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ONZIÈME LEÇON

RÉGION LINGUALE

Elle comprend toute la paroi inférieure de la cavité buccale, c'est-à-dire la langue et le plancher de la bouche qui n'en est, à vrai dire, qu'une dépendance.

La LANGUE est à la fois organe du goût par la muqueuse (^ui la recouvre, organe de la déglutition et de la phonation par les muscles qui la constituent.

Limites. — En avant et latéralement, l'arcade dentaire inférieure. — En arrière, l'épiglotte. — En bas, le muscle mylo-hyoïdien.

Forme. — Ovalaire. — Elle remplit entièrement

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la bouche lorsque les arcades dentaires sont rapprochées. — Son extrémité antérieure ou pointe. — Son extrémité postérieure ou base est fixée à l'os hyoïde et au maxillaire inférieur par des lames fibreuses et des muscles.

Dimensions. — Longue de 0'°,09 à 0™,12, large de Qn'.OS cà 0"^,06. — Mince à la pointe, elle augmente d'épaisseur jusqu'au devant de l'épiglotte, puis diminue un peu jusqu'à l'os hyoïde. — Sa hauteur est assez considérable pour que des balles aient pu s'y loger.

Direction. — Lorsque la bouche est fermée, la langue est hoiizontale dans sa moitié antérieure; au milieu, elle se recourbe en bas, et devient verticale en arrière. — Très mobile, elle peut sortir presque entièrement de la bouche. Ainsi tirée au dehors, elle devient tout à fait horizontale, par l'ascension de l'os hyoïde, ou bien légèrement oblique en bas, de la pointe à la base.

Subdivisions. — Nous décrirons : 1° la face supérieure; 2° la face inférieure; 3" les bords; 4° la base; S" la pointe.

Face SUPÉRIEURE. — Libre, convexe, moulée sur la voûte palatine qu'elle touclie, séparée du voile du palais et de la luette par un petit espace vide de quelques millimètres. — Elle peut devenir concave et se creuser en cuiller. — Un sillon médian la partage en deux moitiés symétriques. — Ce sillon part de la pointe et s'arrête au sommet du V lingual, au point où se trouve le foramen cœcum ou trou BORGNE. — Le foramen cœcum est situé à l'union

FACE

des deux Liers antérieurs avec le tiers postérieur de la face dorsale. Tl manque quelquefois. D'aulresfois, il est remplacé par une papille saillante. — Le V lingual est constitué par les papilles caliciformes, au nombre de huit à vingt. — La partie qui est en avant du V est légèrement tomenteuse. — La portion située en arrière du V est inégale, parsemée de sillons, de saillies et perforée d'ouvertures nombreuses.

Face INFÉRIEURE. — Libre dans son tiers antérieur, adhérente dans ses deux tiers postérieurs. — Son sillon médian se continue avec celui de la face supérieure ; il est plus prononcé que ce dernier. — En bas, il aboutit au frein, repli muqueux en forme de croissant, qui va de la pointe de la langue au plancher de la bouche. — Lorsque la brièvetc du frein est suffisante pour gêner la succion, on doit le sectionner. — De chaque côté du frein, on voit la saillie des veines ranines. — Plus près de la ligne médiane, un tubercule perforé indique l'ouverture du canal de Wharton. — Relief dos muscles génioglosses, des glandes sublinguales. — A 0'",01 de la pointe, saiUie de la glande de Nuhn ou de Blandin. — Quatre ou cinq conduits salivaires sublinguaux viennent s'ouvrir dans le V formé par les veines ranines. — C'est en ce point que siègent les lisses ou pustules rabiques.

Bords. — Il sont libres et vont en s'amincissant de la base à la pointe. — Le contact des molaires y détermine la formation d'empreintes verticales. — Tout le long du sillon qui sépare la langue du maxil-

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laire inférieur, se voieiiL les orifices des glandes sul)liiiguales, au nombre de dix-huit à trente.

QxsE. — Unie à l'os hyoïde par des muscles et à l'épiglotte par les trois replis glosso-épiglottiques.

— Le repli médian est triangulaire ; les deux latéraux sont en forme de croissant. — Entre ces replis se voient deux gouttières longitudinales au fond desquelles on sent l'os hyoïde. — Latéralement, la hase de la langue se continue avec les piliers antérieurs du voile du palais.

Pointe ou sommet. — Naturellement en contact avec les incisives supérieures. — Subdivisée en deux tubercules distincts par le sillon médian.

Structure. — Une masse musculaire (appareil moteur), renfermée dans un étui muqueux (appareil sensitif).

Muqueuse. — Elle se compose d'un épifhélium et d'un derme muqueux.

A) Épithélium. — Il est pavimenteux, à plusieurs couches, et semblable à celui du reste de la bouche.

— Ses grandes lamelles superficielles ont toutes un noyau persistant. — Il peut se détacher en masse par la macération. — Il est soumis à une mue continuelle et se renouvelle sans cesse. — La langue iwend une couleur rosée après le repas ; elle se recouvre cVun enduit blanchâtre et pultacé pendant V abstinence (cellules épithéliales et leptothrix). — L' épithélium lingual est perméable aux liquides aqueux ; la lierception des saveurs ne saurait avoir lieu sans le contact des substances sapides avec les anses nerveuses des papilles.

FACE

B) Derme muqueux. — Très épais clans les deux tiers antérieurs de la face dorsale ; il prend une consistance cartilagineuse chez les grands animaux. — La lame décrite par Zaglas, sous le nom de kascia LINGUE, n'est autre chose que la couche profonde du derme muqueux de la face dorsale ; cette couche est très adhérente aux muscles sous-jacents. — Le derme muqueux contient de nombreuses fibres élastiques, surtout au niveau du frein de l'épiglotte.

A la base et sur la face inférieure de la langue, la muqueuse est mince et peu adhéi'ente. — Laxité du tissu conjonctif sous-muqueux. — La bourse muqueuse DE Fleichmann ne forme pas une cavité distincte des mailles de ce tissu conjonctif.

Sur les bords, la muqueuse est intimement unie aux fibres musculaires qui s'y insèrent.

L'aspect tomenteux de la muqueuse linguale tient à la présence des papilles. — Les papilles sont vasculaires ou nerveuses.

Les papilles vasculaires se rencontrent à la base et à la partie postérieure de la face dorsale.

Les papilles nerveuses sont de plusieurs ordres : 1° papilles SIMPLES, petits reliefs rarement visibles à l'œil nu ; — 2° papilles filiformes, coniques, pyramidales, CYLINDRIQUES, PRISMATIQUES, ctc, saillics recouvertes d'un épithélium épais pourvu de prolongements en pinceaux ; elles existent sur la face dorsale, en avant du V lingual; — 3° papilles fungifor- MES, présentant l'aspect d'un champignon ou d'une framboise ; on en rencontre partout, principale-

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ment sur les bords et à la pointe ; — 4° papilles CALiciFORMES, fomiées par une papille fungiforme entourée d'un repli muqueux annulaire ; au nombre de huit à vingt ; elles forment le V lingual. Au foramen cœcum, la papille est recouverte par son anneau.

Toutes ces papilles renferment des anses vasculaires et des rameaux nerveux.

Charpente fibreuse. — Chez les grands mammifères, une apophyse médiane, partant du corps de l'os hyoïde, forme le squelette osseux de la langue. ~ Chez l'homme ce squelette, simplement flbreux, est constitué par deux lames : la membrane hyoglossienne et le septum médian.

A. Membrane hyo-glossienne de Blandin. — Elle est horizontale, s'insère sur la lèvre postérieure du corps de l'os hyoïde, entre les deux petites cornes, et se perd sous la muqueuse du dos de la langue.

B. Septum lingual. — Lame fibreuse verticale qui naît du miheu de la membrane hyo-glossienne et s'étend de la base à la pointe de la langue, entre les deux muscles génio-glosses. — Il est plus haut et plus épais en arrière qu'en avant. — II a la forme d'une faux. — Son bord supérieur, convexe, n'atteintpas tout àfait la muqueuse de la face dorsale. — Son bord inférieur, concave, est caché par les fibres des génio-glosses. — Ses faces latérales donnent insertion à des fibres musculaires.

Muscles. — Ils sont extrinsèques ou intrinsèques.

FACE

?{aissant des os voisins

Extrinsèques,

Naissant'

des os et desl orga nés V01-' sins.

Naissant des or gan es voisins.

)HYo-GLOsgE,inséréà l'os hyoïde.

I STYLo-GLossE,in-,'FAisci!Au BXTi'.nMi rubaséré à la l'ace 1 né, suit lu bord de la antérieure et' langue, externe de l'a- .Faisceau interse, transpophyse sty-/ versai et disposé en loïde \ éventail.

/CÉRATo-GtossE, transversal,étendu de la grande corne de l'hyoïde au septum médian.

[Basio-glosse, longitudinal, naît du bord supérieur de l'hyoïde et de la base de la grande corne.

Chondiio-glossb, étendu de la petite corne de l'hyoïde au tiers antérieur de la langue.

/Fibres postérieures, horizontales, vont à l'hyoïde et il l'épiglotte (ni.

génio-épiglottique) .

FinaES MOYENNES, verticales, vont au milieu

périeures J de la langue.

/Fibres antérieures, di- I rigées d'arrière en I avant, vont à la pointe \ de la langue.

(Situés sous la muqueuse, ] longitudinaux, étendus f de la base à la pointe.

(Longitudinal, compris ] entre le génio-giosse et ( le basio-glosse.

^Formé par des fibres ve- PnAnYNCO-GLossE . J nues du constricteur ( supérieur du pharyilx.

Compris dans le pilierantèrieur du voile du palais ; d'abord vertical, puis longitudinal, le long du bord de la langue.

Sangle Iransvers.ale, étendue de l'amygdale au bord correspondant de la langue.

GÉNio-GLossE, inséré aux apophyses géni su-<

Linguaux supérieurs.

Lingual infrieur .

Glossostapuïlin.

\ A MYCnALO-GLOSSK. {

llliGION U.\C4irALE.

C LixGUAi. j II existe dans toutes les inlninspnues ..' TiUNSVEiiSK. ( pafties de I a lan gu e . Intiinscques , .g^ rencontre seulement

(Lingual vEUTicu..! ^^.^^^ ,[^.3 antérieur.

En résumé, on peut classer de la façon suivante les fibres de la langue, eu égard à leur direction et et à leur provenance ;

. , \ GÉMo-GLossE dans les deux tiers postérieurs, Linl'ibrcs verticales. j ^^^^ veeïical dans le tiers antérieur.

'Lingual supéhiuur, Lingual inféiueuh, Piiauïngo- Fibrcs longitudi-^ glosse, faisceau externe du Stïlo-olosse, Glosiialcs i so-stapiiylin, portion de l'Hyo-CLossii, portion

f du GÉNIO-GLOSSE.

(CÉnATO-GLOssE, portion du Basio-glosse, partie du Fibres transver-) faisceau interne du Stylo-glosse, .\iiygdalo- ^^''^^ f glosse, Lingual thansveuse.

Les fibres musculaires sont dissociées par du tissu adipeux. — Ce tissu abonde à la base; il diminue au milieu et manque totalement à la pointe.

Le renversement de la langue en arrière, après la résection du maxillaire inférieur, tient à des causes diverses : 1° section des génio-glosses et action des muscles antagonistes ; 2» refoulement de la langue par le rapprochement des deux fragments osseux ; d" poids de la langue dans le décubitus dorsal et aspiration consécutive.

Glandes et follicules clos. — Les glandes sublinguales sont : en avant, les glandes de Bartbolin, et, sur les côtés, les glandes de Rivinus (Tillaux) ; ces dernières occupent toute la longueur du sillon latéral. Leurs canau.K excréteurs sont au nombre de dix-huit à trente.

Les glandes ll\gu.\les (en grappe) sont situées

FACE

soil SOUS la muqueuse, soit entre les faisceaux musculaires.

Sous la muqueuse, elles forment une couche épaisse sous les papilles caliciformes et en arriére clu Y lingual. — En avant du V, elles sont plus rares et plus petites.

Entre les faisceaux musculaires, on trouve : 1° en arriére, les glandes de Weber, latérales, au nombre de deux, comprises dans le slylo-glosse et dans le lingual inférieur ; 2o en avant, la glande de Blan- DiN ou DE NunN, médiane, unique, située à la face inférieure de la pointe, longue de 15 à 20 millimètres, large de 7 à 8 millimètres, haute de 5 à 6 millimètres ; 3° une double rangée latérale de glandules allant de la glande de Blandin aux glandes de Weber.

Les FOLLICULES CLOS composés forment une couche continue en arrière du V.

Canal de Wharton. — Il contournele bord postérieur du mj'lo-hj'Oïdien, passe entre ce muscle et rhyo-glosse, puis entre les glandes sublinguales et le génio-glosse. — Il s'ouvre sur les côtés et en avant du frein. — Le long de ce conduit, communication du tissu conjonctif du plancher de la bouche avec celui de la région sus-hyoïdienne. — Passage des tumeurs liquides ou solides de l'une de ces régions dans Vautre. — Corps étrangers du canal de Wharton, calculs salivaires. — La grenouillette peut être occasionnée par l'oblitération du canal de Wharton, par l'oblitération d'un des condidts sublinguaux, par une hydropisie de la bourse de Fleichmannou par V7i kyste séreux quelconque duplancher de la bouche.

RÉGION LINGUALE.

Artères. — Linguale. — Située sous l'hyo-glosse. — Elle prend le nom de ranine après avoir donné la sublinguale. — Plus rapprochée de la face inférieure de la langue que de la supérieure. — Dans la glossite, faire les scarifications sur la face dorsale Oïl sur les bords. — Hémorrhagie de cette artère : on la prévient par V écrasement linéaire. — Ses branches sont la DORSALE de la langue et la sublia'guale.

Veines. — Les superficielles ou sous-muqueuses forment trois groupes ; un groupe supérieur, dorsal, composé de six à huit branches aboutissant à la jugulaire interne, et deux groupes latéraux, inférieurs, aboutissant aux veines ranines.

Les PROFONDES OU MUSCULAIRES fomisnt les veines collatérales de l'artère linguale.

Lymphatiques. — - Ils vont aux ganglions profonds de la région sus-hyoïdienne.

Nerfs. — On peut résumer leur distribution dans le [tableau suivant :

/ HïPOGLOssB — il anime les muscles, l Rameau du facial pour le stylo-glosso. j Rameau palatin pour le glosso-staphylin. ( Branche du plexus PiunifNGiEN pour le ph J go-glossc

De sensibilité gé- / L nérale et spé- !

ciale r Gi

Le voile du palais et certains points de la voûte latine participent à la perception des saveurs.

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