‹ Résumé complet d'hygiène publique et de médecine légale, précédé d'une introduction historique et suivi d'une biographie, d'une bibliographie et d'un vocabulaire. Par M. Léon SimonChapitre 20 sur 43 · HÔPITAUX · texte numérisé non relu

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ceux qui sont affectés d’autres maladies , pour qu’on n’ait rien à redouter des crises horribles auxquelles ces malades sont sujets. Par des motifs d’un autre ordre, il convient aussi d’affecter certaines salles aux maladies qui réclament de grandes opérations); d’où résulte que le classement et la distribution des malades d’un hôpital ne doivent pas être livrés à l’arbitraire.

Chacun sait que les hôpitaux remontent à une époque assez rapprochée de nous , puisqu’on ne rencontre aucun indice de l’existence de pareils établissemens avant le quatrième siècle de notre ère. L’absence complète d’hôpitaux dans les temps anciens a donné à penser à plusieurs publicistes que ces institutions étaient plus nuisibles qu’utiles aux sociétés civilisées ; et de nos jours , il en est qui soutiennent cette opinion, à -laquelle Montesquieu a prêté l’autorité de son génie. Nous n’avons certainement pas la prétention d’épuiser ici une question aussi grave; cependant nous présenterons quelques considérations qui pourraient aider à sa solution.

. Il est indubitable que, dans les hôpitaux.

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la mortalité est de beaucoup supérieure à la mortalité générale. Le perfectionnement des méthodes thérapeutiques, les nombreuses améliorations que depuis 3o ans on leur a fait subir, surtout à Paris , ont éle^é la moyenne d’une manière remarquable, qui cependant est encore bien inférieure à celle que l’on rencontre dans la vie commune.

En outre, ceux qui sont assurés de trouver dans ces institutions tous les secours dont ils ont besoin en cas de maladie , s’éloignent insensiblement de ces idées d’économie et de prévoyance, source première de tout bien-être particulier et général. Aussi , a-t-on eu raison de dire que les établissemens de secours publics encourageaient la paresse. Sous ces deux rapports , il est évident qu’il serait préférable que les sociétés pussent se passer de ces établissemens. 11 faut convenir toutefois qu’ils devront être conservés aussi long-temps que tous les hommes ne seront pas à même de vivre du, produit de leur travail ; et que, dans ce cas même, il serait encore nécessaire de conserver des maisons de refuge où les vieillards et les infirmes seraient assurés de trouver asile*

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Tant que les hôpitaux seront une des malheureuses nécessités de notre civilisation , ils devront recevoir toutes les améliorations dont ils sont susceptibles. Ces dernières sont au nombre de trois. Le système général des hôpitaux en France veut être perfectionné : i® sous le rapport du service des malades ; i® sous celui du service médical ; 3° quant à l’enseignement.

Quant au premier chef, toutes les améliorations désirables se déduisent à assainir

de plus en plus les lieux habités parles malades , et tout ce que nous avons dit des habitations leur est applicable. Ajouteronsnous que les soins que les malades reçoivent des gens de service, doivent être bienveillans ? Ce sont là de ces choses que chacun sait , et qu’il dépend d’une bonne administration de mettre en pratique.

Mais les hôpitaux étant à la fois des établissemens de secours publics et d’instruction médicale , il est dans l’intérêt général que le plus grand nombre possible de médecins puissent aller puiser à cette source les connaissances pratiques dont ils ont besoin.

Aussi conviendrait-il que le temps de ser-

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vice des hôpitaux fût limité ; car la vie de l’homme se partage en plusieurs époques.

Il est un âge où l’on peut acquérir des connaissances , et il en est un autre où l’on vit sur ce qu’on a appris. En agissant ainsi, la société y trouverait son compte; car, d’une part, les malades des hôpitaux profiteraient de l’activité plus grande des médecins auxquels ils seraient confiés, et nul doute que les découvertes scientifiques ne fussent plus nombreuses , à mesure qu’un plus grand nombre d’hommes se raient mis en position de reculer les limites de la théorie et d’agrandir les ressources de l’art. '

A cette amélioration importante, réclamée de nos jours par tous les hommes oompétens, s’en joint une autre, celle de l’enseignement clinique. On a beaucoup fait , dans ces derniers temps , pour cette partie du service des hôpitaux ; mais il serait à désirer que tout médecin ou chirurgien d’hôpital fût obligé de faire des cours ; ce ne serait là qu’une conséquence des 'principes énoncés plus haut.

- Nous avons dû insister sur ces améliora-

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lions, en ce qu’elles touchent essentiellement à la santé publique.

Tout ce que nous avons dit Jusqu’à présent des hôpitaux, est également applicable siixxhospîces^ où des malades sont reçus pour être traités. Nous ajouterons quelques détails sur les hôpitaux destinés à recevoir les vieillards infirmes des deux sexes, et sur ceux qui sont spécialement affectés au traitement des aliénés.

Les dispositions spéciales que réclament les établissemens désignés sous le nom d’^or- . pices de /a , tiennent à ce qu’ils ne sont point affectés au traitement des maladies, mais seulement à y offrir un asile à la vieillesse indigente ou infirme. D’où résulte que ceux qui y sont admis doivent y trouver les moyens de couler en paix le peu de jours ^qui leur reste. Dans les hôpitaux ordinaires , où les malades ne font qu’un séjour temporaire , les dispositions peuvent être différentes ; mais on conçoit qu’ici les inconvéniens qui résultent de l’encombrement d’un grand nombre d’individus sur un point trop circonscrit se feraient d’autant plus sentir que leur action serait de tous les instans. Dans

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de semblables établissemens , il importera beaucoup de faire choix d’une heureuse exposition , où l’air soit pur et exposé à l’action des 'rayons solaires; d’avoir de vastes salles , où l’air puisse être facilement renouvelé, des cours bien aérées et des jardins spacieux ; car les vieillards ont surtout besoin de promenades longues et fréquentes. L’alimentation y devra être plus restaurante que dans les autres hôpitaux, et rien ne peut contribuer davantage à entretenir la santé des vieillards, que de leur fournir les moyens de se livrer à une occupation quelconque, sans toutefois leur imposer aucune tâche. Toutes ces conditions sont, à quelques exceptions près, remplies dans les hôpitaux destinés à la vieillesse , que possède la capitale.

Les établissemens affectés au traitement' des aliénés offrent bien plus d’imperfections. Les divisions établies par Pinel à la Salpétrière , et qui consistent à diviser les malades selon l’espèce d’aliénation dont ils sont atteints, sont judicieuses. Mais on a tort, selon nous, de réunir dans des salles communes , ce qu’on appelle les convalescens , et de

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laisser les autres aliénés communiquer ensemble dans ce qu’on appelle les chauffoirs.

Ce n’est jamais sans danger qu’un fou furieux se trouvera en contact avec un monomane ou autre. Il y a aussi da grandes améliorations à apporter dans la construction des loges, qui sont généralement froides et humides. Il est difficile, nous le concevons , de remplir toutes les conditions qu’exige l’état des aliénés, lorsqu’on les traite dans un hôpital. Quoi qu’on fasse, il restera toujours beaucoup d’imperfections ; et la preuve, c’est que dans les maisons particulières, on suit d’autres erremens. Mais, dans l’état actuel des choses , il serait impossible d’offrir dans les hôpitaux les mêmes avantages que dans les maisons de santé. Ces dernières n’ont rien de régulier ni d’uniforme dans la manière dont elles sont tenues. Leur disposition varie selon le prix qu’on exige des pensionnaires.

SECTION V

Hygiène des prisons.

Nous ne voulons point examiner ici si la société a le droit de punir, et dans quelles

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limites elle peut exercer ce droit; ce sont là des questions qui ne ressortent point de l’hygiène publique , au moins d’une manière nécessaire. Nous prendrons pour un fait le di»oit de punir que la société exerce, et nous regarderons comme un autre fait, que ce droit veut être renfermé dans certaines bornes. Le droit de punir ne peut, dans aucun cas , dispenser la société de subvenir à tous les besoins de ceux qu’elle a privés de leur liberté ; aussi tout ce qui se rapporte à la conservation de la santé des condamnés doit-il être rigoureusement observé. Ce serait tomber dans d’inutiles répétitions, que de passer en revue tout ce que nous avons dit de l’action des modificateurs externes sur les grandes réunions d’hommes, puisque les préceptes déjà indiqués sont ici d’une rigoureuse application. Mais trois causes générales contribuent spécialement à hâter la mort des condamnés; ce sont, i° l’oisiveté , la privation de la.liberté , 3® l’abrutissement et la dégradation morale.

Dans la majeure partie des prisons, tous les condamnés sont astreints à un travail quelconque; mais les occupations auxquel-

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PHISOKS.

les ils se livrent ne sont pas toujours en rapport avec l’éducation reçue, ou les habitudes antérieures ; d’où résulte du dégoût pour le travail lui-méme, beaucoup d’ennui et par conséquent accroissement du mal qu’on voulait éviter. Il conviendrait donc, tout en obligeant chaque prisonnier à se livrer à des occupations réglées , de ne lui imposer que celles pour lesquelles il peut avoir quelque goût , ou au moins peu d’éloignement.

Par le seul fait de la privation de sa liberté, l’homme devient triste, morose, rêveur, et susceptible de contracter toutes les maladies qui reconnaissent pour cause une affection morale, quelle qu’elle soit. Ce n’est que par une activité soutenue qu’il peut surmonter le chagrin que lui cause l’état de réclusion. Il serait possible, et même utile , d’établir dans les prisons des promenades pbis vastes , mieux aérées que celles qui existent ; il serait surtout avantageux de les planter d’arbres , dont la présence contribuerait à purifier une atmosphère que tant de causes tendent à vicier. C’est ici surtout qu’il importe de ne pas perdre de vue que la société doit se considérer comme satisfaite dit

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. moment où elle a mis le coupable dans l’impossibilité de lui nuire , et, à la satisfaction qu’elle réclame, elle ne doit pas ajouter la barbarie et la cruauté.

La réunion des condamnés dans un même lieu, la vie commune à laquelle ils sont assujétis, contribuent aussi à abréger leur existence. 11 est pénible , en effet , pour celui qu’une faute légère conduit dans un lieu de réclusion, de se trouver confondu avec des hommes complètement dépravés. Pour celui qui prêté l’oreille aux conseils de ces hommes pervers , la dégradation morale devient contagieuse. Pour celui qui a encore assez de conscience pour y résister, la vie devient fnsupportable, et le découragement et le «chagrin ne tardent pas à le conduire au tombeau. Le moyen de remédier à ces inconvéniens est du domaine de la morale , et les philanthropes commencent à se lasser d’appeler de leurs vœux des améliorations qu’ils peuvent concevoir, mais qu’ils n’ont pas les moyens de réaliser.

Si de ces vues générales sur les maisons de réclusion, nous descendons aux détails, nous voyons qu’elles ont toutes fort mal lest

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