‹ Résumé d'histoire de la musiqueChapitre 56 sur 101 · RÉSUMÉ HISTORIQUE · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ HISTORIQUE

CHAPFETRE:E

Considérations esthétiques sur la Musique et son histoire.

L'étude d’un art ne doit pas se borner exclusivement à la connaissance

des éléments scientifiques dont il est formé. L'histoire de cet art doit être également l’objet de l’attention sérieuse

FIG. 1. — La Musique.

de ceux qui ont le désir de posséder une culture intellectuelle aussi complète que possible.

En tout temps, la musique a provoqué le plus vif intérêt chez l’homme parce qu’il a trouvé en ellé une force expressive supérieure au langage ordinaire. |

Les diverses évolutions progressives de la musique ne se sont pas produites aussi rapidement que celles de la peinture et de la sculpture.

Il faut peut-être chercher la cause de ce retard dans ce fait que la peinture et la sculpture ont la faculté de pouvoir reproduire les objets réels de la nature, alors que la musique est essentiellement un art immatériel qui ne peut donner autre chose que des impressions ressenties et interprétées par nous d’une manière purement conventionnelle.

Il est Here qu’en raison de ce fait, la musique se soit trouvée, parmi les arts, la dernière à atteindre son état de complet développement.

Cet art s’est répandu progressivement chez les différents peuples et à travers les âges depuis la plus haute antiquité : ainsi, la musique des Hé-

breux s’est transportée chez les Égyptiens; celle de ces derniers a passé chez les Grecs, puis chez les Romains, chacun de ces peuples donnant à la musique une forme plus particulière et plus perfectionnée (1).

Dès son origine, le christianisme introduit la musique dans les exercices de son culte.

Le moyen âge la répand en Europe où elle prend des développements progressifs. La notation, l'introduction du rythme et de la mesure, l'union et la fusion des chants populaires avec les chants de l’église, aidèrent à ces développements.

Des écoles se créent, des théories scientifiques sont inventées, et le xve siècle voit naître les premiers essais du contrepoint.

On invente de nouveaux instruments de musique et les anciens se transforment avec des améliorations ingénieuses.

Sous l’influence des progrès de la musique scientifique, la chanson et la musique instrumentale donnent naissance à la musique de théâtre.

Les développements innovateurs qui vont créer la musique passionnée à côté de la musique religieuse portent en eux l’emhrvon d’un élément nouveau auquel le génie inventif de l’homme donnera le mouvement de la vie. Une abondante moisson se lève, après avoir été semée par des maîtres qui vont répandre dans tous pays l'esprit de progrès.

Chez les anciens, le mot,musique avait un sens plus étendu que celui qui lui fut donné par la suite. Ils entendaient par musique, non seulement l’art d’émouvoir par les sons, mais encore la poésie, la danse, la rhétorique, la grammaire, la philosophie, et, en général, les arts et les sciences que, chez les anciens Romains, puis ensuite au temps de la basse latinité, dans les premiers siècles de l’ère chrétienne et durant le moyen âge, on nommait humanités. On désignait de la sorte les sciences universitaires et classiques. Vers le milieu du xxr11e siècle, ces sciences, enseignées dans toutes les universités, reçurent le nom de clergie ou Les sept arts libéraux. Ces derniers comprenaient la grammaire, la rhétorique, la dialectique, V'arithmétique, l’astronomie, la géométrie et la musique.

Ce n’est que peu à peu, que la musique commença à se séparer des arts et des sciences auxquels elle était unie auparavant par suite des changements qui s’opérèrent successivement dans les coutumes de l’enseignement pédagogique et aussi, en raison des développements progressifs qui survinrent dans l’art d'écrire à plusieurs voix, dans l’invention de nou- ‘veaux instruments et dans le perfectionnement des anciens.

. Tous ces éléments de progrès amenèrent des transformations dans Le

(1) Les Chinois appelaient la musique la science des sciences.

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