VISCÈRES
Estomac. — Dans l'état de vacuité, il est situé à l'épigastre, derrière le lobe gauche du foie et le côlon transverse. — Il est peu exposé à être blessé ; dans tous les cas, sa lésion est moins grave, puisqu'elle ne donne lieu à aucun épanchement de matières alimentaires.
CAVITÉ ABDOMINALE
Distendu par des gaz ou des aliments, il présente un volume variable. — Il prend la forme d'une cornemuse. — Il refoule le côlon en bas et se met en rapport avec la paroi abdominale antérieure. — Son grand cul-de-sac pénètre dans l'hypochondre gaucbe. — La fixité de sa petite courbure l'oblige à un mouvement de torsion en vertu duquel sa face antérieure regarde en haut. —E7i cet état, il peut être ■plus facilement atteint. — Ses blessures se compliquent presquetoujoursd'hémorrhagie, à cause de l'abondance de ses vaisseaux. — Fistules gastriques persistantes dans certains cas.
Grand diamètre. — A peu près horizontal chez l'adulte ; le cardia est à 0",02 au-dessous du diaphragme; le pylore est un peu plus bas et plus antérieur. — Presque vertical chez l'enfant, à cause de l'abaissement du pylore. — Chez la femme, déviation plus ou moins considérable, produite par l'usage des corsets.
Petite courbure. — Séparée du diaphragme par une portion du lobe gauche du foie.
Grande courbure. — En rapport avec le côlon Iransverse.
Grosse tubérosité. — Cachée sous la voûte du diaphragme. — Difficulté de respirer, lorsque l'estomac est distendu par des aliments.
Face antérieure. — Ses rapports ont été indiqués plus haut.
^ Face postérieure. — Elle recouvre- le pancréas, l'aorte et souvent la 3" portion du duodénum. Les épiploons gastro-hépatique, gastro-splénique
ABDOMEN
et gasLro-coliqiie se dédoublent pour favoriser l'ampliation de l'estomac.
Duodénum. — Peu mobile. — Fixé à la colonne vertébrale par le péritoine. — Sa longueur est évaluée à 12 travers de doigt. — Ses trois portions :
{■•e PORTION. — Horizontale. — Cachée sous la face inférieure du foie, en contact avec le col de la vésicule biliaire. — Passage des calculs biliaires dans Vintestin.
2° PORTION. — Verticale. — Recouverte par l'arc du côlon. — Elle repose sur le bord concave du rein droit. — Le canal cholédoque et le canal pancréatique s'ouvrent dans cette portion, au sommet de l'ampoule de Vater.
3^ PORTION. — Horizontale. — Elle passe en avant de la veine cave et de l'aorte. — Elle se termine sur le côté gauche de la 2^ vertèbre lombaire.
Intestin. — Ses rapports ont été indiqués. — La tunique musculeuse est uniformément répartie sur tout le pourtour de l'intestin grêle; tandis que les fibres longitudinales constituent, sur le gros intestin, trois bandelettes distinctes, déterminant la formation de bosselures caractéristiques. — Cette disposition suffit pour faire reconnaître, dans une plaie, si Von a affaire à Fintestin grêle ou au gros intestin. — Sur le rectum, on n'observe plus ni bandelettes ni bosselures.
Le tube intestiiial peut être atteint toutes les fois qu'un instrument vulnérant inté7'esse un point quelconque de laparoi antéro-latcrale de V abdomen, excepté l'hypochondre droit et une petite portion de Vépigastre.
CAVITÉ ABDOMINALE
— A cause de la mobilité de l'intestin grêle, le siège de la blessure ne suffit pas pour indiquer certainement quelle est la portion atteinte. Le degré de digestion des matières sorties par la plaie donnera plus de précision au diagnostic.
Pancréas. — Couché en travers, au-devant de la colonne lombaire, entouré par les trois portions du duodénum. — Très profond, et par conséquent peu accessible.
Rate. — Son volume est très variable. — Elle répond ordinairement aux cartilages des 9", 10'= et M,° côtes gauches. — Sa mobilité. — Elle suit la grosse tubérosité de l'eslomac dans tous ses mouvements. — Elle est rattachée à cette tubérosité par les vaisseaux courts. — Son tissu est dur et en même temps très friable. — Ses déchirures à la suite des contusions de l'abdomen. — Sa rupture spontanée.
Foie. — Il remplit l'hypochondre droit, traverse l'épigastre et se prolonge jusque dans l'hypochondre gauche. — Son volume est très variable. — Son poids moyen est de 1,500 à 2,000 grammes.
Sa FACE SUPÉRIEURE est logée dans la concavité du diaphragme. — Elle correspond au cœur et à la base du poumon droit. — Abcès du foie évacués par les bronches. — Le ligament suspenseur divise cette face en deux lobes.
Le LOBE DROIT reste caché derrière les fausses côtes droites. — A l'état normal, il ne déborde légèrement les cartilages costaux que pendant l'inspiration et lorsque le tronc est vertical. — Chez l'enfant, au
ACDOMEN,
contraire, le foie descend jusqu'à l'ombilic. — Dans certaines fractures de côtes avec enfoncement, les fragments peuvent dilacérer le tissu du foie.
Le LOBE GAUCHE recouvre une partie de la face antérieure de l'estomac. — Il va souvent coiffer l'extrémité supérieure de la rate.
La FACE INFÉRIEURE, profonde, inaccessible à l'exploration, est en rapport avec l'angle droit du côlon et le sommet du rein droit. — Sillon de la veine porte et de l'artère hépatique. — Sillon de la veine ombilicale. — Canal veineux.
Le BORD ANTÉRIEUR, tranchant, touche la paroi abdominale antérieure.
Le BORD POSTÉRIEUR Bst très épais. — Il est séparé de la paroi costo-vertébrale par le diaphragme et une petite portion de la cavité pleurale.
En raison de son volume, le foie risque beaucoup d'être^ intéressé dans une plaie pénétrante de l'abdomen. ' — C'est un des organes les plus vascidaires de l'économie. — Ses hémorrhagies sont toujours très graves, excepté quand l'instrument atteint la surface convexe et qu'il ne pénétre jjas très profondément.
Ascite déterminée par la compression de la veine porte. — Cirrhose.
Le tissu du foie est dur et friable ; il est susceptible de se déchirer à la suite des contusions de l'abdomen. — Il est, jusqu'à un certain point, malléable et cède à des pressions lentes. — Déformation du foie par l'usage des corsets.
Vésicule biliaire. — Située dans la fossette de la vésicule, à droite du sillon de la veine ombilicale.
CAVITÉ ABDOMINALE
— Sa forme est celle dune poire. — On y dislingue un fond, un corps et un col.
Fond. — Tourné en avant. — Il déborde le foie et se met en rapport avec les cartilages des 9'= et 10'^ côtes droites. — Issue possible, mais très rare, des calculs biliaires à travers la pajw abdominale.
Corps. — En rapport avec le côlon transverse et la première portion du duodénum.
Col. — Il se continue avec le canal cystique. — Celui-ci, réuni au canal hépalique, forme le conduit cholédoque. — Ouverture des voies biliaires dans la 2^ portion du duodénum.
Reins. — Placés en arrière du péritoine. — Leur forme. — Leur chaton adipeux. — Le poids de la glande varie de 60 à 100 grammes. — Le rein droit, en rapport avec la face inférieure du foie, est situé plus bas que le gauche.
Face antérieure. — Recouverte par le côlon lombaire correspondant. — Ouverture des abcès du rein dans l'intestin. — Du côté droit, le rein est en rapport avec le foie, la 2° portion du duodénum et quelquefois la vésicule biliaire. — Du côté gauche, le rein touche la queue du pancréas, la rate et la grosse tubérosité de l'estomac.
Face postérieure. — Elle repose sur le diaphragme et sur le muscle carré des lombes. — Impossibilité de diagnostiquer les lésions du rein par le palper de la région lombaire.
Bord interne. — En contact avec le psoas.
Le tissu du rein est susceptible de se déchirer comme celui du foie et de la rate. — A cause de la profondeur
ABDOMEN
de cet organe, ses blessures sont assez rares. — Le rein peut être atteint sans que le péritoine soit ouvert.
— Quand ces blessures ne s'accompagnent pas d'hémorrhagie, elles peuvent guérir assez facilement. — Néphrotomie. — Néphrectomie .
Uretères. — Dirigés du hile du rein au bas-fond de la vessie. — Luretére croisant la face antérieure des vaisseaux iliaques, il faut éviter de le comprendre dans l'anse de fil, en faisant la ligature de Viliaque primitive.
Capsule surrénale. — Elle coiffe le bord supérieur du rein eL ne donne lieu à aucune considéra- Lion pratique.
Péritoine. — Membrane séreuse qui tapisse toutes les parois de la cavité abdominale. — Il se rétlécbitsur tous les viscères, entourant complètement les uns, recouvrant seulement les autres sur une de leurs faces. C'est ainsi que le duodénum, le pancréas, les reins, les uretères, l'aorte, la veine cave, etc., sont situés dans la cavité abdominale, mais sont en dehors de la cavité péritonéale. — Ses deux feuillets.
Feuillet pariétal. — Il forme une membrane distincte. — ■ Il est mince et adhérent sur le diaphragme. — Très adhérent dans la moitié inférieure de l'anneau ombilical; soulevé par la veine ombihcale derrière la moitié supérieure de cet anneau.
— Au-dessous de l'ombilic, il est éloigné de la paroi par l'ouraque et par les artères ombilicales. — Sa réflexion sur le sommet et sur la face postérieure de la vessie. — 11 est épais et très peu adhérent
CAVITÉ AnDOMINALlî.
dans les régions inguino-abdominale el lomboiliaqiie.
Feuillet viscéral. — C'est un simple revêtement endothélial. — Disposition dumésenlère; l'ampliation de ses deux lames permet à l'intestin de changer de volume. — Le bord adhérent du mésentère s'étend du côté gauche du corps de la 2"= vertèbre lombaire à la symphyse sacro-iliaque droite ; son bord libre, beaucoup plus étendu, représente la longueur de tout l'intestin grêle, moins le duodénum.
Disposition du péritoine sur le cœcum. L'existence d'un mésocœcum est très rare. — Les mésocôlons se ren contrent beaucoup plus fréquemment. — Possibilité d'ouvrir le côlon descendant par la région lombaire gauche sans intéresser le péritoine. — Opération de Caliisen.
Tissu sous-PÉRiTONÉAL. — Il est plus ou moins serré, suivant les endroits où onTexamine. — Dans les points où il est soumis à des frottements répétés, il s'étale et forme une membrane nommée
FASCIA PROPRIA.
HERNIES ABDOMINALES. — En vertu de la pression concentrique exercée par les muscles des parois, les viscères abdominaux sont comme trop à l'étroit dans leur cavité et tendent sans cesse à s'échapper. — Nécessité de mettre les muscles dans le relâchement pour réduire une hernie. — Le sac se forme généralement par déplacement et non par distension du péritoine. — De même, c'est par le glissement de ses deux feuillets que le mésentère s'allonge assez pour permettre à l'intestin de descendre jusqu'au fond des bourses. —
Lorsque le péritoine adhère au -pourtour de Vanneau, il peut former un sac en se laissant distendre et en s' amincissant [hernie ombilicale) ; ainsi distendue, la séreuse s'éraille facilement. — Les hernies de certains viscères [cœcim, vessie) n'ont pas de sac.
A l'état normal, la cavité périionôale n'existe que virtuellement; elle devient apparente dans les cas d'épanchement. — Les épanchements sanguins sont d'autant plus étendus que le vaisseau ouvert est plus considérable et le sang plus fluide. — Les épanchements de pus, d'urine, de matières fécales n'ontpas toujours lieu quand l'ouverture est très petite ; une fois produits, ils sont ordinairement mortels. — On a beaucoup exagéré la susceptibilité du péritoine. — La lésion simple de la séreuse ne détermine, le plus souvent, qu'une péritonite localisée [kélotomie). — Ce qui fait surtout le danger des plaies pénétrantes de l'abdomen, ce sont les corps étrangers solides ou liquides dont elles se compliquent.