‹ Résumé d'histoire de la musiqueChapitre 61 sur 101 · D'MSTR ES RAS 5 RE 3 D · texte numérisé non relu

D'MSTR ES RAS 5 RE 3 D

L'anticipalion fait entendre sur un accord une note qui lui est étran gère et qui appartient à l’accord suivant :

La pédale est une note prolongée au-dessus de laquelle passent plusieurs accords dont elle ne fait pas partie.

| bédele é TA For

L’enchaînement des différents accords, appelé agrégation d'accords

engendre plusieurs combinaisons harmoniques, parmi lesquelles la modulation, les cadences, les marches d'harmonte. Au moyen de la modulation, on module en passant d’un ton à un autre.

Ton de Do. Ton de Sol. Ton de Fa. Retour enDo.

Les cadences sont les différentes manières de terminer une phrase musicale ou un fragment de la phrase elle-même.

. Cadence . Cadence parfaite. Cadence rompue. Cadence évitée Cadence plagale. à la dominante on

La dominante Ladominantevasur La dominante L'harmonie dela La tonique va

va sur la un autre accord vasurunautre sous-dominante sur la tonique. que l'accord accord précède l'accord dominante. de tonique. qui module. parfait de la tonique,

Dans les marches d'harmonie (ou progressions) une succession d’accords se reproduit symétriquement soit en montant, soit ea descendant.

Progressions ascendantes Progressions descendantes Marche non modulante Marche modulante

Histoire.-— La question de savoir si les peuples de l'antiquité, et surtout les Grecs et les Romains, ont connu l'harmonie à été très discutée. On croit pouvoir affirmer que leur musique était essentiellement mélodique, et qu’en fait de simultanéité de sons, ils faisaient surtout usage de l’homophonie, c’est-à-dire le système de sons semblables dans lequel tous les sons se font à l'unisson et de l’antfiphonie, qui présentait des sons résonnant à l’octave les uns des autres.

C’est vers le vrre siècle qu’il faut arriver pour trouver une définition du. mot harmonie, entendue dans le sens de simultanéité de sons : « La musique, dit dans ses Sentences, Isidore de Séville, qui vivait à cette époque, est une modulation de la voix; c’est aussi une concordance de plusieurs sons et leur union simultanée. » Au 1xe siècle, Hucbald de Flandre donne une définition du même mot montrant que le goût pour l’harmonie et ses progrès commencent à se dessiner de plus en plus : « L’harmonie, dit-il, est un accord

agréable de sons dissemblables réunis entre eux. »

La diaphonie. L’organum. — A ia fin du ix® siècle, au x£ siècle, et au xIe siècle, on ne connaissait qu’une façon de musique à plusieurs parties dans laquelle chaque note était accompagnée de son octave ou de sa quinte ou de sa quarte. Ce système s’appelait diaphonie (du grec dia, dans le sens de dispersion, et phoné, voix) et organum. Cette harmonisation se placait audessus ou au-dessous d’un chant (un plain-chant d’église), que l’on désignait sous le nom de principal.

Exemple de diaphonie el d'organum

Série d'octaves. Série de quintes. Série de quartes. .

Principal

Organum

Dans cette diapnoïie l'organum Dans cette diaphonie le prinest doublé à l octave cipal est doublé à l'octave inf

Dans l'exemple suivant on voit un progrès pour l'harmonie. L’unisson, la seconde, la tierce mineure, la quarte et la quinte y sont employés avec les trois mouvements direct, oblique et contraire.

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Ces exemples ont été empruntés par de Coussemacker (1805-1876), dans son Harmonie au moyen âge, aux traités d’Hucbald (1x® et xe siècles), publiés par l’abbé Gerbert, célèbre publiciste allemand (1720-1792), dans son ouvrage : Ecrivains ecclésiastiques sur la musique sacrée (Scriptores ecclesiastici de musica sacra) (1784). :

On appelait organiser ce que nous appelons aujourd’hui harmoniser, c’est-à-dire l’art d'écrire à plusieurs parties (1).

Le déchant. — Cependant, la diaphonie et l’organum vont enrichir leur domaine de l’adjonction de la tierce majeure et mineure. On: peut donc : faire entendre un accord parfait, puisque toutes les consonances vont être employées. Ce perfectionnement de la diaphonie s’appelle discant, puis déchant, du latin discantus, dis qui veut dire division, doublement, et cantus, chant. Discant (ou déchant) signifiait chant double et consistait en effet à

(1) Dans « l'Harmonie au moyen âge », l’érudit de Coussemacker dit qu’ ÆHucbald, moine de Saint-Amand, en Flandre, qui vivait à la fin du 1x° siècle,et au commencement du x° siècle, est le premier auteur du moyen âge qui traité de l'harmonie avec tous les détails pratiques pro- Des à nous en donner une idée nette et exacte. On trouvera à la fin de cet ouvrage un Traité

’organum. |

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faire entendre plusieurs chants ensemble. Au xr1e siècle el x111e siècle, dit de Coussemacker dans l'Art harmonique aux xx et xrrre siècles, le déchant était le terme générique sous lequel on désignait toutes les compositions harmoniques mesurées, alors que l’organum, où la diaphonte, étaient inhérents au plain-chant, non soumis à la mesure, et indiquaient la coexistence de deux sons d’égale valeur: :

Le déchant fut d’abord une espèce de contrepoint que l’on ajoutait au plain-chant d'église, c’est-à-dire que tandis qu’une partie chantait le plainchant, une autre partie, et quelquefcis plusieurs autres, faisait entendre une série de notes rythmées formant harmonie sur ce plain-chant.

Les hoquets, condamnés dans une bulle du pape Jean XXII datée de 1322, consistaient, dans le déchant du moyen âge, à entrecouper ou à interrompre par des silences les notes d’une ou de plusieurs parties; mais ce qui avait été admis d’abord, soit pour donner du repos à la voix dans certaines pièces de longue haleine, soit pour amener une nouvelle variété dans les compositions harmoniques, devint bientôt l’objet d'abus excessifs et de mauvais goût, qui détruisaient l'intégrité du chant grégorien et contre lesquels s’élevèrent les maîtres célèbres et les autorités ecclésiastiques. Les hoquets du déchant du moyen âge ont, croit-on, donné naissance à ce que nous appelons confre-lemps.

Le déchant comprenait plusieurs formes de compositions dont les principales étaient le motel, le rondeau, le conduit.

Le motet. — Le molel du moyen âge était un genre de composition pour musique religieuse à plusieurs voix. Dans le molel à deux voix, la voix qui exécutait la partie de plain-chant, au-dessus duquel se faisait le travail d'harmonisation, s'appelait {eneur ou lénor, parce qu’elle tenait (exécutait) le chant principal (1). L'autre partie s'appelait le discant et accompagnait le ténor. Lorsque le motet était à trois voix, le ténor, celui qui exécutait la partie de plain-chant, se mettait à la partie inférieure; la voix intermédiaire s’appelait mofletus (motet) et la partie supérieure {riplum (troisième).

D'après quelques étymologistes, motel dériverait de mot, parce que, dans ce genre de composition, chaque période était fort courte, et les répétitions du même mot étaient fréquentes, ce qui faisait dire que les compositeurs en auraient fait un jeu de mots, d’où motel (2).

De nos jours, le motel n’a aucun rapport avec celui du moyen âge, et consiste dans une composition religieuse sur des paroles liturgiques à une ou à plusieurs voix.

(1) Du latin : {enere, tenir. Origine du mot ténor, la voix aiguë des hommes.

(2) On a encore fait dériver motet du latin movere, Se mouvoir, en raison du déchant en musique mesurée qui était placé au-dessus du plaint-chant.

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