HYG. DES ORGANES DE REPRODUCT
digestion du lait et éviter ces régurgitations que le vulgaire peut estimer, mais que le médecin se garde bien de considérer comme un signe d’heureuse digestion.
Mais enfin, lorsque par suite d’une des causes que nous avons «mentionnées, ou parce que la mère est en proie à une affection grave d’un ou de plusieurs organes, on est obligé de recourir à une nourrice étrangère, il faut alors chercher une femme qui offre toutes les conditions requises pour suppléer la mère autant que possible.
Une nourrice doit être brune, bien faite, en bonne santé; les seins, de médiocre grosseur, doivent être sillonnés par des veines bleues; son lait doit avoir une consistance différente selon l’âge de l’enfant et la force de son estomac ; car un lait trop épais est trop substantiel pour un estomac débile, il ne se digère pas, irrite l’estomac et donne lieu à des coliques, des dévoiemens, qui cessent ordinairement sans avoir recours à des médicamens et par le seul soin de donner moins de nourriture à l’enfant.
Le lait d’une femme varie d’après une
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foule de circonstances: en général il devient plus épais au fur et à mesure que l’on s’éloigne de l’époque de l’accouchement; mais on ne peut pas établir ceci en règle générale , en sorte que c’est plutôt par l’inspection du lait que l’on jugera de ses qualités, que par son âge.
Plusieurs mères, épouvantées à juste titre des mauvais soins que bon nombre de nourrices donnent aux enfans qui leur sont confiés, ont essayé de les élever au biberon , ce qu’on appelle allaitement artificiel. Généralement, ce moyen est mauvais; cependant il n’est pas de médecin qui n’ait rencontré des enfans élevés ainsi, et qui ne le cèdent en rien aux autres quant à la vigueur de la santé. Néanmoins on doit dire qu’on ne peut avoir recours à ce moyen sans compromettre la vie de l’enfant, lorsqu’il est venu faible et cacochyme. Lorsqu’ enfin on se décidera à avoir recours à cette espèce d’alimentation, il sera nécessaire de ne pas perdre de vue que le lait dont on nourrira l’enfant devra toujours être pris sur la même vache , qu’il est nécessaire de le couper avec une boisson
248 HYG. DES ORGANES DE REPRODUCl’adoucissante, dont les proportions doivent varier selon l’âge de l’enfant, et que les vases dont on se sert doivent être tenus avec une extrême propreté.
* § V. — Du sevrage.
I.’époque du sevrage est indiquée par l’apparition des dents. C’est ordinairement à la fin de la première année qu’on peut cesser l’allaitement ; cependant il ne peut y avoir aucune règle fixe à établir sur ce point.
Lorsque la mère veut sevrer, dans son intérêt et dans celui de l’enfant, on ne doit pas interrompre l’allaitement d’une manière brusque. Chaque jour elle doit ajouter une nouvelle quantité d’aliment au lait qu’elle donne. Alors, les organes digestifs de l’enfant s’accoutument à une nourriture nouvelle et plus substantielle, et la sécrétion laiteuse étant moins sollicitée chez la mère, diminue progressivement. La mauvaise habitude dans laquelle on est de sevrer trop brusquement, occasione à l’enfant des indigestions, des vomissemens, du dévoiement;
- -JL