QUATORZIÈME LEÇON
Application général&du pincement sur ja vigne, le pécher le poirier, le pommier, le prunier et les autres essences.
Manière d’équilibrer et de régulariser la végétation par la taille d’été. Greffes de boutons à fruits.
PÊCHER : Les bourgeons qui accompagnent les fruits et ceux que l’on aurait conservés pour garnir les branches, seront pincés à 3 ou 4 feuilles, afin de concentrer la sève au profit des fruits et du remplaçant. Si, à la suite de cette opération, des faux bourgeons se développaient, on les pincerait à 2 ou 3 feuilles ; le remplaçant sera pincé de 0m25 à 0m30.
Dans l’application de la taille en crochet, tous les bourgeons utilisés sur le rameau non taillé conservés comme ci-dessus, seront pinces à 3 ou 4 feuilles et repincés s’il y a lieu ; les deux remplaçants seront pincés de 0m25 à 0m30 ; l’inférieur sera pincé plus long pour lui donner plus de force et fournir un bon remplaçant pour l’année suivante. Lorsque les fruits sont tombés, supprimer les branches au rez des remplaçants (taille en Vert).
POIRIER : Quelle que soit la culture et la forme donnée au poirier, le traitement des productions fruitières est le même. Ainsi que chez toutes les essences fruitières, on constate une végétation très inégale. Les meilleures productions sont celles qui s’arrêtent au début, portant 5 à 7 feuilles; placées dans dés conditions favorables'de nourriture et de lumière, elles produisent généralement le bouton.
Il y a donc lieu de limiter le développement des parties trop vigoureuses au même nombre de feuilles, pour la répartition de la sève, au profit de l’équilibre et de la fructification ; le pincement sera pratiqué successivement et le plus tôt possible audessus de la 5e, 6e ou 7e feuille en voie de formation, aux bourgeons qui veulent prendre un développement exagéré. Tout retard dans l’application du pincement nuit à l’équilibre et occasionne une dépense inutile des richesses du sol. Si à la suite de cette opération, un faux bourgeon se développait, repincer à 2 ou 3 feuilles ; si plusieurs faux bourgeons se développaient, tailler sur l’inférieur qui sera traité de même.
Le pincement s’applique également aux rameaux de prolongement pour assurer l’équilibre chez les arbres en formation et arrêter le développement chez ceux dont la forme est terminée.
POMMIER : Même traitement.
CERISIER et PRUNIER : Même traitement.
GROSEILLIER : Même traitement.
ABRICOTIER : Les bourgeons à fruits seront pincés à une longueur de 0m10 àOm12; mêmes soins, pour les faux bourgeons, que pour les essences ci-dessus.
VIGNE : Après avoir pratiqué rébourgeonnement de la vigne, on devra procéder au palissage, au pincement, à l’égrénage, etc. Ces opérations seront faites en temps utile et de manière à favoriser la fructification. L’ébourgeonnement terminé, il y aura lieu de limiter le développement des pousses et le nombre de feuilles.
Examinant la végétation d’un pied de vigne, on remarque qu’elle est très inégale : des pousses sont fortes, d’autres moyennes, d’autres faibles. Les premières sont plus avancées en végétation, l’empâtement est plus fort, les ressources plus grandes, les feuilles plus développées, un pouvoir d’élaboration plus puissant d’où, fructification abondante, de belles grappes, deux et quelquefois trois. Les secondes sont faibles, ne portent qu’une grappe souvent peu développée, les feuilles sont moyennes et la végétation moins vigoureuse. Les troisièmes sont plus faibles encore, la végétation est chétive, les feuilles petites et pas de fruits.
La conclusion est, que les pousses les plus fortes et placées dans les conditions favorables garantissent une bonne fructification. Le problème se résume à assurer ce résultat par les opérations d’été, en plaçant chaque ramification dans de bonnes conditions, en tenant compte du travail de la feuille, de ses dimensions et du nombre à utiliser pour le travail d’élaboration.
Le pincement sera donc appliqué différemment selon le nombre de bourgeons qui fructifient ou qui sont destinés à la fructification suivante ( remplaçants ).
Si l’on n’arrêtait pas les bourgeons les plus vigoureux, ils prendraient un développement considérable au détriment des autres. N' oublions pas que le pincement affaiblit les parties qui y sont soumises ; ils ne faut pas en abuser.
La première grappe apparaît généralement en face de la 3e ou 4e feuille ; elle est d’autant plus belle que le bourgeon est plus vigoureux ; la seconde est moins belle ou elle se réduit à un avortement nommé vrille , qui se continue sur le rameau comme on le constate aussi chez les parties faibles. Un pincement court et uniforme serait préjudiciable : il doit être pro-
portionné à la vigueur du bourgeon et au développement de ses feuilles.
Les bourgeons les plus vigoureux et conséquemment les plus favorisés et les plus fertiles seront pincés à 3 ou 4 feuilles audessus de la 2e grappe ; les moins vigoureux ne portant souvent qu’une grappe, à 6 ou 7 feuilles au-dessus ; les faibles, qui ne portent généralement pas de fruits et des feuilles petites, à une plus grande longueur.
Pour en assurer la qualité, les remplaçants seront pincés plus longs, afin de leur assurer plus de force.
lies ailerons (faux bourgeous qui se développent à l’aisselle des feuilles) sur les pousses latérales seront enlevés en partie, à l’exception du terminal, conservés sur les pousses faibles et pincés à 1 ou 2 feuilles ; ceux qui se développent sur les prolongements seront conservés et pincés à 2 ou 3 feuilles ; les nouveaux développements qui se produiront à la suite de cette opération seront, à leur tour, pincés à 1 ou 2 feuilles.
Les vrilles seront soigneusement enlevées, n’ayant aucune utilité dans nos cultures sous verre ou en espaliers.
En cas d’abondance on supprime à la même époque, les grappes les moins belles, surtout sur les pousses faibles et les sujets peu vigoureux.
Greffe de boutons à fruits : Utilisée chez le poirier et le pommier ; se pratique comme V écussonnage fin juillet et août. On reconnaît les boutons à fruits au développement de la production fruitière de 0m02 à 003 de long, portant 6 ou 7 feuilles ; on peut même greffer des branches composées de plusieurs ramifications. Il est aisé, avec ce procédé, d’implanter l’élément de la fructification, sur les arbres peu fertiles, en profitant de leur vigueur, ou par fantaisie, de greffer plusieurs variétés sur la même branche ou sur le même arbre, chacune d’elle conservera néanmoins son identité.
Pour la greffe de boutons à fruits et de ramifications fruitières, on enlève la branche avec une partie d’écorce et de bois, au-dessus et en dessous des productions ; la partie inférieure peut suffire au besoin. On devra conserver le bois adhérent à l’écorce, conséquence du développement de l’œil et des nouvelles formations.
quinzième: leçon
Palissage des prolongements de toutes les essences fruitières et des rameaux herbacés du pêcher et de la vigne.
Soins à donner âux fruits sur l’arbre.
Modes d’emballage, expédition et exportation. Aménagement d’un fruitier.
Le palissage d'été doit être appliqué à : toutes les essences fruitières cultivées eu espalier et en contre espalier. Il a pour but de donner aux jeunes pousses une direction convenable pour en favoriser le développement et la fructification. On pratique cette opération lorsque les bourgeons ont acquis une consistance ligneuse et au fur et à mesure de leur allongement. Ce travail se fait à l’aide de joncs, ou mieux, pour les espaliers, avec des loques grises ou blanches ; laisser assez de jeu à la ligature pour le grossissement futur du bourgeon ; on coupe même les premières ligatures pour les remplacer par d’autres s’il se formait des étranglements.
Eviter soigneusement le contact des branches aux clous ou aux fils de fer, surtout pour les arbres à fruits à noyaux. Ce résultat s’obtient en faisant un tour à la ligature entre le point d 'attache et le bourgeon.
Direction à donner aux prolongements : Généralement la même que les branches qu’ils terminent, mais légèrement en courbe pendant la période de formation, pour relever leur extrémité chez les branches à palisser horizontalement ensuite.
Les rameaux à fruits de la vigne et du pêcher sont seuls palissés.
Direction : Le palissage des pousses latérales sera fait dans une direction oblique ascendante et au fur et à mesure du développement des bourgeons.
Soins à donner aux fruits sur l'arbre : Pour la vigne en serre, éviter de les seringuer pendant la floraison et le développe
ment du fruit ; munir les vasistas et la porte de tissus métalliques très fins, ou envelopper les grappes dans des sachets, soit en tarlatane, soit en étamine en cas de ravages par les guêpes.
Pendant les périodes de sécheresse seringuer, vers le soir, les arbres cultivés en espaliers et autres, arroser au pied. Ajouter engrais liquides aux eaux d’arrosage pour favoriser le développement, s’il y a lieu.
Pour les pêchers, assurer l’action du soleil pour la coloration des fruits, en enlevant les feuilles qui les recouvrent lorsqu’ils ont atteint leur développement.
Même opération pour les poiriers et pommiers.
Emballage. Poires : En paniers plus étroits au fond que vers le haut, garnis d’herbe sèche au fond ; envelopper les fruits de papier pour les poires de choix, les caler au moyen de rognures de papier.
En caisses : Mêmes procédés, ou stratification avec de la poussière de tourbe ou du son d’arachide.
Pommes : Voir poires ; en tonneaux stratifiées de préférence avec de la poussière de tourbe.
Raisins : en caissettes en bois mince de 0m30 X 0m40 garnies de papier.
Prunes : Les fruits ordinaires sont expédiés dans des mannes évasées à couvercles en osier ; les fruits de choix en caisses comme les raisins.
Abricots , brugnons , pèches : En caissettes garnies de papier ou de fines fougères. Eviter le froissement en séparant les fruits par de la ouate. Un seul tas de fruits recouvert de ouaté également.
Cerises : Pour les primeurs, en caissettes garnies de papier ou de feuilles ; 3 à 4 tas superposés ; le dernier tas est disposé, les pédoncules en-dessous.
Fruitier : Lors de la cueillette, les fruits destinés à la cou- -t servation seront déposés dans une place bieu aérée où ils se débarrassent de leur humidité surabondante. A l’approche des froids les rentrer au fruitier où ils attendront leur maturité.
Ce local doit être à l’abri des gelées ; conserver une température
de 5° environ ; le local doit être sec ; on peut utiliser une cave ou tout autre local réunissant ces conditions.
Les fruits seront placés sur des claies fixes ou mobiles de 0m75 environ de côté. Les claies mobiles sont préférables, la visite des fruits étant plus facile en tirant les claies à soi. Les claies seront formés de lattes de 0m04 environ de largeur sur 0m0 15 d’épaisseur et séparées entre elles par des intervalles de 0m03 à0m04. Les arêtes seront rabattues, pour éviter la déformation des fruits. Les deux côtés latéraux ainsi que celui du fond seront garnis d’une latte de quelques centimètres de haut pour éviter la chute des fruits pendant la manipulation des claies.
Déposer les fruits de façon à éviter le contact ; les visiter de temps en temps pour enlever ceux qui se gâtent et veiller à la maturité.
Fermer toutes les issues à l’approche des gelées. La lumière est inutile à la conservation des fruits, température régulière indispensable.
En cas d’excès d’humidité, placer de la chaux vive dans le fruitier et renouveler de temps en temps.
Les pommes et les poires peuvent très bien se conserver stratifiées dans des tonneaux avec du sable et même avec de la poussière de tourbe. Dans l’industrie, on conserve aussi les pommes en silos.
Raisins : Couper la grappe avec une partie du rameau qui la porte ; supprimer les feuilles s’il en reste. Plonger le rameau, par sa base, dans une bouteille et placer au fruitier. Visiter les grappes pour enlever les grains qui se gâteraient.
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