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TREIZIÈME LEÇON

RÉGION PHARYNGIENNE

Forme. — Le pharynx constitue un entonnoir membraneux, renflé à sa partie moyenne, brusquement rétréci en bas, où il se continue avec l'œsophage. — Il est susceptible d'élongation et de raccourcissement.

Situation. — Derrière les fosses nasales, la bouche et le larynx; il forme un vestibule commun aux voies digestives et respiratoires. — Il s'étend de

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l'apophyse liasilaire à la cinquième vertèbre cervicale. — Il peut se déplacer eu masse et remonter vers la cavité buccale.

Rapports. — Faciî antérikure. ~ Elle n'existe, à proprement parler, que tout à fait eu bas, dans le point où le pharynx se continue avec l'œsophage. — Dans tout le reste de son étendue, celte paroi est constituée par les organes voisins. — On y trouve, en allant de haut en bas : 1» l'orifice postérieur des fosses nasales; 2° l'isthme du gosier; 3° le larynx.

L'orifice supérieur du larynx est limité, eu avant, par l'épiglotte; en arrière, parles cartilages aryténoïdes, et sur les côtés, par les replis aryténo-épiglottiques. — Au milieu, se voient les cordes vocales supérieures et inférieures, les ventricules du larynx. — Le doigt, introduit par la bouche, ne peut atteindre que la face postérieure de l'épiglotte. — Vorifice du larynx étant situé en arriére de la verticale abaissée de la pointe de la luette, il en résulte que si l'on veut examiner cet orifice au laryngoscope, on doit refouler la luette, jusqu'à ce que l'angle postérieur du miroir touche la paroi postérieure du pharynx.

Face postérieure. — Située au devant de la portion cervicale du rachis, des muscles droit antérieur et long du cou. — Séparée des vertèbres par un tissu conjonctif lâche qui favorise les ghssements. — L'inflammation de ce tissu s'accompagne toujours de dysphagie. — Abcès retro-pharyngiens ; ils so7it idiopathiques ou ossiflaenis. — On doit les

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ouvrir sur la ligne médiane, pour éviter les gros vaisseaux. — En introduisant le doigt par la bouche, on peut diagnostiquer, à travers la paroi postérieure du pharynx, des fractures ou des luxations des vertèbres cervicales, — tendant cette exploration, il importe de ne pas faire tourner la tête au malade, sinon l'on s'exposerait à prendre pour une tumeur pathologique la saillie normale des masses latérales de l'atlas.

Faces latéralks. — Elles sont côtoyées par des vaisseaux et des nerfs qui sont eux-mêmes compris dans un espace prismatique limité en dedans par le pharynx, en arrière par les vertèbres, et en dehors par le bouquet de Riolan, le digastrique et le slerno-mastoïdien. Ces vaisseaux et ces nerfs sont :

1" La cAHOTiDE PRIMITIVE, coutinuée, en haut, par la carotide interne ;

2° La veine jugulaire interne, qui part du trou déchiré postérieur et se place d'abord en arrière de a carotide interne, puis en avant et en dehors de la carotide primitive ;

3° Le nerf pneumogastrique, situé en arrière de la veine et de l'artère, entre ces deux vaisseaux ;

4" Le grand sympathique, en arrière des' vaisseaux et en contact avec la colonne vertébrale. — Son ganglion cervical supérieur est en rapport avec le constricteur supérieur du pharynx ;

5» Le glosso-piiaryngien, plus interne et plus profond; ^

6« Le GRAND HYPOGLOSSE, qui s'eufouce entre la carotide interne et la jugulaire ;

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70 Le SPINAL, placé tout à fait en dehors du faisceau vasculo-nerveux. — Il croise la veine jugulaire interne et se rend au muscle sterno-cleidomastoïdien.

Tous ces organes sont plongés dans un tissu conjonctif lâche, qui s'étend de la base du crâne au thorax. — Migration des collections purulentes au milieu de ce tissu.

Structure. — Une membrane fibreuse enveloppée de muscles et tap^sée, sur sa face interne, par une membrane muqueuse.

A) Charpente fibreuse. — On la nomme aponévrose CÉPHALO-PHARYNGIENNE sup la ligne médiane, et aponévrose pétro -pharyngienne sur les parties latérales. — Ses insertions médianes se font à l'apophyse basilaire. — Ses insertions latérales se font à la face inférieure du rocher, au bord postérieur de l'apophyse ptérygoïde, au raphé ptérygomaxillaire, au ligament stylo-hyoïdien, aux grandes et aux petites cornes de l'os hyoïde, à la: membrane thyro-hyoïdienne eL au bord postérieur du cartilage Ihyroïde. — En bas, elle se perd dans le derme inuqueux do l'œsophage et prend des insertions sur la face postérieure du cartilage cricoïde. — Latéralement, elle forme un plan anléro-postérieur entre l'amygdale et la carotide interne.

B) Muscles. — Les trois constricteurs représentent trois cornets emboîtés l'un dans l'autre, disposition éminemment favorable à la progression des aliments.

1» Constricteur supérieur. — Il s'insère cà 1 aile

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interne de l'apophyse ptérygoïde, à l'aponévrose

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Luccinalo-pharyngienne eL à la ligue Jiiyloïdienne.

— Son tiers supérieur est situé au-dessus de la base de la langue. — En se contractant, il applique le pharynx contre le voile du palais. — Certaines de ses fibres vont former les muscles pktro-pharyngien

et PHARYNGO-GLOSSE ;

2° Stylo - PHARYNGIEN . — Il s'enfonce enire le constricteur supérieur et le constricteur moyen;

3» Constricteur moyen. — Il prend ses insertions fixes sur la grande corne de l'os hyoïde ;

4° Constricteur inférieur. — Il s'insère sur le cartilage thyroïde au-dessous de la ligne oblique, et sur le cartilage cricoïde. — Le nerf laryngé supérieur s'engage sous son bord supérieur.

— Le nerf récurrent passe sous son bord inférieur.

Par les contractions de ces muscles, la longueur du pharynx peut être ramenée de 0™,17 à 0™,07. — Son resserrement peut aller jusqu'à l'occlusion, dans sa partie inférieure ; en haut, le rapprochement des parois est empêché par les insertions fixes. — Les corps étrangers introduits dans le pharynx s'arrêtent très souvent au niveau du point où ce conduit se continue avec l'œsophage.

C) Muqueuse. — Elle se continue avec celles des fosses nasales, de la bouche, de la trompe d'Eustache, du larynx et de l'œsophage. — Sa rougeur n'est pas uniforme. — Sur l'apophyse basilaire, elle est molle, épaisse, d'un rouge foncé, formant de nombreuses plicatures et très adhérente au périoste de la base du crâne, — C'est dans cette portion que

RÉGION PUAliïNGIENNli;.

s'im-plantent ordinairement les 'polypes naso-pharyngiens.

Latéralement, on y remarque l'oriflce de la TROMPE d'Eustache, et, tout à fait en arrière, la fos'

SETTE DE ROSENMULLER.

La trompe d'Eustache s'ouvre sur le prolongement du cornet inférieur, quelquefois un peu audessous (2 ou 3 millimètres), jamais au-dessus. — Son pavillon adhère à l'aile interne de l'apophyse .ptérygoïde. — Il donne insertion, en avant, au péristaphylin externe, et, en arrière, au péristaphylin interne. — Sa portion osseuse est longue de 0"',0l. — Longueur de sa portion cartilagineuse, 24roa. A l'union de ces deux portions existe un rétrécissement nommé isthme. — Son orifice a de 5 à 7™» de diamètre. Il regarde en dedans, en bas et un peu en avant, de telle façon qu'un instrument coudé à angle obtus, introduit par les fosses nasales, peut s'y engager. — Régies à suivre pour pratiquer le cathétérisme de cet orifice. — Le gonflement de la muqueuse de la trompe d'Eustache, pendant le coryza, détermine son obstruction et entraîne une surdité passagère.

L'ÉPtTHÉLiuM est pavimenteux; il devient vibratile à la voûte, au pourtour des trompes d'Eustache et vers l'orifice postérieur des fosses nasales. — La muqueuse pharyngienne contient dans son épaisseur des glandes muqueuses et des follicules clos disséminés, — Ces derniers paraissent être le siège des granulations pharyngiennes. — Sous l'apophyse basilaire, dans la portion plissée de la muqueuse,

accumulation de tissu réticulé contenant de nombreux follicules clos et des cellules lymphatiques (amygdale pharyngienne de Luschka).

Artères. — Pharyngienniî inférieure. — Branche de la carotide externe. — Elle est ascendante et se distribue à la partie postérieure du pharynx.

Ptérygo-palatine et vidienne. — Branches de la maxillaire interne. — Elles vont aux faces latérales du pharynx et à la trompe d'Eustache.

Veines. — Très nombreuses. — Elles forment* les plexus pharyngiens et se jettent dans la veine thyroïdienne supérieure et dans la veine jugulaire interne.

Lymphatiques. — Ils aboutissent aux ganglions carotidiens.

Nerfs. — Le plexus pharyngien est formé par le glosso-pharyngien, le pneumo-gastrique et des filets du ganglion cervical supérieur. — Le bol alimentaire, wie fois parvenu dans le pharynx, n'est plus soumis à la volonté.

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