DIXIÈME LEÇON
Culture de l’abricotier, du prunier, du cerisier et du groseillier.
L’abricotier se cultive en espalier à basse ou haute tige, exposé au midi et en plein vent. Il demande un sol argilo sablonneux et calcaire. Craint l'humidité.
On le multiplie par semis mais de préférence par la greffe en écusson sur prunier de semis et myrobolan.
Variétés : Abricot Pêche ou de Nancy. Précoce d’Esperen.
L’abricotier se soumet difficilement à une forme régulière ; lui donner de préférence la forme en éventail. Planter à 4 ou 5 mètres.
La première taille se fait h 0m35 du sol pour obtenir trois * ou quatre bourgeons ; l’année suivante les tailler à 0m35 ou 0ra40 de leur insertion pour obtenir la birfucation de chacun d’eux, traitement que l’on continue en même temps que le palissage.
Productions fruitières : Les bourgeons dont la longueur ne dépasse pas0m10, sont désignés sous le nom de dard : excellente production souvent garnie de boutons et terminée par un œil à bois. Le dard ne se taille pas. Les autres productions portent le nom de brindilles et de rameaux à bois. La brindille est un bourgeon qui a été soumis au pincement ; si elle porte des boutons, la tailler au-dessus du 7me ou 8me groupe ; celle qui n’en porte pas, sera taillée sur 3 ou 4 yeux.
Par suite de cette taille on obtient souvent plusieurs dards en-dessous de la brindille provenant de l’œil terminal ; si les dards portent des boutons en quantité suffisante, on taille sur le 2e ou le 3e. Dans le cas contraire assez rare, on taille la brindille supérieure sur un œil pour éviter un allongement excessif des dards.
Supprimer les gourmands sur empâtement à moins de les utiliser pour combler les vides.
Prunier ; Cultivé en haut-vent dans les vergers, en buissons et en espaliers dans les jardins ; même sol que l’abricotier. Multiplication par semis et par la greffe en écusson et en fente sur prunier de semis ou myrobolan.
Variétés : Prune pêche, Belle de Louvain, Queen Victoria, „ Reine Claude verte, Washington, Prune Altesse, Goutte d’or.
Pour la culture en espalier, donner la forme en palmette candélabre (0m30 entre les branches) ou en éventail ; même taille que pour l’abricotier.
Pour la forme en buisson, tailler la greffe d’un an à 0ra50 du sol pour conserver 3 ou 4 tiges que l’on raccourcit la 2e année à 0m50 environ. Pincer les parties gourmandes pour équilibrer les jeunes branches ; éclaircir par la suite.
Cerisier.
On divise cette espèce en 4 groupes: les cerisiers: fruits doux et fondants, rameaux droits ; les bigarreautiers : fruits croquants, rameaux gros et arqués vers le sommet; les griottiers : fruits légèrement acidulés, rameaux grêles souvent flexibles ; les guignicrs : ceux-ci forment un intermédiaire entre le cerisier et le bigarreautier ; fruits doux, végétation horizontale.
Le cerisier est cultivé en plein vent dans les vergers, en espaliers et en buissons dans les jardins. Même sol que pour l’abricotier. Se multiplie par semis, par 1a. greffe en écusson et en fente sur mérisier (cerisier des bois). On le greffe également sur Mahaleb ou Sainte-Lucie, mais ce sujet est peu employé.
La greffe sera pratiquée en tête pour les hautes tiges, soit en écusson ou en fente, sul* le mérisier ; celui-ci se développant plus vigoureusement que les variétés cultivées.
Variétés : Cerises : Royale hâtive, Belle de Châtenay, Lemercier.
Bigarreaux : à fruits doux, à gros fruits noirs, d’Esperen.
Guignes : Noire hâtive, Belle de St-Trond, d’Annonay.
Griottes : De Montmorency, du Nord.
Formes : Cordon ou palmette candélabre pour la royale hâtive et la guigne noire hâtive : à cultiver au midi.
En éventail de préférence et à l’exposition du Nord pour la cerise du Nord en haute et en basse tige.
Taille : Voir abricotier.
Groseillier.
3 catégories : groseillier à grappes , groseillier cassis et groseillier épineux ou à maquereaux.
Multiplication par boutures et marcottes.
Cet arbuste est peu difficile sur la nature du sol, vient partout, mais préfère les sols frais et substantiels.
Variétés : à grappes: Rouge de Hollande, Fertile de Palluau, Impériale blanche, la Versaillaise.
Cassis : Royal de Naples et commun.
Epineux : Winham’s industry, Rouge hérissée, à gros fruits jaunes, grosse verte d’Amérique.
Le groseillier se cultive généralement en buissons, parfois en espaliers au Nord ; on en fait avantageusement des haies. Tous les groseilliers se prêtent à ce genre de culture, mais de préférence le groseillier à grappes.
Les plantations en touffes se font en quinconce à lra25, en tous sens. Culture très lucrative.
Comme soins d’entretien, éclaircir les touffes par la taille, supprimer tous les 2 ou 3 ans une partie des vieilles branches pour les remplacer par les jeunes qui se sont développées.
Pour la culture en espalier, lui donner de préférence la forme candélabre à 4 branches distancées de 0m25. Pincer les bourgeons latéraux à 0m10 et tailler comme l’abricotier. Donner fumier en automne et engrais liquide au printemps. Arroser en été.
Insectes et maladies : Phalène du groseillier , (abraxax grossulariata) chez les épineux : recueillir les chenilles et feuilles mortes pour les brûler.
Puceron : enlever l’extrémité des bourgeons lorsqu’il apparait, pour éviter de seringuer.
Sésie du groseiller (Sesia tipuliformis) : Attaque les groseilliers à grappes, la chenille pénètre dans les branches pour se nourrir de la moelle. Dessication des branches, des feuilles et des fruits. Couper ces branches et les brûler.
Tenthrède du groseillier (Nematus ribesïï) : Cette chenille ronge le parenchyme des feuilles en mai-juin ; saupoudrer de chaux ou asperger à l’eau savonnée.
Rouille du groseillier (Aecidium grossularia) : Se développe sur les feuilles, les rameaux et surtout les fruits. Enlever et brûler les parties atteintes.