par le vin et les spiritueux dont, on abreuve quelquefois les accouchées.

Le premier lait est séreux et légèrement laxatif; il faitrendre à l’enfant le méconium, et remplace avantageusement les purgatifs que l’on mettait autrefois en usage; ce qui a fait dire que les premiers pas de l’enfant se faisaient dans une pharmacie.

L’enfant sera présenté au sein de la mère à plusieurs reprises dans le jour, mais on devra l’habituer de suite à ne point téter U toute heure de nuit. Aussitôt que l’enfant aura cessé de téter, dans les premières semaines de la vie, on lui fera prendre un peu d’eau sucrée tiède, pour faciliter la

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