‹ Résumé complet de médecine ou de pathologie interne, présentant la doctrine générale des maladiesChapitre 52 sur 66 · I96 MALADIES CONTAGIEUSES · texte numérisé non relu

I96 MALADIES CONTAGIEUSES

temps de calamités que se produisent presque toujours les actions les plus touchantes, et que se révèlent les vertus les plus sublimes. Le beau dévouement de Belzunce fera l’admiration de tous les siècles. Le modeste magistrat de Villefranche, Pommeirols, dont la plume élégante de M. Alibert nous a fait connaître le généreux patriotisme , n’est pas moins vénérable. En consacrant de pareils noms , l’histoire lègue à la postérité les plus parfaits modèles de philanthropie; mais, dans son inflexible sévérité , elle marque aussi du sceau de la réprobation les hommes tels que Galien, qui désertent, au jour du danger, les cités populeuses auxquelles ils ne doivent pas seulement le secours de leurs lumières , mais encore , au besoin , le sacrifice même de leur repos et de leur vie.

Le nom d 'endémie est particulièrement réservé pour désigner les maladies , dont l’existence est liée à la disposition physique de quelques points du globe, à l’exclusion , pour ainsi dire, de tous les autres. Cette condition s’allie très souvent à la forme épidémique; c’est ainsi qu’elles se rencontrent unies, par exemple, dans les fièvres intermit -

ÉPIDÉMIES. ig?

tentes du pays Pontin , et en général de toutes les contrés marécageuses. Il existe donc cette différence entre les épidémies et les endémies , que les premières dépendent d’une disposition fortuite de l’atmosphère , et ne régnent que par intervalles, tandis que les autres, étant liées dans leur existence à la nature constante de certains lieux , régnent aussi d’une manière continue. La cause qui rend une maladie endémique n’est pas toujours facile à déterminer, parce qu’elle paraît se compliquer de plusieurs influences spéciales. Tel est le cas des goitres , si nombreux dans le Valais , et qu’on crut long-temps à tort produits exclusivement par l’eau provenant de la fonte des neiges. La lèpre et quelques autres maladies paraissent aussi endémiques dans certains pays ; la plique l’est particulièrement en Pologne. Quelle source féconde de découvertes et d’applications utiles, offre au médecin philosophe, l’obser- Tation de ces phénomènes si variés de la nature , et de quel respect ne se sent-on pas pénétré, en songeant que la plupart des grandes lumières qui en dérivent , ©nt été aperçues et signalées par Hippocrate !

TRAITEMENT

Sectton IV.

Du traitement des maladies contagieuses.

En médecine , aussi bien qu’en morale , prévenir le mal est toujours plus sûr que d’attendre qu’il se soit développé pour le combattre. Si ce but est en général plus particulièrement départi à e’hygiène(i), la médecine proprement dite se l’approprie néanmoins, et c’est lui qui constitue les méthodes prophylactiques. S’il était bien démontré que la fièvre jaune et les maladies du même genre ne se transmettent pas à distance , et que le contact immédiat est indispensable à leur propagation, alors seraient hautement justifiés les quarantaines , les lazarets , les cordons sanitaires , et tous les autres moyens propres à concentrer ce fléau dévastateur. Mais si l’opinion contraire , c’est-à-dire celle où l’on refuse absolument à ces maladies la qualité contagieuse , opinion qui compte pour partisans les médecins les plus distingués de l’Espagne et de l’Amérique; si même

(1) Voyez cc Résumé.

Page 1