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CONSIDÉRATIONS ESTHÉTIQUES SUR LA MUSIQUE ET SON HISTOIRE D

usages primitifs et créèrent une nouvelle science, d’où naquit plus tard un nouvel art indépendant, exclusivement musical.

Les écoles. Les styles. Les formes. — L'état moral et social de chaque époque, de chaque contrée, de chaque milieu a exercé son influence sur l’art musical dans l'expression de ses chants et de ses procédés.

De là résultent différentes écoles. On entend par école, le style, la manière, les procédés qui caractérisent les compositions musicales d’une nation.

L'histoire a reconnu {rois écoles principales, jusqu’au milieu du x1xe siècle : l’école italienne, l’école allemande, l'école française.

L'école italienne se distingue par la richesse ensoleillée de sa mélodie et par l’abondance expressive de ses chants, animés tour à tour d’un souffle passionné et pathétique ou d’une gaîté irrésistible ou encore d’une grâce pleine d'abandon.

L'école allemande (1) a établi une union intime de la mélodie et de l’harmonie en donnant à cette dernière, avec une complexité savante, une importance qu’elle n’atteint pas dans l’école italienne.

L'école française emprunte à l'Italie la grâce de ses chants et à l’Alle-

magne la science de son harmonie. Elle illumine ces emprunts de son génie national fait de clarté, d'esprit et de sensibilité. * Les autres nations se sont plus ou moins inspirées, dans leur musique, des procédés des écoles italienne, allemande et française, en ÿ apportant surtout dans leurs chants populaires et dans leurs airs de danse, l’originalité de leur colcris et de leurs rythmes.

Parmi ces dernières, l’une d’entre elles, la Russie, denne naissance à l’école russe, vers la seconde moitié du x1x® siècle.

Les formes. — On reconnaît différentes formes dans la composition musicale.

Les œuvres qui se manifestent exclusivement au moyen de combinaisons de sons musicaux, sans le secours de la parole ni du geste, appartiennent à la forme désignée sous le nom de musique pure. Au contraire, dans la musique dramatique (2), la parole et le geste viennent se joindre à ï musique comme élément d’action et d'expression.

Les différentes formes peuvent appartenir à deux sfyles différents : le

(1) On comprend, dans l’école allemande, tous les peuples appartenant à la Confédération germanique. Par exemple : Sébastien Bach. Mendelssohn, Meyerbeer, qui sont prussiens ; Händel qui est saxon; Haydn, Mozart, qui sont nés en Autriche, sont considérés comme appartenant tous à l’école allemande.

(2) Du grec drama, action.

slyle classique, dans lequet les procédés prescrits par la science et transmis par la tradition enseignée dans les classes, sont respectés par le compositeur. Certains maîtres, doués d’un esprit indépendant et novateur, créent des procédés nouveaux et s’écartent des usages formulaires et scientifiques du style classique : il résulte de là le style romantique. Au style classique, appartiennent l’unité sévère, la pureté du dessin.

Le style romantique se signale par son indépendance audacieuse.

On a reproché aux classiques une forme trop absolue d’où résulte l’imitation, et aux romantiques, une profusion parfois excessive des idées et des couleurs.

Un fait intéressant mérite d’être signalé dans notre histoire musicale contemporaine, laquelle suit le courant créé par la vie sociale. Ce fait réside dans une tendance très marquée à une sorte d’internationalisation de l’art musical amenant une fusion de différentes écoles et un amoindrissement progressif de cette individualité et de cette couleur particulière qui caractérisaient naguère le style propre à chaque nation.

Les moyens de transport qui se sont multipliés, et qui ont permis aux différents peuples de se mieux connaître, ont facilité des échanges de plus en plus importants dans le domaine intellectuel. | |

Il-nous faut encore observer combien les différentes contrées formant la totalité d’une nation ont elles-mêmes perdu, sous l’empire d’une civilisation intense, cette couleur locale, ce goût de terroir qui se faisaient remar- quer Chez chacune d'elles. Anciennement, en France (et ce fait n’est pas particulier à la France seule), chaque province avait ses noëls, ses chan- Sons, ses danses, qui lui appartenaient en propre. Aujourd’hui, hélas ! la chanson locale n'existe plus, au grand désespoir des penseurs épris d’art et de poésie, qui ne retrouvent plus toutes ces gracieuses mélodies provinciales, toutes ces danses colorées et spéciales, désormais passées dans le domaine historique et légendaire !..

Qui pourrait dire, à l’heure présente, quel sera l’avenir de l’art musical, en présence du conflit d'opinions, de goûts, de tendances, de procédés qui dirige sa marche?

Les recherches innovatrices de nos compositeurs contemporains sont délicieusement prenantes pour les adeptes susceptibles d’en comprendre toute la poésie expressive, mais restent obscures pour ceux qui n’ont pu encore renoncer aux usages ordinaires prescrits par la tradition.

Ce qu'il faut constater avec admiration, c’est la merveilleuse souplesse et l’inépuisable fécondité d’un art qui, par la puissance de combinaisons sonores innombrables, se renouvelle sans cesse dans sa poursuite jamais interrompue du plus pur idéal de beauté !

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Le sur la que, de J.-J. NUE — Essais sur Ha musique, FR %

= (Modernes.) Gepaert et Vollgraff, Les problèmes musicaux d’Aristote. — Arthur a uard, La musique en France depuis Rameau. — Saint-Saëns, Harmonie et mélodie,

| 885. — Combarieu, La musique, ses lois, son évolution. Les rapports de la musique

Er de Ja prie — Dauriac, Essais sur Do: musical, etc., etc. — Lalo, , Esquisse d'une : re

: Belaigue, De — Lionel de la Laurencie, Histoire du goût musical. — Camille Mauclair, Essais sur l’émotion musicale. — Woolett, Histoire de la musique.

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