GENCIVES ET DENTS
Gencives. — Elles fornaent, à chaque mâchoire, deux bords festonnés, réunis entre les dents par des crêtes transversales. — Leur muqueuse, épaisse et rigide, est doublée d'un tissu conjonctif très dense, confondu avec le périoste (périoste alvéolo-dentaire).
— Le périoste alvéolo-dentaire se reploie au delà du bord libre et tapisse l'intérieur des alvéoles. — Couleur rosée ou rouge des gencives. — Leur décoloration dans V anémie. — Liséré livide qu'elles présentent dans l'empoisonnement saturnin {liséré de Burton),
— Leur ramollissement et Vébranlement des dents qui en résulte, par le fait du scorbut, de la stomatite mercurielle. — La muqueuse est recouverte d'un épithélium pavimenteux très épais ; elle ne contient pas de glandes. — Le tartre est formé par des débris d'aliments, des dépôts provenant des sels calcaires de la salive, des cellules épithéliales et une végétation cryptogaraique plus ou moins abondante, le LKPTOTniux niiccALis. — En se durcissant, le tartre déchausse les dents et devient une cause incessante de stomatite. — On appelle épulis des tumeurs gingivales de diverses natures, le plus souvent cancéreuses.
GliNCIVES ET DENTS.
Dents. — Les arcades denlaires forment deux paraboles dont l'inférieure est ordinairement débordée, en avant et en dehors, par la supérieure. — La surface triturante de chaque arcade est mince et tranchante en avant. — Elle devient de plus en plus large en arrière et se hérisse de tubercules d'abord uniques, puis disposés sur deux rangées. — Les tubercules externes de l'arcade supérieure débordent en dehors ceux de l'arcade inférieure. — Les tubercules internes de l'arcade supérieure sont reçus entre les deux rangées de tubercules de l'arcade inférieure.
Chaque dent se compose de trois parties : i" la racine; 2° le collet; 3° la couronne. — Les dents se divisent en incisives, canines et molaires.
Lncisives. — Couronne aplatie d'avant en arrière, tranchante à son bord libre. — Les supérieures sont plus grandes que les inférieures ; elles recouvrent ces dernières lorsque les mâchoires sont rapprochées.
— Une seule racine conique.
Canines. — Couronne pointue. — Une racine conique, plus longue que celle des incisives.
Molaires. — Couronne aplatie dans le sens vertical; irrégulière et mamelonnée sur sa face libre.
— Deux sortes de molaires : 1» les petites molaires ou rnÉMOLAiRKs, qui ont une seule racine ou deux racines peu divergentes. — Leur couronne porte doux tubercules séparés par un sillon antéro-postél'ieur; le tubercule externe est plus volumineux que rmterne; — 2° les grosses molaires, qui ont deux racines à la mâchoire supérieure et trois racines à
la mâchoire inférieure. Leur couronne porte de trois à cinq tubercules ainsi disposés :
/ 1" molaire, quatre tubei-culos, qiielquftfois cinq. Màclioirc ~ trois tubercules, doux externes et un iii-
supérieure. \ , , , . .
J i° (dent de trois tubercules principaux et plusieurs
1 sagesse). petits tubercules accessoires. ^
/ 1" molaire, cinq tubercules.
Mâchoire ) ^° ~ quatre tubercules séparés par un sillon
infériem-e 1 crucial.
■ / 3° (dent de tubercules en nombre variable formant
V sagesse). des mamelons irréguliers.
Disposition des racines dam les dents barrées. — Les molaires supérieures étant inclinées eh dehors, c'est dans ce sens qu'il faut les luxer pour les enlever.
— 'Pour une raison analogue, les molaires inférieures doivent être luxées du côté interne. — L'emploi de la ch'.f de Garengeot détermine presque constamment une fracture de l'aloéole. — Des dents arrachées par erreur peuvent se consolider après avoir été remises en place.
— Dans le traitement des fractures du maxillaire inférieur, il ne faut pas oublier que toutes les couronnes des dents sont sensiblement égales en haideur et qu'aucune ne doit dépasser les dents voisines.
Structure des dents. — La cavité dentaire occupe le centre de la dent; elle contient la pulpe dans laquelle se ramiflent une artère, une veine et un nerf. — L'ivoijiE circonscrit la cavité; il se coiupose d'un tissu ostéoïde avec nombreux canalicules.
— L'ÉMAIL, formé de prismes à cinq ou six pans, revêt la couronne ; sa cuticule est presque inattaquable par les agents chimiques. — Le cément est un véritable (issu osseux qui recouvre la racine. —
GENCIVJiS ET DENTS.
Tant que la carie reste bornée à l'émail, elle est longtemps stationnaire ; dès qu'elle atteint l'ivoire, elle devient rapidement perforante et s'accompagne en même temps d'une odeur désagréable.
Développkment. — De six à huit mois apparaissent les incisives moyennes inférieures, puis les supérieures. — De sept mois à un an, les incisives latérales supérieures, puis les inférieures. — De douze à dix-luiit mois, les quatre prémolaires antérieures. — De seize mois à deux ans, les quatre canines. — De deux à trois ans, les quatre px'émolaires postérieures. — L'évolution est ordinairement terminée à trois ans. — La dentition temporaire comprend vingt dents.
La dentition permanente commence vers cinq ans ; elle comprend trente-deux dents. — A cinq ans, apparition des premières grosses molaires. — De six à huit ans, remplacement des deux incisives internes inférieures, puis des deux incisives internes supérieures. — De huit à neuf ans, remplacement des quatre incisives externes. — De neuf à dix ans, remplacement des quatre premières prémolaires. — De dix à onze ans, remiDlacement des quatre canines.
— De douze à treize ans,- remplacement des quatre secondes prémolaires. — De douze à quatorze ans, apparition des quatre secondes grosses molaires,
— La dent de sagesse se montre de seize à vingt ans, quelquefois plus tard. — Dans certains cas, elle avorte. — Cette dernière dent est très sujette à la carie.
Après leur éruption, les dents permanentes conti-
ANATOMIE, ?)'^ KlJIIIûN. (J
FACE
iiLient à s'accroître par le dépôt de nouvelles couches d'ivoire sur les parois de leur cavité centrale. — Cette cavité se rétrécissant de plus en plus, il arrive un moment où toute la pulpe est atrophiée par compression. — Les dents ne sont plus alors que des corps étrangers. — En môme temps, les alvéoles se resserrent et expulsent la dent qui s'allonge et finit par tomber spontanément.