‹ Résumé complet d'hygiène publique et de médecine légale, précédé d'une introduction historique et suivi d'une biographie, d'une bibliographie et d'un vocabulaire. Par M. Léon SimonChapitre 9 sur 43 · PHYSIOLOGUE DES MASSES · texte numérisé non relu

PHYSIOLOGUE DES MASSES

\^\àe mariage lecélibat; 4“ l’état de ^ro^sesse. II est d’autres conditions qui se rattachent à celles-ci, au moins comme effet , et qui , placées sur les limites de la physiologie et de la pathologie, ou appartenant à la physiologie proprement dite, doivent encore être placées dans la même classe, en ce qu’elles sont le résultat immédiat de désordres physiologiques qui ne se lient pas intimement à l’action des modifîcàteurs externes. Nous voulons parler: i® dè'l’influence de l’état âü aliénation mentale sur la santé générale; a° de l’influence de la prostitution sur les sociétés; 3° du somnambulisme magnétique et des pratiques du magnétisme animal.

’ SEGTIOir PREMIERE.

De V éducation physique des enfans.

Nous n’avons pas à nous occuper ici de l’éducation physique des enfans sous le rapport des soins qu’ils réclament dans leur première enfance. Cette éducation primitive étant toute maternelle , est à peu près abandonnée aux volontés particulières des

parens , et conséquemment se renferme dans le cercle de l’individualité. Cependant les fruits qu’elle porte dans un âge plus avancé sont tels qu’elle ne peut échapper complètement à l’hygiène publique, et que la société n’ait, en cette occasion, au moins le droit du conseil. En effet , si dans le cercle étroit de la vie privée on peut dire que l’homme est libre de lui-tnême, maître de ses actes et de ses pensées, comme partie intégrante du corps social, ses actes portent leurs conséquences, il ne s’appartient plus, et doit subordonner ses volontés à la volonté générale. Dans ce sens , la première éducation , pas plus que les autres, ne doit être livrée aux volontés capricreuses et mobiles des individus , et le père de famille qui comprend toute l’étendue de sa tâche ne peut se refuser à accueillir les préceptes de la science. Or, tout en- tenant compte des circonstances particulières dans lesquelles peut se trouver tel oii tel enfant, pour savoir ce que dojt être l’éducation physique , il faut bien se pénétrer du problème que cherche à résoudre toute éducatïon.y

Cette dernière doit-elle être la même dans

Éducation dïîs enfans. a5

toutes les circonstances données; c’est-àdire, tous les peuples, quel que soit le climat sous lequel ils sont appelés à vivre, toutes les classes d’un même peuple, doivent-elles être s^mises aux mêmes règles d’éducation , ou l’éducapon doit-elle varier selon les temps et selon les lieux? C’est là une question préjudicielle que nous ne pouvons éviter si nous voulons être compris.

Depuis que les hommes existent en société, l’éducation a beaucoup varié, et on trouve la raison de toutes ces variations dans la différence du but que se proposaient les législateurs des peuples. Mais quelle que soit la différence de temps et de moyens, l’éducation est constamment l’expression d’une idée qui est la même pour tous, bien qu’elle soit différemment comprise. Cette idée est que les hommes réunis en société ont un but commun à atteindre, et qu’ils nepeuventy parvenir qu en réunissant leurs efforts individuels de manière à ce que le travail de tous bénéficie à chacun, et le travail de chacun tourne à l’avantage de la masse. Voilà l’idée commune : voici maintenant les différences.

Selon que le but humain a été placé dans le

a6 > HYGIÈNE PUBLIQUE.

temps ou hors du temps, selon que Thomme a été considéré comme un être dont l’existence devait se borner à la recherche des jouissances de ce monde, on mieux comme un être d’avenir qui devait considéretg^a vie actuelle comme un moyen d’ariiver à un monde meilleur; le but humain a été différemment conçu et exprimé , et l’éducation a reçu une direction différente. Entre ces

deux extrêmes, on peut placer les opinions mixtes qui ont été proposées sur le but de toute organisation sociale. Il résulte de là que l’éducation doit nécessairement varier selon les temps, selon les lieux et les peujples.

Dans l’état de civilisation où nous sommes parvenus , les différences que nous venons de signaler ne sont point effacées. On est encore loin de s’entendre sur le but des sociétés humaines, et même on est assez enclin à laisser ce but dans le vague et l’indéterminé. Cependant on' est d’accord sur les faits suivans , et ce sont eux que nous prendrons pour hase : il importe au bien-

être de la société que ceux qui la composent soient sains et robustes ; a® qu’ils vivent

BDUCATION DBS EBTAIIS. 37

le plus long-temps possible, et que jusqu’à leur dernier jour, ils se conservent avec assez d’énergie vitale pour être utiles à la société.

Dl’après ce qui précédé , il est clair que , dans notre civilisation actuelle, une bonne éducation physique n’atteindra son objet qu’ autant qu’on parviendra à rendre les hommes non-seulement sains , mais encore susceptibles de braver, dans une certaine mesure , ^influence des causes de destruction qui les environnent. Â cet effet , les enfans devraient être soumis aux règles hygiéniques qui suivent , règles qu’il est presqu’impossible de faire observer aux enfans élevés dans les familles, mais qui s’appliquer surtout aux établbsemens d’instruction publique.

Les moyens que l’éducation possède pour développer et améliorer la constitution native des enfans, sont : i® toutes les règles d’hygiène privée, indiquées ailleurs (i); a® l'observation de certaines coutumes auxquelles il convient de soumettre tous les enfans, et au nombre desquelles se trouvent

(i)Voj. le Traité d’ÜTaiàirs ranis.

tt)us les -genres d’exercice. Nous n’ajouterons rien à ce que nous avons dit sur le premier de ces deux points ; et nous nous bornerons au second.

On a vanté la rigueur de l’éducation donnée aux jeunes Spartiates, et beaucoup ont cité Sparte en modèle aux nations qui sont venues après elle. Pour nous , nous ne pouvons partager cet enthousiasme. Les Spartiates recevaient l’éducation la plus convenable pour des peuples conquérans, mais aujourd’hui elle ne pourrait que faire des barbares qui seraient dans nos sociétés des . hommes tout-à-fait en dehors de la civilisation. Il convient donc que l’éducation physique réponde à l’objet de nos autres institutions sociales. Ces dernières tendent évidemment à un résultat qui diffère de celui qu’on se proposait antérieurement. Il ne s’agit plus d’avoir seulement des hommes robustes, capables de repousser l’agression par la force matérielle, ou d’attaquer euxmémes; niais bien des hommes capables de comprendre le mouvement social, de s’y intéresser afin de contribuer à son développement. D’où résulte que le développement

BUUCATIOlf DES ^FANS. *

organique doit être tel que l’intelligence puisse à son' tour se développer à l’aise, et que l’homme soit en état de se livrer sans contrainte au double travail d’action et de spéculation qui semble être le caractère de l’époque. L’éducation ne peut donc être presqu’ exclusivement physique, comme chez les peuples que nous avons cités , ni purement monastique , comme aux temps du moyen âge. A cet effet, il convient de rendre l’organisation plutôt forte par sa souplesse que par sou extrême énergie , capable de se plier sans danger aux 'différentes positions dans lesquelles l’homme pourra se trouver. Aussi ne conswllerons -nous point de soumettre les enfans à l’austérité de régime auxquels les anciens s’étalent attachés , non plus que de leur faire supporiter des fatigues qui ne sont pas en harmonie avec la délicatesse du jeune âge.* Nous ne pensons pas davantage qu’on doive; ainsi que le conseillait Locke, pour les habituer à supporter toutes les intempéries , les mettre aux prises avec les vicissitudes atmosphériques. Ce doit être là le résultat de l’éducation physique et non pas sou moyen.

3o HYGIÈNE PUBLIQUE.

Ainsi , selon nous , le problème à résoudre consiste à habituer graduellement les enfaiis à toutes les fatigues de corps, et d’esprit , sagement ménagées. A cet effet, les résultats les plus satisfaisans qui aient été obtenus sont dus à la gymnastique, qui consiste dans une suite -d’exercices combinés avec prudence,, de telle sorte qu’ils soient toujours en rapport avec les âges , les tempéramens et les forces de chacun. Jusqu’à présent, la gymnastique est à peu près la seule institution d’hygiène publique qui ait été adaptée à l’éducation des enfans ; on ne sau* rait trop la recommander à la sollicitude des parens et» à l’attention des instituteurs; car elle est sans contredit le meilleiir moyen, de mettre en action tous les appareils qrganiques et d’en provoquer le développement.

Outre la gymnastique proprement dite, qui, dans sa généralité, embrasse tous 4es exercices possibles , il est d’autres pratiques qui doivent exister dans tout système d’éducation; ce sont: la natation, l’équitation, l’usage habituel des bains, sur les avantages desquels nous nous sommes suffisamment étendus en traitant de l’Hygiène privée.

ÉDUCA.TIOJ( DES ENFAJVS. 3f

Mais tous les soins des parens et des instituteurs seraient vains, s’ils ne s’attachaient d’une manière. spéciale à déraciner une habitude funeste qui fait annuellement de nombreuses victimes , et contre laquelle il semble que vienne échouer la surveillance la plus active. Nous voulons parler de l'onanisme. Ses effets sont trop connus*pour que nous nous y arrêtions , et nous reconnaissons que parmi les moyens indiqués il en est peu qui soient efficaces. Parmi les enfans on en rencontre certains , heureusement en petit nombre, qui. obéissent à ce funeste penchant d’une manière presqu’irrésistible. Il importe que ceux-ci soient séparés des autres, momentanément au moins; et quant à ceux chez qui ce penchant est moins impérieux^- on pourra le détruire , mais surtout le prévenir, en habituant l’enfant à des exercices qui l’obligent à une activité corporelle soutenue.

Le reste des préceptes relatifs à l’éducation physique des enfans est du domaine de l’Hygiène privée ; ici nous ne pouvons qu’indiquer les mesures générales que la société, ou ceux qui la représentent, seraient

3^a HYGlÈirK PUBLIQUE.

en droit de rendre obligatoires pour les hommes qui se vouent à l’instniction de la jeunesse.

SECTION .11

Du mariage.

Nous avons déjà dit qu’il était dans l’intéi*êt de la conservation actuellede la société, que ses membres fussent sains et vigoureux, parce que la société avait un but à atteindre , et qu’elle ne le pouvait qu’à la condition de se perpétuer. Nous en avons déduit la nécessité, pour les enfans, de recevoir une éducation physique convenable ; et nous en déduirons aussi tout ce qui se rapporte au mariage. Il peut être envisagé sous deux points de vue :.,i° comme l’union de deux êtres, dont le but est de s’aider à supporter les misères de la vie , et à cet égard la question du mariage est toute morale ; a° comme moyen de propagation de l’espèce, et sous ce point de vue seulement nous devons nous en occuper.

.. Et, d’abord, il ne faut pas oublier qu’outre la sanction religieuse et morale donnée au mariage par nos institutions, il est daas.

mariage. 33

l’intérét de la société que la propagation s’effectue par ce moyen. En effet , il ne suffît pas que l’homme se propage, il convient encore qu’il préside au premier développement de son produit , et qu’il le suive et le dirige jusqu’à cette époque où il peut subvenir à ses besoins et devenir maître de ses volontés.

11 convient, en outre, que l’époque où il est permis de contracter mariage ne soit point arbitraire. L’âge fixé par notre législation n’est certainement pas le plus convenable. En effet, à dix-huit ans, l’homme n’a point atteint son complet développement, et si la femme possède à quinze ans' tous les attributs extérieurs delà puberté, son organisation a encore besoin de quelque temps de repos pour la mettre à même de devenir mère. Tous les physiologistes sont aujourd’hui d’accord sur ce point, que l’âge où l’espèce humaine est le plus propre à se reproduire , est celui de la plus grande vigueur. Or, ce n’est ni à dix-huit ans , ni à plus forte raison à quinze ans , que notre espèce est dans ces conditions ; car elle est encore dans la période de croissance. 11 faut le dire, l’époque

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