ONZIÈME LEÇON
Arbres fruitiers en plein vent à haute tige.
De la création et de l’aménagement des vergers et de leur utilité. Conventions y relatives entre propriétaires et fermiers. Préparation du sol. Drainage. Distance et disposition des arbres. Entreplantations provisoires. Utilisation du sol entre les arbres. Plantation à demeure, protection, armures et autres soins. Formation des arbres jusqu’à l’âge de leur plantation à demeure.
La culture des arbres fruitiers en haut vent permet de retirer des profondeurs du sol les richesses qui y sont immobilisées.
Les vergers les plus répandus sont les vergers prairies , permettant outre l’élevage, d’obtenir un produit rénumérateur : les fruits. Le plus souvent créés autour du corps de ferme. On choisira les variétés dont la rusticité, la fertilité et la beauté des fruits assurent la réussite et l’écoulement certain des produits.
Causes qui empêchent la multiplication des vergers : indifférence des fermiers, baux trop courts, long espace de temps entre les frais de première installation et la récolte.
Avantages pour le propriétaire à voir les prairies de son * domaine plantées d’arbres fruitiers : le propriétaire ferait les frais d’établissement et en retour aurait une certaine partie de la récolte ; le fermier assurerait les soins d’entretien. Dans les baux à long terme, le fermier supporterait tous les frais, étant certain de posséder le domaine assez longtemps pour retirer les produits qu’il est en droit d’attendre de sa plantation. C’est un patrimoine qu’il léguerait à ses descendants.
Les vergers seront établis de préférence dans les sols argilosablonneux et profonds. Ne plus en créer dans un terrain appauvri par une ancienne plantation. Préparer le sol par des cultures sarclées, avec applications rationnelles d’engrais. Défoncer sans mélanger le sol avec le sous sol, soit sur toute l’étendue, soit par bandes selon l’alignement des arbres.
Drainer par un procédé quelconque de préférence par tuyaux : l’action est de plus longue durée. Dans un drainage par tuyaux bien exécuté, à une profondeur suffisante, l 'obstruction des drains par les racines est peu à craindre. Faire un devis des dépenses et s’assurer si les produits compenseront les avances.
Essences : Donner la préférence au pommier dont les fruits trouvent un écoulement plus certain et se conservent plus facilement. Le poirier est peu employé pour constituer le fond d’un verger.
Distance et disposition des arbres : La distance varie suivant les essences et la nature du sol. Plantation en carré ou en quinconce à 12 ou 15 mètres de distance pour les essences à conserver. Une bonne utilisation du sol veut des entreplantations , soit de pruniers, soit de cerisiers ou même de poiriers en hautes tiges greffes sur coignassier ; les arbres à demeure, pommiers ou poiriers selon la région, seront greffés sur franc ; les arbres seront moins fertiles pendant les premières années mais la production sera de plus longue durée.
Les entreplantations fructifiant beaucoup plus tôt donneront leurs produits de suite et disparaîtront plus tard pour laisser l’espace aux arbres à demeure.
Le sol est généralement occupé par un herbage, pour y faire paître les bestiaux : cet herbage est également soumis au fauchage. Choisir judicieusement les graminées qui devront le composer, y associer une ou deux légumineuses.
Pour la plantation on choisira des essences appropriées au sol. Donner la préférence aux variétés recherchées par le commerce pour la vente locale ou l’exportation. N’employer qu’avec circonspection les variétés nouvelles qui pourraient nous amener des échecs.
Bien choisir les sujets ; exiger des arbres greffés haute tige de préférence à ceux greffés rez de terre : le sujet pouvant être défectueux et donner une végétation languissante.
Il est indispensable de donner un tuteur^ à l’arbre nouvellement planté. Attacher l’arbre à ce tuteur par des liens en paille
ou en osier disposés en forme de 8 de façon à ce que l’écorce ne se blesse pas contre le soutien. Renouveler les liens en temps utile. Pour allonger la durée des piquets, en plonger l’extrémité inférieure dans une solution de sulfate de cuivre à 5 °/c * ou la carboniser légèrement.
Dans les prairies-vergers, protéger les arbres contre les atteintes des bestiaux.
* Différents systèmes : le meilleur est fait de trois pieu! reliés par des traverses obliques, assez rapprochées, jusqu’à deux mètres de haut. Maintenir pendant une dizaine d’années. Les armures métalliques ont l’inconvénient de s’arracher d’une seule pièce quand les animaux les bousculent trop. La garniture des troncs avec des ronces naturelles est de trop courte durée. On emploie également le treillage galvanisé pour garantir le pied des ravages des lapins. A déconseiller la ronce artificielle pouvant blesser et l’arbre et les animaux qui ne manquent pas de se frotter contre les arbres des vergers.
Clôtures : Haies vives, fossés, clôtures métalliques ou en bois. La haie d’épines est à déconseiller : attire les chenilles ; préférer la charmille.
Avantages des haies taillis : servent d’abris aux animaux; plus de tranquilité en les empêchant de voir les enclos voisins dont la végétation herbacée pourrait les tenter par plus de luxuriance.
Les fossés sont rarement employés comme clôtures ; ils seraient parfois utiles pour l’écoulement des eaux dans les terrains frais*
Les clôtures par piquets en bois avec traverses de même nature ou en fil de fer ne sont pas à conseiller ; elles se détériorent vite. Généralement mal faites elles ne sont pas d’un bel
* aspect. Donner la préférence aux clôtures entièrement métalliques très solides et de longue durée. Ne pas placer de ronce artificielle pour les fils supérieurs. Avoir soin de construire un abri pour les bestiaux par les mauvais temps : une remise fermée de trois côtés, convient parfaitement. On y donnera le cas échéant, le complément de ration aux bêtes. Ménager un espace pour un abreuvoir dont on surélèvera les bords par la
terre enlevée ; un côté sera en pente douce ; la profondeur totale ne doit pas excéder 0m80. On peut également employer une auge soit en pierre, soit en tôle.
Autres soins : Etaupiner, étaler les bouses, faucher les refus, supprimer les chardons et autres plantes nuisibles.
Formation des arbres jusqu' à leur plantation à demeure : Les plantes proviennent d’une pépinière installée par le fermier, mais plus souvent d’un pépiniériste qui en fait une culture spéciale. Choisir des arbres greffés à 2ra25 environ. Les ramifications latérales auront été supprimées en temps utile pour former la tige : celle-ci sera droite, sans chancre, bien conditionnée, elle devra avoir une circonférence deOm12àOm15. La tête sera formée de 3 à 4 branches régulièrement disposées. L’arbre aura de 2 à 3 ans de greffe.
Variétés :
Belle fleur double.
Rambour Papeleu.
Royale hâtive.
Guigne noire hâtive.
Queen Victoria.
Belle de Louvain.
Washington.