PRISONS. * T 2Q I
nues. Soit, en effet, que nous nous occu* . ■
pions des maisons de dépôt , des prisons proprement dites , ou des bng^nes , partout nous '
trouvons à blâmer et peu à louer. *
Les maisons de dépôts et surtout celles des dépôts de mendicité, ont été, dans ces derniers temps , le sujet de sévères investigations; et on a trouvé que les mendians ,q*ui -n’ont commis aucun crime, et les prévenus qui , comme le dit M. Villermé, doivent être considérés comme innocens jusqu’à preuve contraire, sont plus mal nourris, plus mal chauffés , moins bien couchés que les condamnés ; on ne leur donne aucun vêtement, et il arrive même qu’on ne leur permet pas tou- •
jours de travailler pour adoucir leur sort. !
Dans la plupart des dépôts de mendicité , les soins hygiéniques sont si mal observés que la mortalité s’y présente dans une proportion effrayante, puisque, s’il' faut en croire M. Villermé, elle serait de i sur 3 , 45; '
chiffre que l’on pense être trop élevé. I
Les maisons de détention devraient être bâties sur un modèle uniforme, et leurs divisions devraient être en rapport avec la nature des délits et le temps de la peine. Il
HYGIÈNE PUB, ET MED. LEG. p
l3o HÏGIÈHE PUBLIQUE.
n’en est point ainsi. Dans beaucoup de départemens , on consacre à cet usage de vieux châteaux tombés en ruine, d’antique bastions , où l’air pénètre à peine , où l’humidité est presqu’intarissable. A cet égard , du moment où la société est en sûreté , elle n’a pas droit de pousser au-delà ses rigueurs.
Elle peut, sans aucun doute, se prémunir contre toute atteinte delà part des condamnés , sans avoir recours aux culs de fosses, aux cachots, dont on use encore. Sans doute , il en est , parmi les criminels , qui tentent toujours de s’évader et contre lesquels il convient d’user de moyens de répression. A cet effet , on use souvent de là iPamisole de force, moyen qui n’a point d’inconvéniens , puisqu’il n’est que temporaire.
Les forgats sont , à certains égards , placés dans de meilleures conditions hygiéniques que les détenus. Employés aux travaux des ports, ils prennent un exercice salutaire; leur . nourriture est généralement saine, quoique peu abondante et peu réparatrice ; leurs vêtemens sont , à peu de chose près , ce qu’ils doivent être pour des hommes qui sont dans une activité corpordle presque continuelle.
PRISOlîS.
La manière dont ils sont disposés dans les bagnes est sévère, mais n’offre pas de conditions d’insalubrité bien manifestes. D’ailleurs, les inconvéniens de l’encombrement ont moins d’influence sur des hommes qui, le plus souvent, travaillent au dehors et au grand air, que sur les simples détenus, qui, toujours renfermés dans le même lieu , sont constamment soumis aux mômes influences délétères- Du reste, il faut’convenlr que notre pays est, à cet égard, beaucoup moins bien partagé que d’autres. Le régime pénitentiaire suivi aux Etats-Unis, les colonies de déportation adoptées pour l’Angleterre, les colonies agricoles de mendlans, dans les Pays-Bas , offrent bien plus de garanties ^ pour l’amélioration physique et morale des malheureux contre lesquels la société est obligée d’user de voies de rigueur. '