DOUZIÈME LEÇON
RÉGION STAPHYLO-TONSILLAIRE
Elle est consliluée par la paroi supérieure de la bouche et par risthme du gosier (voùLe palatine, voile du palais, amygdales).
Voûte palatine. — Longue de 0™,0b, dans sa portion osseuse, et de 0™,07 ou 0'^,0S, si l'on mesure des dents à la luette ; — large de 0^^,03 à O^'.O/jentre les dernières molaires. — Hauteur variable de celte voûte. — Son raplié médian, blanchâtre, aboutit, en avant, à un tubercule placé derrière les incisives moyennes, au-dessous du canal naso-palalin. — En arrière, ce raphé se prolonge jusqu'à la luette. — Sur certains sujets, crête osseuse médiane (exostose mèdio-palatine de Chassaignac). — Latéralement, saillies transversales qui correspondent à des rugosités osseuses. — En arrière, point de limite distincte entre la voûte et le voile du palais.
Voile du palais. — Dirigé obhquement en bas et en arrière. — Son bord libre pend au-dessus de la base de la langue. — U peut devenir horizontal ; il touche alors la paroi postérieure du pharynx et interrompt la communication entre la bouche et les fosses nasales. — Ce mouvement explique pourquoi les injections poussées dans une narine ressortent par rmcre, l'avs pénétrer dans la cavité buccale. — Le
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voile du palais forme une courlje symétrique. — Il se laisse facilement déprimer par les pohjpes msopharyngiens. — Son bord postérieur représente une double ogive avec un pendentif médian : la luetle.
Luette. — Elle est quelquefois réduite à un petit tubercule ; d'autres fois, elle s'allonge et tombe sur labase de la langue. — Chez quelques sujets, elle est bifide. — Sa procidence occasionne des mouvements incessants de déglutition et une toux opiniâtre; elle nécessite souvent la sectionde la luette.
Piliers. — Situés de chaque côté de la luette, — Ils forment deux arcs rapprochés en haut et divergents à leur extrémité inférieure. — Le postérieur étant situé sur un plan plus interne que l'antérieur, il en résulte que tous deux sont directement visibles par l'orifice buccal. — Lorsqu'ils se contractent énergiquement, ils arrivent à se toucher sur la ligne médiane. — Le pilier antérieur se dirige vers la face dorsale de la langue. — Le pilier postérieur se perd sur les côtés du pharynx.
Muqueuse. — Sur la voûte palatine, elle est pàle, surtout en avant. — Son tissu ferme et serré, comme celui des gencives, se confond avec le périoste dans le tiers antérieur de la voûte ; dans les deux tiers postérieurs, la muqueuse est séparée du périoste par la couche glanduleuse. — Elle est criblée d'ouvertures glandulaires.
Sur le voile du palais, elle est plus rouge, plus mince et moins adhérente. — Elle se replie, derrière lé bord libre du voile, de façon à former un étui dans lequel sont logés les muscles et les glandes.
ÀNAÏOMIE. V- KDITION. 7
ÎlO
FACE
L'ÉPiTHÉLiuM est pavimenleux sur toute la face buccale. — Il est vibratile sur la face nasale du voile du palais.
La COUCHE sous-MUQUEUsE est formée par un tissu cellulo-graisseux dur et comme lardacé, uni d'une part à la muqueuse, et de l'autre au périoste. — Ce tissu devient ti'ès dense et fibro-cartilagineux vers les rebords alvéolaires. — Son épaisseur varie de 6 à 8™™. — Toutes les aréoles sont occupées par des glandes muqueuses nommées glandes palatines.
— Sur le voile du palais, la couche glandulaire de la face buccale est beaucoup plus épaisse que celle de la face nasale. — Elle adhère assez intimement à la muqueuse, mais très peu aux muscles et aux aponévroses.
Squelette. — Il est constitué par l'apophyse palatine des deux maxillaires supérieurs et la lame horizontale des deux palatins. — Les sutures de ces différents os forment deux lignes perpendiculaires.
— Le périoste est très adhérent au niveau des sutures et de l'arcade alvéoio-dentaire ; dans l'intervalle, il peut être facilement décollé. — Rugosités des surfaces osseuses. — FrégMence des nécroses delà voûte palatine ; perforations accidentelles qui en résultent. — Perforations congénitales par arrêt de développement ou GUEULE-DE-LOUP. — Inconvénients résultant de la communicatim anormale entre la bouche et les fosses nasales. — Les très petites perforations guérissent en général par la cautérisation. — Les pertes de substance plus considérables nécessitent l'uiîANOPLASTlE. — Procédé de Baizeau. — Le
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procédé décrit par Langenbecli, sons le nom d'uranoplaslie périostiqiie, n'est qu'une reproduction du pré-
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A, ouvcitui'c poslérieurc des fosses nasales; — b, crochet de l'aile interne de l'apophyse ptérygoïde ; — c, luette ; — D, épiglotte ; — E, base de la langue; — F, paroi postérieure du pharynx renversée en dehors; — H, muscle péristaphylin externe; — 1, muscle péristaphylin interne ; — K, muscle palato-staphylin ; — L, muscle glosso-staphylin ; — M, insertions pharyngiennes du pharyngo-staphylin ; — insortions épigloltiquos du pharyngo-slaphylin ; — 0, muscles styliens ; — P, œsophage.
Cèdent, sans modification bien sensible. — Les très grandes pertes de substance ne peuvent être comblées que par des obturateurs.
FACE
Charpente fibreuse. — Lame aponévrotique qui s'insère, en avant, au bord poslérieur de la voûte palatine, et qui se perd, en arrière, dans le voile du palais. — Elle forme comme un squelette fibreux à ce voile et reçoit des muscles sur ses deux faces.
Muscles. — Première couche. — En rapport avec la face buccale de la charpente fibreuse. — Elle comprend trois muscles pairs :
1« Glosso-staphylin. — Il occupe l'épaisseur du pilier antérieur et suit le bord correspondant de la langue ;
2° Pharyngo-staphyltn. — Compris dans le pilier poslérieur ;
3° PÉRisTAPHYLTN EXTERNE. — Il s'iusère, Supérieurement, dans la fossette scaphoïdienne du sphénoïde, et en avant du pavillon de la trompe d'Eus tache. — Il se réfléchit sur le crochet de l'aile interne de l'apophyse ptérygoîde et devient horizontal. — Il reçoit un filet de la racine motrice du nerf trijumeau, par l'entremise du nerf du muscle ptérygoïdien externe, rameau du nerf maxillaire inférieur. — Le péristaphylin externe est surtout tenseur du voile du palais.
Deuxième couche. — En rapport avec la face na= sale delà charpente fibreuse. — Elle comprend deux muscles pairs :
i° PÉRISTAPHYLIX interne ou SALPIXGO-STAPHYLlN. —
Son insertion supérieure se fait sur le rocher, aU devant du canal carotidieil, et sur là face postérieure du Cartilage de la Irompei — En bas, il se jette sur
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la charpente fibi'euse. — Il élale et soulève le voile du palais, — Il dilate la trompe d'Eustache. — Sa contraction dé termine, dans Voreille^un bruit particxi-' lier que Von a attribué à tort à la contraction du muscle interne du marteau; 2" Palato-staphylin. — Situé sous la muqueuse.
— Il va de l'épine nasale à la luette.
Pendant la déglutition, le voile du palais s'abaisse au lieu de se relever, comme on le croyait autrefois.
— Lorsqu'il y a division anormale de ce voile, les lèvres de la solution de continuité se rapprochent par l'action des glosso et pharyngo-staphylins, — Après la staphylorrhaphie, les points de suture ne sont jamais tiraillés pendant la déglutition. — Afin de relâcher le voile du palais et de faciliter l'application de la suture, pendant la staphylorrhaphie, Sédillot pratique la section préalable des péristaphylins internes et des deux piliers. — Cette section donne des résultats très avantageux, mais elle s'accompagne souvent d'hémorrhagies considérables.
Amygdale. — Elle est logée dans l'excavation amygdalienne. — Elle est, en général, de la grosseur d'une amande, mais son volume est très variable. — Sa face interne fait saillie dans l'isthme du gosier. — Sa face externe repose sur le muscle amygdalo-glosse qui la sépare du pharyngo-glosse et du constricteur supérieur du pharynx. — Elle est située à plus d'un centimètre en dedans de la carotide inleme.— Hypertrophie des amygdales. — Amygdalotomie. — La blessure de la carotide interne, pendant cette opération, est un accident qui ne saurait ni
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s'expliquer ni se justifier. — les hémorrhagies en nappe qu'on observe après Vahlation des amygdales cèdent aux slyptiques, aux réfrigérants ou à la compression.
La surface des amygdales est inégale, criblée d'ouvertures anfraclueuses au nombre de 10 à 20.
— L'humeur blanchâtre qui s'en écoule est surtout formée par des parcelles d'aliments. — Ne pas confondre ces ouvertures irrégulières avec des ulcérations.
— L'amygdale est une glande vasculaire sanguine.
— On y trouve quelques glandes en grappe et surtout des follicules clos composés. — Ses veines vont former les plexus sous-tonsillaires.
Artères. — Palatine supérieure. — Branche de la maxillaire interne. — Elle traverse le canal palatin postérieur. — Son trajet, le long du rebord alvéolaire. — Elle s'anastomose avec sa congénère et avec la naso-palatine. — Elle fournit quelquefois des hémorrhagies abondantes pendant Vuranoplastie.
Pharyngienne inférieure. — Branche de la carotide externe.
Palatine inférieure. — Branche de la faciale.
Veines. — Elles forment deux plans. — Celles du plan supérieur, les moins importantes, se rendent au plexus de la fosse zygomatique. — Celles du plan inférieur se joignent à celles de l'amygdale et de la base de la langue pour aboutir à la jugulaire interne ou à l'une de ses veines aftluentes.
Lymphatiques. — Ils sont disposés sur deux plans, comme les veines. — Ils aboutissent aux ganglions situés derrière l'angle de la mâchoire. —
HÉGION rnAUYNGlENNE. Ho
Engorgement de ces ganglions à la suite des inflammations de l'isthme du gosier.
Nerfs. — Sensitifs : Glosso-piiaryngien, palatin
INFÉRIEUR et SPHÉNO-PALATIN. — EffortS dc VOmiSSB-
ment, par action réflexe, succédant aux attouchements du voile du palais.
Moteurs : Palatins supérieur et moyen; rameau du nerf vidien pour le m. péristaphylin interne et le palato-staphylin; rameau du maxillaire inférieuh pour le péristaphylin externe; rameau anastomotique du facial et du glosso-pharyngien pour le glosso-staphylin. — Lepharyngo-staphylinestanimé par des filets du plexus pharyngien.