‹ Résumé d'un cours d'arboriculture fruitièreChapitre 12 sur 13 · TREIZIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

TREIZIÈME LEÇON

Taille d’Eté.

But et utilité. Ebourgeonnement, pincement, taille en vert, palissage, efteuillement, éclaircissage du fruit. Définition de ces différentes opérations. Application de l’ébourgeonnement sur le pêcher et la vigne et du premier pincement sur le poirier.

De toutes les opérations de l’arboriculture, il n’en n’est pas de plus importante que la taille d'été pour les arbres cultivés dans nos jardins et soumis à des formes artificielles et souvent restreintes. C’est elle qui assure aux feuilles la lumière indispensable |à leurs fonctions ; elle assure en outre l’équilibre entre les parties souterraines et aériennes ainsi qu’entre les différentes ramifications de l’arbre tout en procurant aux fruits les ressourses nécessaires à leur développement tant en volume qu’en qualité.

La taille d’été est le complément indispensable des opérations d’hiver dont elle assure les résultats préparés et la formation des boutons pour la fructification suivante.

L’observation des arbres de haut-vent nous édifiera sur la nécessité de la taille d’été : au fur et à mesure du développement de la tête les branches se dégarnissent par suite du manque d’air, de nourriture et de lumière.

La taille d’été comprend les soins que réclament nos arbres depuis la naissance des bourgeons jusqu’à la chute des feuilles ; tels "sont : X ébourgeonnement , le pincement , le palissage , la taille en vert , la suppressioyi des fruits trop nombreux , Yeffeuillement et la cueillette des fruits.

Pour l’application rationnelle de ces différentes opérations, il faut étudier la manière de fructifier de chaque essence et la traiter selon sa nature en enlevant les pousses inutiles et en limitant le développement des autres à une longueur déterminée au point de vue de l’économie et de l’équilibre général.

L 'ébourgeonnement consiste à enlever le plus tôt possible les

bourgeons inutiles ; il doit s’appliquer à toutes les essences fruitières à peu d’exceptions, car, en raison des formes artificielles données à nos arbres, il se développe généralement plus de bourgeons qn’on ne peut en utiliser.

1° PÊCHER : Enlever les bourgeons trop nombreux sur les branches charpentières pour les distancer de 0m15 environ sur

• les branches verticales. Pour les branches à fruits (rameau normal) enlever tous les bourgeons qui ne sont pas accompagnés de fruits, à l’exception du terminal et de celui de la base qui doit servir de remplaçant ; éviter cependant de dégarnir trop la branche si elle ne portait de fruits qu’à son sommet. Les repercements, qui se produiraient sur le vieux bois à la base des branches à fruits, seront utilisés.

Lorsque les fruits sont tombés on taille immédiatement sur les remplaçants (taille simple et en crochet).

POIRIER : enlever les bourgeons voisins du terminal chez les arbres dont les prolongements ont été taillés et qui voudraient prendre un développement exagéré ; utiliser les sous yeux pour les remplacer.

Si plusieurs bourgeons vigoureux (plus de 0m10) sé développent sur une branche à fruits, ne conserver que le supérieur et supprimer les autres sur empâtement pour utiliser les sous yeux.

VI CNE : 11 se développe souvent plus de bourgeons que l’on ne peut en conserver, par suite des repercements ou du développement des sous-yeux ; ces bourgeons inutiles seront enlevés. Pour les branches à fruits, soumises à la taille ordinaire (2 yeux) on maintiendra les deux bourgeons provenant de ces

* yeux : les autres seront enlevés. Cette opération se pratique lorsque l’on aperçoit les grappes.

Toutefois, si un bon repercement se produisait à la base des branches qui se sont allongées par suite des tailles successives, on pourrait le conserver pour la restauration de cette branche.

Lorsque le bourgeon supérieur ne porte pas de fruits et que la vigueur de l’ inférieur (qui doit fournir le remplaçant) est

satisfaisante, on supprime le supérieur. Ce cas indique souvent un état de mauvaise culture.

Remarque : éviter de trop fortes suppressions à la fois, surtout par un fort soleil, et de badigeonner les serres. Ne pas trop dégarnir les vignes.

Le pincement est la partie la plus importante de la taille d’été ; il consiste à enlever l’extrémité herbacée des bourgeons à une longueur variant avec les besoins de la végétation et de la fructification. Il a pour but de limiter le développement des bourgeons h une longueur qui varie selon les diverses essences et de répartir les richesses de la plante en détournant la sève des parties où elle se porte trop abondamment afin d’entretenir l’équilibre entre les diverses ramifications : c'est le régulateur de la végétation.

Le palissage s’applique aux bourgeons à fruits du pêcher et de la vigne et aux prolongements chez les autres essences. Il se pratique aussitôt que la longueur des bourgeons le permet, afin de leur donner une direction convenable pour favoriser leur développement, et, dans les serres, les soustraire au contact du vitrage qui les exposerait à la gelée au printemps et à la brûlure en été. Le palissage sera fait dans une direction oblique ascendante pour les productions fruitières (vigne et pêcher) ; pour les prolongements des formes palissées, selon la direction à donner aux branches.

Eclaircissage du fruit : Quelque temps après la formation des raisins, il faudra pratiquer Y égrenage. Cette opération consiste à supprimer une partie des grains, pour les distancer de 0m015 à 0m02 pour les raisins de serre et selon leur développement ; on enlève d’abord les moins beaux. L’égrenage s’applique aussi aux raisins de plein air.

Chez les autres essences, supprimer les fruits trop nombreux dans le courant de juin ; conserver 10 à 12 fruits par mètre courant de branches chez le poirier ; sur le pêcher et l’abricotier en espaliers 25 à 30 par mètre carré de surface couverte.

On se gardera bien de pratiquer Y effmiUement des vignes, sous prétexte d’exposer les raisins au soleil pour en hâter la

maturité : les feuilles sont les organes d’élaboration, leur travail doit enrichir la plante et sa fructification. Les grappes des vignes en serre sont toujours à l’omkre et cependant, dans une bonne culture, les raisins acquièrent toutes leurs qualités et un beau coloris sans suppression de feuilles.

L’efFeuillement sera pratiqué avantageusement chez le pêcher, l’action du soleil exerçant une influence directe sur la beauté et la coloration de fruit. Cette suppression de feuilles ne sera opérée qu’après complet développement du fruit.

Faillis et autres soins : Le paillis consiste à recouvrir le sol dès le mois de Juin d’une légère couche de fumier de tourbe ou autre, sur une surface de lm50 environ, pour empêcher l’action desséchante du soleil, surtout dans les terrains secs.

On entretiendra la propreté et la perméabilité du sol par le binage , là où le paillis n’aura pas été employé.

En été, ne pas cultiver de légumes au pied des arbres et surtout sur les plates-bandes en avant des serres à vignes où ils entretiendraient une humidité qui nuirait à la maturité du bois et du raisin.

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