QUINZIÈME LEÇON
RÉGION MASSÉTÉRINE
Situation absolue. — Sur les parties latérales de la face.
Situation relative. — Au-dessous de la région temporale. — Au-dessus de la région sus-hyoïdienne. — En aroière de la région géniennne. — En avant des régions auditive et parolidienne.
Limites. — En haut, l'apophyse zygomaticjue et le rebord malaire. — En bas, le bord inférieur du maxillaire inférieur. — En avant, le bord antérieur du masséter. — En arrière, le bord postérieur de la branche de la mâchoire.
Formes extérieures. — Point de relief apparent pendant l'état de repos. — Relief déterminé par la contraction du masséter. — En haut et en avant, saillie persistante de la pommette. — Derrière la pommelle, on senL roider sous la peau le oondyle de la mâchoire. — La saillie condy tienne fait défaut lorsque la mâchoire inférieure est luxée ; elle est même souvent remplacée par une dépression
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apprcciable à la vue. — En Las et en arrière de la région, saillie de l'angle de la mâchoire.
Peau. — Épaisse, recouverte de poils chez l'adaite. — Mobile, facile à déplacer.
Pannicule adipeux, quelquefois très abondant.
Fascia superficialis. — Lamelleux. — Il favorise le glissement des téguments. — Il se dédouble en deux feuillets au niveau du peaucier. — Il se continue dans les régions voisines.
Aponévrose. — Lame celluleuse très mince. — Elle s'insère : en haut, à l'arcade zygomatique ; en bas, au bord du maxillaire inférieur; en avant, elle passe sur le baccinateur en recouvrant la boule graisseuse de la joue ; en arrière, elle passe dans la région parotidienne.
Glande parotide accessoire. — Portion de la parotide située au-dessus du canal de Sténon. — Elle n'est pas indépendante du reste de la glande.
Canal de Sténon. — Situé à 0^^,01 au-dessous de l'arcade zygomatique, suivant le trajet d'une ligne horizontale menée du tragus au bord inférieur de l'aile du nez. — Côloyépar l'artère transversale de la face et des filets du nerf facial. — Faire toutes les incismis horizontalement, afin d'éviter sa section. — Les fistules salivaires massétérines sont assez rares. — Lorsqu'elles sont récentes, elles guérissent par la réunion des bords de la plaie. — Lorsqu'elles sont anciennes, elles sont plus difficiles à fermer. — Différents modes de traitement de ces fistules: cautérisation (A. Puré) ; co7npression de la glande pour l'atrophier (Desault) ; compression pour arrêter
FACB,
momentanément la sécrétion qui entretient la fistule (Maisonneiive) ; dilatation du bout buccal (Louis, Morand) etc.
Masséter. — Sa forme quadrilatère. — Ses fibres superficielles sont obliques, ses fibres profondes sont verticales. — Ses insertions à fos malaire, à farcade zygoraatique et à la branche de la mâchoire. — Il est élévateur de la mâchoire inférieure.
Vaisseaux. — Rameau massétérin de l'artère faciale.
Artère massétÉrine, branche de la maxillaire interne. — Elle naît entre les deux ptérygoïdiens, soft par l'échancrure sigmoïde et pénètre le muscle par sa face profonde.
Deux Veines satellites pour chaque artère.
Nêrfâ. — ^ Filets du plexus cervical superficiel se distribuant à la peau.
Filets du facial traversant la région pour aller aux muscles moteurs des lèvres.
Massétérin. — Nerf moteur. — Il naît parfois du maxillaire inférieur, le i^lus souvent du temporal profond postérieur. — Il accompagne l'artère massétérine.
Squelette. — 11 est formé par la branche du maxillaire inférieur. — Chez l'adulte, cette branche est à peu près verticale; elle fait, avec le corps de l'os, mi angle de 100 à 120°. — Chez l'enfant, le corps est réduit à sa portion basilaire et forme, avec la branche, un angle très obtus. — Chez le vieillard, l'angle ne change pas, mais la branche
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n'est plus verticale, par suite de l'affaissement des alvéoles.
La branche du maxillaire a une forme quadrilatère. — On y distingue deux faces et quatre bords.
Face externe. — Cachée sous le masséter. — Couverte de rugosités à sa partie inférieure.
Face profonde. — En rapport avec les deux ptérygoïdiens, le ligament sphéno-maxillaire, le nerf lingual, le nerf et les vaisseaux dentaires inférieurs. — Après la résection du nerf dentaire inférieur par le procédé de Warren (trépanation de la branche du maxillaire), le muscle mylo-hyoidien du côté de la section reste faralysé.
Bord antérieur. — Tranchant. — Il fait une sailUe sensible dans la bouche où il est recouvert par la muqueuse seule.
Bord postérieur. — Lisse, arrondi. — ËrabraSsé par la parotide.
Bord inférieur. — Se confond avec le bord du maxillaire inférieur.
Bord supérieur. — Il forme 1 echancrure sîgmoïde. — Cette échancrure est fermée par l'aponévrose du ptérygoïdien externe, traversée par le nerf et les vaisseaux raassétérins. — Elle est limitée, en avant, par l'apophyse coronoïde, et, en arrière, par le condyle.
L'apophyse coronoïde forme une laine verticale tranchante, terminée en pointe et recourbée en arrière. — Elle est enveloppée par le tendon du crolaphite. — Dans la désarticulation du maxillaire inférieur, il faut abaisser très fortement la mâchoire
AXATOMIE. 3° ÉDITION. Q
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pour pouvoir sectionner ce tendon. Employer de préférence les ciseaux pour ce temps de V opération.
Le CONDYLE appartient à l'arUculation Leniporomaxillaire. — Il prolonge directement en haut le bord postérieur de la branche de la mâchoire. — Son col, arrondi, est contourné par l'artère maxillaire interne, et longé, en arrière, par la temporale superficielle.
— Désarticuler le maxillaire inférieur par torsion et par arrachement, afin d'éviter lliémorrhagie (Maison neuve).— Insertions du ptérygoïdien externe sur la face interne du col.
Articulation temporo-maxillaire. —
Condylarthrose formée par la jonction du condyle avec la cavité glénoïde du temporal,
CoNDYLE. — Éminence olivaire. — Placée obliquement chez les animaux omnivores. — Chez l'homme, les grands axes des deux condyles, prolongés, se rencontreraient au niveau de la partie antérieure du trou occipital. — Le cartilage d'encroûtement est surtout développé en avant, dans la portion qui supporte les frottements. Cavité glénoïde. — Elle est allongée dans le
FlG. 13. — COUPE VERTICALE "^ANTÉnO-
rosTÉiiiBunB DE l'articulation TEM-
POnO-MAXILLAIRB (sCHÉMa).
a, racine de l'apophyse zygomatique ; — b, condyle du maxillaire inférieur ; — c, apophyse coronoïde; — d, apophyse styloïde ; — e, conduit auditif externe ; — /, ménisque intra-articulaire.
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même sens que le condyle. — Elle est limilée, en avant, par la racine Iransverse de l'apophyse zygonialique ou condyle temporal. — La scissure de G laser la divise en deux portions. — La portion antérieure est seule articulaire ; son cartilage d'encroûtement revêt le fond de la cavité et la racine Iransverse. — La portion postérieure n'est pas articulaire; elle est séparée du conduit auditif externe par l'apophyse engainante. — Douleurs auriculaires dans les tumeurs blanches de V articulation temporo-maxillaire. — Luxation incomplète de cette arliculation à la suite d'un gonflement de la parotide (Monteggia). — Passage de l'artère tympanique et de la corde du tympan par la scissure de Glaser.
FiBRO-CARTILAGE INTERARTICULAIRE, — Ménisque
bi-concave. — En rapport avec le condyle et avec la racine transverse de l'apophyse zygomatique. — Il n'est pas horizontal, mais ohhque de façon à ce que sa face supérieure regarde en avant, sa face inférieure en arrière. — En dedans, il reçoit des insertions du ptérygoïdien externe ; en dehors, il adhère au ligament latéral externe de l'articulation. — Il accompagne le condyle dans ses mouvements.
Le ménisque divise la synoviale en deux cavités distinctes. — La synoviale supérieure est beaucoup plus lâche que l'inférieure. — Quand le ménisque est percé d'un trou, il n'y a qu'une seule synoviale en forme de bissac.
Ligament latéral externe. — Faisceau rubané, dirigé de haut en bas et d'avant en arrière, du
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tubercule zygoniatique à la partie postérieure du col du condyle. — 11 joue le rôle de ligament latéral interne par rapport à l'articulation du côté opposé.
Ligament de Ferrein. — Fibres internes do la capsule, allant de la scissure de Glaser à la partie antérieure du col du condyle. — Leur direction est perpendiculaire à celle du ligament latéral externe.
Ligament sphéno-maxillaire. — Improprement nommé ligament latéral interne. — Bandelette tendue entre l'épine du sphénoïde et la languette du canal dentaire (aiguille de Spix). — Cette bandelette ne joue aucun rôle dans l'articulation; elle est seulement destinée à protéger le nerf et les vaisseaux dentaires inférieurs.
Ligament stylo-maxillaire. — Improprement nommé ligament postérieur. — Il n'est constitué que par un épaississement de l'aponévrose parotidienne profonde (Voy. hégion parotidienne), et n'appartient pas à l'articulation.
Ligaments actifs. — Tous les muscles qui meuvent la mâchoire peuvent jouer ce rôle. Ces muscles sont : élévateurs (masséter, ptéiygoïdien interne, crotaphite) ; abaisseurs (digastrique et muscles sus-hyoïdiens) ; diducteur et propulseur (ptérygoïdien externe).
MOUVEMENTS ET LUXATIONS. — Le centre des mouvements d'abaissement et d'élévation correspond à peu près à Ventrée du canal dentaire. — fendant que l'angle de la mâchoire se porte en arriére, le condyle se 'porte en avant. — Le condxjle se dirige d'abord de ha:Ut en bas, jusqu'à ce que la bouche soit
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({ demi- ouverte ; puis il passe, par un brusque mouvement, sous la racine transverse de Vapophyse zygomutique et progresse alors d'arrière en avant. — Qiiand la bouche est ouverte 4 son mimmum, le condyle atteint presque la face antérieure de la racine transverse et tend un peu à se porter de bas en haut. — Pendant le rapprochement des mâchoires, il parcourt le même chemin en sens inverse. — Si rabaissement est exagéré, le oondyle passe en avant de la racine transverse et se luxe en remontant dans la fom sygo^ matique.
Les causes invoquées pour expliquer la production et le maintien de la luxation sont :
i" L'ACTION MUSCULAIRE (J.-L. Petit, Pinel). Cette cause agit pour maintenir la luxation, mais elle ne saurait la produire, parce que le oondyle n'est pas situé assez en avant pour que la contraction du masséter et duptérygoîdien interne puisse le faire basculer;
2° L'ACCROCHEMENT de l'apophyso coronoide aif. tubercule malaire (Monro, Nélaton). — Cet accrochement est empêché par le tendon du crotnphite. Il n'est passible que sur des têtes sèches ;
3° L'OBSTACLE formé par le ménisque, qui reste en arrière du oondyle et empêche sa rentrée dans la cavité glénoîdt (Mathieu). — Cet obstacle est souvent réel, mais il n'existe pas dans tous les cas;
4° La SAILLIE de la racine transverse de l'apophyse zygomatique (Boyer, Richet). — Cette cause s'applique à tous les cas et en rend un compte suffisant.
Pour réduire ces luxations, il faut d'abord ramener
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le condyle, de haut en bas, sous la racine transversc, puis le repousser en arrière. — Ce dernier temps n'est souvent pas nécessaire.
Les luxations en arriére sont rendues impossibles par la saillie de V apophyse engainante.
Les luxations en dedans sont prévenues par le relief de l'épine du sphénoïde. — Ce relief s'oppose aussi aux luxations en dehors de l'articulation du côté opposé. — Les luxations en dehors ne sont possibles que lorsqu'elles s'accompagnent d'une fracture (Robert).