‹ Résumé d'un cours d'arboriculture fruitièreChapitre 11 sur 13 · DOUZIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

DOUZIÈME LEÇON

* Première formation de la couronne des arbres de vergers

tailles et élagages ultérieurs.

Soins d’entretien divers, fumure annuelle. Maladies et insectes. Oiseaux et autres animaux utiles. Rôle des abeilles dans la fécondation. Plantations routières. Cueillette, conservation, commerce, divers modes d’utilisation des fruits (séchage, distillation, etc).

POMMIER : Les 3 ou 4 rameaux destinés à former la tête seront taillés à 0m50 de leur insertion sur deux yeux de côté pour en obtenir une bifurcation ; choisir ensuite les meilleurs développements ; maintenir l’équilibre entre ces différentes ramifications qui formeront la tète. Supprimer ënsuite tous les 3 ou 4 ans les branches qui font confusion au point de vue de l’économie et pour permettre à l’air et à la lumière de pénétrer à l’intérieur au profit de la fructification et de la beauté des fruits.

POIRIER : Lui donner la forme pyramidale de'préférence ; établir un deuxième verticille à 1 mètre environ des premières branches ; cette formation se fait en deux ans. Tailler la flèche a 0m50 ou 0m60 de son insertion et les rameaux du premier verticille à moitié ou au 2/3 de leur longueur ; maintenir l’équilibre par la taille pendant les premières années et faire les suppressions nécessaires pour donner aux branches l’espace indispensable à leur développement..

Soins d'entretien : Dans les vergers-prairies, enlever l’herbe sur un rayon de 0m30 à 0ra40 au pied de l’arbre et maintenir la terre meuble ; couvrir cette surface d’un paillis pendant les premières années de la plantation. Arroser pendant les périodes de sécheresse et donner engrais liquide au printemps. Racler l’écorce des vieux arbres, blanchir à la chaux le tronc et le commencement des branches charpentières pour détruire les insectes, mousses et lichens.

Fumure annuelle ; Importante. Les animaux enlèvent des

matières minérales ; on en exporte avec les fruits ; il s’en immobilise une autre quantité dans le bois et les racines des arbres. Engrais complémentaires : scories, kaïnite, nitrate de soude ou sulfate ammoniaque.

Maladies : Physiologiques : Apoplexie : Mort subite d’un arbre ou de l’une de ses parties sans cause apparente.

Asphyxie : Conséquence du manque d’air aux racines, plantation trop profonde ou submersion du sol, obstruction des stomates.

Couronnement: Signe précurseur de la fin de l’arbre, dû à l’épuisement du sol ou effet de la vieillesse.

Chlorose: Manque de chlorophylle: les feuilles ne travaillent plus.

Causes : Appauvrissement du sol, excès d’humidité ou l’inverse.

Remède : Donner engrais avec sulfate de fer là2°/0; drainer.

Cryptogamiques :

Chancre : Cause : Nectria ditissima, qui s’introduit par une blessure, une section mal faite, les piqûres du puceron lanigère, etc. Nettoyer soigneusement, laver avec une solution contenant par litre : sulfate de fer 100 grs., vitriol 100 grs., faire et conserver ce mélange daus un récipient en porcelaine ou en terre.

Tavelure ou gale : Fusicladium pyrinum, produisant des tâches noirâtres sur les poires et les pommes, elles empêchent le développement des parties atteintes : attaque surtout les variétés délicates Beurré d’Hardenpont, Beurré Diel en plein vent et dans les sols froids.

Remède : Deux applications de bouillie bordelaise. 1° avant la floraison : 2° 15 jours à trois semaines après.

Boullie bordelaise : Eau 100 1., sulfate de cuivre 3 k., chaux 2 k., éteindre la chaux dans 10 1. d’eau, dissoudre le sulfate de cuivre dans le reste, verser le lait de chaux dans la solution de sulfate de cuivre. On ajoute parfois de la mélasse pour augmenter l’adhérence aux feuilles. Appliquer 0 l’aide d’un pulvérisateur.

Insectes et animaux nuisibles :

Ennemis souterrains : Ver blanc , larve du hanneton, ronge les racines.

Plantes pièges : Laitues. Tuer les hannetons.

Courtillère ou taupe-grillon : Coupe les racines en creusant ses galeries. Injections au sulfure de carbone ; dans les chemins verser du pétrole ou de l'huile de lin dans les galeries verticales.

Mulot : Ronge les racines. Détruire à l’aide de pièges et d’appats empoisonnés.

Ennemis des tiges et des feuilles :

Chenilles : Larves de divers papillons ; rongent les bourgeons et les feuilles, parfois véritable fléau. Enlever les nids et les brûler. Protéger les oiseaux insectivores.

Pucerons : Multiplication phénoménale ; d’après Réaumur, 5.904.900.000 en 5 générations ; 8 à 10 jours par génération. Seringuer à l’eau savonnée ou au jus de tabac.

Puceron lanigère : Attaque le pommier, se distingue couvert d’un duvet blanchâtre ; produit des nodosités chancreuses ; brosser avec de l’eau savonnée additionnée de pétrole.

Teigne : Chenille de l’hypponomeute malinella. Brûler les feuilles. Apparaît sous forme de taches noires sous l’épiderme.

Sangsue : Ronge les feuilles des poiriers. Saupoudrer de chaux, seringuer au jus de tabac.

Araignée rouge : Voir vigne.

Anthonome : La femelle dépose un œuf dans chaque bouton chez le pommier et le poirier: la larve détruit les organes sexuels, la corolle avorte. Détruire les boutons qui se dessèchent ; les brûler, chauler le tronc.

Guêpes : Attaquent les fruits murs. Détruire les guêpiers.

Fourmis : Id., détruire les nids.

Perce-oreille : Id., disposer de petits tas de mousse, secouer le soir au-dessus d’eau bouillante.

Loirs : Se nourrissent des meilleurs fruits. Pièges et appats empoisonnés.

Lapin : Sérieux dommages en rongeant l’écorce en hiver, badigeonnner le pied des arbres avec du lait de cliaux ou les garnir de toile métallique.

Ennemis végétaux :

Gui : Semi parasite, implante ses racines entre le bois et l’écorce. Couper la branche quand elle n’est pas trop grosse ou couper le gui à l’insertion.

Mousses : Matières verdâtres qui recouvrent les vieux arbres et ceux des sols pauvres et humides, nuisent à la respiration des jeunes arbres. Chez les vieux sujets gratter l’écorce et badigeonner à la chaux. Chez les jeunes, laver.

Lichens : Plaques grisâtres sur les vieux troncs placés dans une mauvaise situation. Voir mousses.

Oiseaux et autres animaux utiles :

Insectes : Le carabe doré, les iehneumons, les cicindèles, les coccinelles, les héméroL es et les syrphes.

Oiseaux : Fauvette, mésange, roitelet, chouette, gobemouche, rossignol, rouge-gorge, bergeronnette.

Mammifères : Taupe, musaraigne, chauve-souris.

Batraciens : Crapaud, grenouille.

Tous ces amis de l'homme sont de grands destructeurs soit de chenilles, soit d’insectes ; à un autre point de vue nous en trouvons qui nous rendent d’éminents services ; les abeilles et les bourdons butinant d’une fleur à l’autre, assurent la fécondation. Pour atteindre le nectar les abeilles doivent introduire la langue au fond de la corolle. Leurs ailes, leur corps entier sont saupoudrés de grains de pollen qu’elles iront bien innocemment sans doute déposer sur le stigmate de la fleur voisine ou de la fleur même dont il provient.

Protéger les oiseaux insectivores.

Cueillette des fruits : Poirier et pommier : La cueillette des fruits d’été et d’automne doit être faite quelques jours avant la maturité. Les variétés tardives se prêtent à la conservation pour l’hiver et le printemps. Les fruits d’hiver seront cueillis le plus tard possible. Quelque soit l’époque cueillir avec soin

par un temps sec, déposer les fruits dans une place bien aérée, ou ils se débarrasseront de l’humidité surabondante ; les placer ensuite au fruitier.

Raisins : Cueillir à maturité. En serre on laisse les grappes * sur les vignes et on maintient la température légèrement supérieuses à 0°.

r Prunes : Cueillir à maturité. Peuvent se conserver quelque temps.

Cerises , groseilles et framboises : Cueillir à maturité. Se conservent quelques jours seulement.

Abricots , pêches et brugnons : Cueillir quelques jours avant maturité avec beaucoup de précautions pour éviter de froisser les fruits ; les déposer en paniers plats garnis de ouate ou de papier.

Divers modes d' utilisation : Les fruits sont consommés comme fruits de table, tranformés en sirops ou confitures, séchés (pommes, poires, prunes), ou employés cà la fabrication de liqueurs.

Les pommes sont transformées en cidre, les poires en poiré, etc.

La fabrication du cidre surtout devrait se répandre; elle serait une source de profits, l’installation nécessaire étant peu coûteuse.

Le long des routes, la plantation de pommiers, poiriers, pruniers, serait très rationnelle. Malheureusement jusque maintenant elles n’ont guère réussi en Belgique et pour cause!

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